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Deux policiers "frappés à mort" dans une mine en Afrique du Sud (police)

13/08/2012 03:34 EDT | Actualisé 13/10/2012 05:12 EDT

Le puissant syndicat sud-africain des mineurs (NUM) a appelé lundi l'armée à intervenir pour rétablir l'ordre dans une mine de platine exploitée par Lonmin, où deux policiers ont été "frappés à mort" par des ouvriers après des heurts entre syndicats qui ont fait huit morts.

"Nous appelons au déploiement d'urgence des forces spéciales ou des forces armées sud-africaines avant que la situation soit hors de contrôle", a déclaré dans un communiqué le secrétaire général du puissant syndicat national des mineurs (NUM), Frans Baleni, rejetant toute responsabilité dans les meurtres commis dans la mine.

La police avait annoncé auparavant que deux policiers ont été "frappés à mort" dans cette mine, située à une centaine de km de Johannesburg.

"Nos policiers étaient en train de contenir une manifestation à la mine. Des travailleurs les ont attaqués et deux d'entre-eux ont été battus à mort", a indiqué le porte-parole de la police Lindela Mashego. Un troisième policier a été transporté à l'hôpital dans un état critique, selon la même source.

Les violents affrontements, qui ont commencé dimanche dans la mine exploitée par Lonmin -le troisième producteur mondial de platine-, ont été décrits comme une lutte pour le pouvoir entre le NUM et le syndicat des associations des mineurs et de la construction (AMCU).

Le responsable du NUM pour la santé et la sécurité, Eric Gcilitshana, a indiqué à l'AFP qu'un employé avait été retrouvé frappé à mort à son domicile. Un autre, qui avait tenté de reprendre le travail dimanche soir, a été retrouvé mort lundi matin, victime de blessures par balles.

"Dix travailleurs ont été battus, quatre tués", avait déclaré M. Gcilitshana. La police a indiqué ultérieurement que quatre mineurs avaient été tués.

"Nous ne connaissons pas ces gens-là", a affirmé M. Baleni, qui rejette toute responsabilité, ajoutant qu'il "condamnait la violence, particulièrement le meurtre de policiers et de travailleurs innocents."

La société Lonmin, cotée à la bourse de Londres, a confirmé dimanche dans un communiqué les meurtres des deux agents de sécurité, précisant qu'ils avaient eu lieu après "un arrêt de travail illégal et une manifestation vendredi" suivis par 3.000 mineurs.

Selon la compagnie, cette grève "a rapidement dégénéré en violences sanglantes entre factions rivales", précisant que la situation restait tendue à la mine.

La lutte entre la puissante Union nationale des mineurs et un syndicat plus récent, l'Union de l'association des mineurs et du bâtiment (AMCU), a relancé les affrontements dans les mines sud-africaines au cours des derniers mois.

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