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Des vidéos montrent des rebelles syriens jetant des corps d'un toit

13/08/2012 08:34 EDT | Actualisé 13/10/2012 05:12 EDT

Des vidéos particulièrement horribles montrant des rebelles syriens jetant des corps du toit d'un bâtiment ou égorgeant sauvagement un homme circulaient lundi sur internet, suscitant l'indignation des ONG de défense des droits de l'Homme et de militants.

Ces trois vidéos postées sur Youtube, qui n'ont pu être ni authentifiées ni datées et qui semblent avoir été tournées dans la région septentrionale d'Alep, montrent aussi un homme assassiné froidement.

Régime et rebelles qui s'opposent depuis 17 mois en Syrie sont accusés de violations des droits de l'Homme et de meurtres.

Le président de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) Rami Abdel Rahmane a indiqué que si ces vidéos étaient authentifiées, il condamnait fermement ces "atrocités".

L'un des documents montre une foule hurlant "Allah Akbar" (Dieu est le plus grand) en se rassemblant autour de plusieurs corps gisant sur la chaussée avant que trois autres victimes ne soient jetées du toit d'un bâtiment.

"Ce sont les 'héros d'al-Bab' qui sont dans le bâtiment de la Poste", assure le vidéaste et lorsque le premier corps est jeté, la foule crie "c'est un chabbih" (un milicien pro-gouvernemental).

Les faits se déroulent dans la ville d'al-Bab, au nord d'Alep, près de la frontière avec la Turquie, mais il n'a pas été possible d'obtenir la date de cette scène atroce.

Dans une autre vidéo amateur, un homme, les yeux bandés et les mains liées dans le dos, essaie de résister alors qu'un groupe le force à s'allonger sur la chaussée.

Les combattants lui crient "Assieds-toi" et l'un d'eux crie: "Je préfère qu'on le tue par balle" mais un autre lui rétorque: "Non, tais-toi".

Alors que des gens crient aussi "Allah Akbar", un homme apparaît avec un petit couteau et l'égorge. Son sang se répand sur la chaussée. "C'est le sort de tous les chabbiha et ceux qui soutiennent (le président) Bachar (al-Assad)", assure le cameraman.

Ce dernier ajoute "Hamdoulillah" (louange à Dieu) et demande à l'égorgeur de s'arrêter ce qu'il ne fait pas. "O Bachar, c'est le sort de ton armée et de tes chabbiha", ajoute le caméraman.

Dans le troisième clip, tourné à Azaz dans la province d'Alep, un homme portant une barbe est sorti d'une voiture avec les mains attachées derrière le dos et jeté à terre.

Un homme tire sur lui avec un pistolet et un autre l'achève avec un fusil mitrailleur. Ils tirent sur lui à plusieurs reprises et la victime meurt face au sol.

"Si cette vidéo est authentifiée, ces atrocités portent atteinte à la révolution. Cela bénéficie au régime et aux ennemis de la révolution à l'intérieur et à l'extérieur" de la Syrie, a déclaré à l'AFP M. Abdel Rahmane.

Plusieurs militants favorables à la révolution se sont indignés.

"Les rebelles d'Alep ont égorgé un chabbih et scandé Allah Akbar comme s'ils égorgeaient un animal", a dénoncé Massoud Akko, un activiste kurde fondateur de l'Association indépendante des journalistes syriens.

"Quelle différence y a-t-il entre eux et un animal sauvage? Au moins ce dernier ne tue que quand il a faim. Quelle différence y a-t-il entre eux et ceux qui tuent nos enfants, nos femmes et nos hommes? C'est injustifiable", a-t-il écrit sur Facebook.

Les artistes dissidents Mohammed et Ahmed Malas, réfugiés en Egypte, se déclarent écoeurés sur Facebook. "Vous tuez au nom de Dieu, semble-t-il, mais vous tuez comme Assad le fait. Vous ne savez pas ce qu'est Dieu. Ce n'est pas la révolution que nous sommes en train de mener", écrivent-ils.

A Hanano, un quartier de l'est d'Alep, un journaliste de l'AFP a vu un homme jeté à terre, battu, avec du sang qui coulait de ses lèvres. Les combattants criait "chabbih" avant de pousser l'homme dans le bâtiment.

Ces dernières semaines, des militants sur le terrain s'étaient inquiétés des violations des droits de l'Homme commises par les rebelles.

Le 10 août, un manifestant portait une pancarte à Alep sur laquelle était écrit: "Douce Armée syrienne libre (ASL, rebelles), j'espère ne pas être fait prisonnier à l'un de vos checkpoints".

Le 8 août, des activistes et des membres de l'ASL avaient rédigé un "code de conduite" signé par plusieurs commandants de brigades dont l'article 2 stipulait: "Je jure à mon peuple et à la révolution que je ne ferai rien qui porte atteinte aux principes de la révolution, de la liberté, de la citoyenneté et de la dignité".

"Je respecterai les droits de l'Homme, les principes tolérants de notre religion et les lois sur les droits de l'Homme", peut-on encore y lire.

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