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Des femmes tricotent des utérus de laine pour préserver le droit à l'avortement

13/08/2012 06:01 EDT | Actualisé 13/10/2012 05:12 EDT

LETHBRIDGE, Alta. - Un groupe de femmes du sud de l'Alberta espère que des utérus en laine permettront de se faire entendre des politiciens à Ottawa.

Les membres de Womanspace à Lethbridge demandent aux individus de tricoter des copies des organes reproducteurs féminins qui seront envoyés au Parlement dans le cadre d'un mouvement de protestation par enfant. Une nuit de tricotage, la deuxième du mois, est prévue mardi dans un bar voisin.

Le groupe de défense des droits s'inquiète d'une motion d'initiative parlementaire déposée par le député conservateur Stephen Woodworth pour qu'un comité réexamine le moment où un foetus devrait être considéré comme étant un être humain.

Des groupes de femmes affirment que cela relancera le débat national qui l'avortement qui pourrait éventuellement permettre de recriminaliser l'interruption de grossesse.

La Cour suprême du Canada avait jugé lors d'une importante affaire, en 1989, qu'un foetus n'avait pas de statut légal en tant que personne. Le Québécois Jean-Guy Tremblay avait tenté d'obtenir une injonction pour empêcher son ex-copine Chantal Daigle de se faire avorter. Il a affirmé qu'il protégeait le droit du foetus à la vie, mais la plus haute cour du pays a déclaré qu'un tel argument était invalide.

Selon la porte-parole de Womanspace Jenn Prosser, il est important que les politiciens sachent que tout changement aux droits reproducteurs des femmes ne sera pas toléré.

Une vingtaine de créations laineuses de membres Womanspace ou de supporters existent jusqu'à maintenant. Quelques-unes de ces créations sont d'ailleurs l'oeuvres d'hommes qui appuient le groupe de défense des droits, bien que ceux-ci ne se soient pas présentés aux réunions d'information.

Au dire de Mme Prosser, il n'y a pas eu de réaction négative sur Facebook, par courriel ou dans des messages adressés au bureau de l'organisme à propos des activités du groupe.

La motion du député Woodworth doit faire l'objet d'un vote au cours de la session parlementaire d'automne. Le premier ministre Stephen Harper a annoncé qu'il s'opposerait à celle-ci, bien qu'il ait souligné le droit de chaque député de déposer des projets de loi et des motions.

Les politiciens de l'opposition ont accusé les conservateurs d'utiliser un simple député pour aider à rouvrir le débat sur l'avortement.

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