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Charest cherche à marquer des points en brandissant le spectre d'un référendum

13/08/2012 12:07 EDT | Actualisé 13/10/2012 05:12 EDT

QUÉBEC - Le chef libéral Jean Charest a cherché à marquer des points, en ce 13e jour de campagne, lundi, en brandissant le spectre d'un référendum sur la souveraineté, si le Parti québécois de Pauline Marois est porté au pouvoir.

Alors que les sondages indiquent une lutte serrée à trois, M. Charest multiplie les attaques envers ses adversaires, alternant entre Mme Marois et le chef de la CAQ, François Legault, faisant flèche de tout bois.

Ces derniers ont préféré parler d'augmenter les places en garderie, du côté de Mme Marois, et de protection de la langue française, de même que de soins à domicile pour les personnes âgées, du côté de M. Legault.

Mais le chef libéral a tenté quant à lui de faire croire à la population que Mme Marois préparait un référendum en catimini pour «prendre les Québécois par surprise», une fois élue.

En appui à sa thèse, M. Charest a cité les informations diffusées la veille par La Presse Canadienne selon lesquelles un gouvernement du PQ mettrait le pied sur l'accélérateur à grands renforts de fonds publics pour préparer la prochaine stratégie référendaire.

À Terrebonne, la chef péquiste a admis qu'elle consacrerait, une fois au pouvoir, «quelques dizaines de milliers de dollars» pour la mise à jour des études sur la souveraineté. Pour le reste, rien ne sera fait en cachette, a insisté Mme Marois.

«Lorsque viendra le temps de faire un référendum, si tant est que nous réussissons à le rendre possible dans le mandat, ça ne se fera pas en cachette et tout le monde pourra voter oui ou non selon son choix», a-t-elle dit.

Mme Marois, qui a mis sur pied le réseau des Centres de la petite enfance (CPE) à la fin des années 90, préférait parler de services de garde, lundi, en reprenant son slogan de 2008: «Un enfant, une place». Elle s'est engagée à créer 15 000 nouvelles places à 7 $ pour compléter le réseau et à geler le tarif au cours des quatre prochaines années, si elle prend le pouvoir le 4 septembre.

Sa position sur les tarifs des garderies tranche avec celle des libéraux, qui, eux, prônent l'indexation des tarifs, qui devraient passer de 7 $ à 7,73 $, d'ici 2017. Les libéraux ont déjà fait passer le tarif de 5 $ à 7 $.

Au chapitre des promesses du jour, le chef libéral y est allé lundi d'assouplissements fiscaux pour faciliter le transfert de propriété de PME et d'entreprises agricoles entre membres d'une même famille. Il a aussi annoncé la création d'un fonds d'un milliard de dollars pour aider les entreprises québécoises à acquérir des compagnies étrangères.

Il veut aussi faire en sorte de contrecarrer les plans des sociétés étrangères intéressées à déposer des offres hostiles pour mettre la main sur des entreprises québécoises.

À Granby, le chef caquiste François Legault s'est plutôt intéressé aux gens âgés, en leur promettant de mettre de l'ordre dans les services qui leur sont offerts, et en privilégiant les soins à domicile, moins coûteux pour l'État. Il veut aussi demander des comptes aux dirigeants des centres d'hébergement et de résidences pour personnes âgées, et les rendre imputables.

Il s'est aussi engagé à mieux faire respecter la loi 101, sans pour autant l'amender. Il veut embaucher plus d'inspecteurs pour aller sur le terrain.

«Le français est menacé au Québec», a déclaré M. Legault, déplorant qu'il ne soit pas possible de se faire servir en français dans de nombreux commerces de Montréal.

Mais contrairement au Parti québécois, la CAQ ne voit pas la nécessité d'élargir la portée de la loi 101, notamment pour l'étendre aux cégeps et aux petites entreprises.

«On ne veut pas ajouter à la loi 101 et rouvrir cette loi-là. Mais on veut qu'elle soit appliquée», a-t-il insisté.

M. Legault ne s'est pas fait un nouvel ami, lundi, en déclarant la veille qu'il allait mettre de l'ordre dans les structures municipales à Montréal. Ce faisant, le maire de Montréal Gérald Tremblay a estimé que François Legault avait lancé un «faux débat», et lui a suggéré «d'arrêter de dénigrer» la métropole.

La Coalition avenir Québec (CAQ) propose de faire passer à 38 le nombre de conseillers d'arrondissement, de réduire de 84 à 50 le nombre de conseillers municipaux et de confier plus de pouvoirs à la ville-centre.

Pendant ce temps, Québec solidaire a plaidé pour la gratuité scolaire totale, de la maternelle à l'université, une facture additionnelle estimée à 440 millions $.

Par ailleurs, auparavant associée au Parti québécois, la FTQ ne prendra pas position cette fois durant la campagne en faveur d'un parti ou l'autre.

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