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C'est finalement le début de la saison de la pêche au homard au N.-B.

13/08/2012 05:22 EDT | Actualisé 13/10/2012 05:12 EDT

MONCTON, N.-B. - Après avoir protesté contre la baisse des prix en raison de l'importation de crustacés bon marché des États-Unis, c'est avec un pincement au coeur que les pêcheurs de homards ont repris la mer, résignés, lundi matin.

L’Union des pêcheurs des Maritimes (UPM) et les transformateurs de homards se sont entendus vendredi soir afin que les pêcheurs reçoivent entre 3,00 $ et 3,50 $ la livre pour la plupart de leurs débarquements de homards.

Pour les pêcheurs, cette entente n'est «certainement pas idéale», puisqu'elle les contraints à travailler à perte, selon eux.

«Un prix comme ça, c’est aussi bien de dire que c’est un billet pour passer au travers, pas plus», a lancé André Landry, secrétaire-trésorier de l’UPM et pêcheur de la zone 25 — où le homard sera acheté en 2012.

«Une chose est certaine: il ne faudra plus jamais oublier de tenir en compte le pêcheur et sa réalité quand les usines et les 'brokers' vont faire leurs calculs d’argent dans le futur. Nos vies ne peuvent pas faire partie d’une transaction, sinon il y aura une réaction du monde comme on l’a vu.»

Le conflit entre les pêcheurs de homard et les usines de transformation a atteint un point critique la semaine dernière lorsque des pêcheurs ont manifesté devant des usines de transformation à Cap-Pele et à Shédiac, en plus d'empêcher des camions de livrer des homards provenant du Maine à trois usines.

Les usines de transformation du homard au Nouveau-Brunswick avaient même obtenu une injonction interdisant aux pêcheurs manifestant contre l'importation de homards de bloquer l'accès à leurs installations.

L'entente, conclue sous l'égide du gouvernement provincial, engage également les usines de transformation, puis l'UPM, à ajouter 25 cents chacun aux prix convenus.

Mais cette prime ne concerne que les membres de l'UMP, qui sont loin d'être impressionnés.

En entrevue à Radio-Canada, plusieurs d'entre eux ont dit avoir refusé le 25 cents additionnels, par solidarité pour les pêcheurs autochtones qui ne les auraient pas reçus, car ils ne sont pas membres de l'UPM.

L'Union a d'ailleurs indiqué «sympathiser» avec les pêcheurs membres des Premières Nations, et «comprendre leur frustration».

«Les dirigeants de l’UPM ont formellement informé le ministre (néo-brunswickois des Pêches, Michael) Olscamp de la responsabilité fiduciaire des gouvernements envers les Premières Nations, et a conseillé au ministre et à ses fonctionnaires de ne pas les oublier», lit-on dans un communiqué du syndicat de pêcheurs.

«Il est inconcevable que les gouvernements n’aient pas rencontré les communautés des Premières Nations depuis le début de ce conflit, en fonction de ces responsabilités.»

Plusieurs pêcheurs autochtones du Nouveau-Brunswick possèdent des permis émis par leurs communautés, ce qui explique qu'ils ne puissent bénéficier des 25 cents offerts à l’UPM.

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