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Attentats en Norvège: Breivik aurait pu être arrêté plus vite, selon un rapport

13/08/2012 08:03 EDT | Actualisé 13/10/2012 05:12 EDT

OSLO - Sipa — Les autorités norvégiennes auraient pu prévenir l'attentat d'Oslo ou arrêter plus rapidement le nationaliste Anders Behring Breivik, qui a massacré 77 personnes l'été dernier dans la capitale et sur l'île d'Utoya, estime la commission d'enquête nommée par le gouvernement.

Les auteurs du rapport de 500 pages publié lundi jugent notamment que les services du renseignement intérieur auraient pu s'intéresser de plus près au jeune extrémiste, sans toutefois aller jusqu'à dire qu'ils auraient pu l'arrêter.

Anders Breivik, âgé de 33 ans, a reconnu être responsable de l'attentat à la camionnette piégée contre le siège du gouvernement à Oslo, qui a fait huit morts le 22 juillet 2011, puis du massacre par balles de 69 autres personnes sur l'île d'Utoya, où se tenait un camp de jeunesse du Parti travailliste au pouvoir, à une trentaine de kilomètres de la capitale. Arrêté les armes à la main sur l'île, il a été jugé au printemps. Le verdict est attendu pour le 24 août.

Le jeune homme a plaidé non coupable, affirmant avoir agi en état de légitime défense pour mettre fin au «multiculturalisme» du gouvernement travailliste norvégien et stopper une prétendue invasion musulmane en Europe. Il encourt 21 ans de prison ou la détention jusqu'à ce qu'il ne représente plus de danger pour la société.

L'attentat d'Oslo aurait pu être évité si des mesures de sécurité déjà adoptées avaient été mises en oeuvre de façon plus efficace, selon la commission d'enquête, qui souligne qu'un attentat contre le siège du gouvernement et des attaques coordonnées faisaient partie des scénarios récurrents des exercices de sécurité depuis de nombreuses années.

Il était prévu depuis 2010 que la rue passant devant le bâtiment soit barrée mais la construction des obstacles n'était pas terminée et l'interdiction de s'y garer n'était pas appliquée strictement.

La commission reproche par ailleurs à la police d'avoir tardé à réagir par rapport à l'attentat sur l'île d'Utoya en raison d'une série d'incidents allant de problèmes du système de communication à la surcharge du bateau qui transportait l'unité de police anti-terroriste. Pendant ce temps, le seul hélicoptère de la police norvégienne était cloué au sol, l'équipage se trouvant en vacances. Déguisé en policier, Breivik a ainsi pu traquer ses victimes, des jeunes pour la plupart, pendant plus d'une heure et demie avant de se laisser capturer sans résister.

Le rapport juge que la police aurait pu intercepter le tueur plus rapidement mais reconnaît que quasiment personne n'aurait pu imaginer cette attaque à Utoya après l'attentat d'Oslo. «Malheureusement, après plusieurs massacres dans des écoles d'autres pays, il est réellement concevable qu'un desperado armé tire sur des adolescents, y compris en Norvège», notent les auteurs.

Le premier ministre Jens Stoltenberg s'est déclaré responsable des agissements des autorités publiques mais n'a pas répondu aux journalistes qui l'interrogeaient sur son éventuelle démission. «L'arrestation du criminel a pris longtemps. La police aurait pu gagner Utoya plus vite. Ce sont des circonstances que je regrette profondément», a-t-il dit.

Le ministre de la Justice et le chef du Service de sécurité national ont été remplacés depuis les attaques.

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