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Norvège: les attaques de Breivik auraient pu être stoppées plus tôt, selon un rapport

13/08/2012 10:21 EDT | Actualisé 13/10/2012 05:12 EDT
AP

Une commission indépendante censée tirer les leçons des attaques qui ont fait 77 morts l'an dernier en Norvège a jugé lundi que l'attentat à la bombe d'Oslo aurait pu être évité et qu'Anders Behring Breivik aurait pu être arrêté plus tôt si la police avait été plus efficace.

"L'attaque contre le quartier des ministères le 22 juillet aurait pu être évitée grâce à l'application effective des mesures de sécurité existantes", a conclu la commission dans un rapport remis au Premier ministre Jens Stoltenberg.

"Une intervention de la police était vraiment possible. L'auteur des attaques aurait pu être stoppé plus tôt", a-t-elle ajouté.

Le 22 juillet 2011, l'extrémiste de droite Anders Behring Breivik avait d'abord tué huit personnes en faisant exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo, puis il avait fait 69 autres victimes en ouvrant le feu sur un camp d'été de la Jeunesse travailliste sur l'île d'Utoeya.

La police a été vivement critiquée pour sa supposée lenteur ce jour-là: plus de trois heures se sont écoulées entre l'attentat d'Oslo et l'arrestation de Breivik sur Utoeya alors que son nom était déjà connu des services de sécurité.

La fusillade d'Utoeya elle-même a duré environ une heure et quart, la police ayant peiné à se rendre sur cette petite île située sur un lac, à 600 mètres de la berge.

Dans son rapport de près de 500 pages, la commission de dix membres a critiqué le fait qu'en raison de lenteurs bureaucratiques, la rue longeant le siège du gouvernement n'a pas été fermée au trafic conformément à ce qui avait été préconisé dès 2004.

Cela a permis à Breivik de garer une camionnette contenant une bombe de 950 kg juste au pied de la tour de 17 étages qui abrite les bureaux du chef du gouvernement.

Travaillant dans sa résidence officielle, M. Stoltenberg a échappé à l'attentat.

La commission présidée par Alexandra Bech Gjoerv a aussi déploré les dysfonctionnements de la police avant et pendant la tuerie d'Utoeya: signalement tardif de Breivik et de son véhicule, problèmes de communication, procédures mal respectées, moyens inadaptés ...

Pas moins de 35 minutes se sont écoulées entre l'arrivée d'une première patrouille de police sur la berge du lac et le moment où la force spéciale d'intervention a débarqué sur Utoeya.

"La gestion du temps dans la première phase de l'intervention de la police est inacceptable", a souligné Mme Bech Gjoerv.

Alors qu'ils auraient dû tout faire pour aller sur l'île conformément aux instructions en cas de fusillade, les deux premiers policiers du commissariat local sont restés sur la rive du lac, affirmant ne pas avoir trouvé d'embarcation pour les transporter.

C'est finalement la force d'élite Delta venue d'Oslo, à une quarantaine de kilomètres de là, qui a débarqué sur l'île à 18H27 dans des conditions piteuses: surchargé, leur canot a rendu l'âme sur le lac, ce qui l'a obligée à emprunter deux bateaux de plaisance.

Selon la commission, si les procédures avaient été respectées, la police aurait pu être sur Utoeya à environ 18H15, soit 12 précieuses minutes plus tôt, ce qui --même si le rapport ne le dit pas-- aurait permis de limiter le nombre de victimes.

Pour éviter une nouvelle crise de ce genre, la commission a émis 31 recommandations qui vont de la préparation de toutes les institutions aux situations d'urgence à l'interdiction des armes semi-automatiques en passant par le renforcement des capacités de la police en hélicoptères.

"La prochaine crise (...) arrive. Il faut agir vite", a conclu Mme Bech Gjoerv.

Jugé pour "actes de terrorisme", Breivik attend son verdict le 24 août.

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