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Référendum: un comité est prêt à définir la stratégie, dès l'élection du PQ

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QUÉBEC - La nouvelle stratégie référendaire de Pauline Marois est en train de prendre forme, selon ce qu'a appris La Presse Canadienne.

Au cours des six derniers mois, le comité d'étude sur la souveraineté, créé par la chef péquiste en février, n'a pas chômé, mettant la table pour la tenue éventuelle d'un troisième référendum sur la souveraineté du Québec, si et quand Mme Marois jugera le moment opportun.

Chose certaine, si le Parti québécois est porté au pouvoir le 4 septembre, il mettra le pied sur l'accélérateur. Grâce à l'injection de fonds publics, rendue possible par le fait de former le gouvernement, le comité pourra disposer des moyens financiers requis en vue de compléter la préparation de la stratégie et de mener à bien ses travaux.

Le mandat confié par Mme Marois aux 12 membres du comité qu'elle préside est double : définir la prochaine stratégie référendaire et mettre à jour 148 études sur la souveraineté, notamment celles produites à l'époque de la commission Bélanger-Campeau au début des années 90.

Beaucoup de boulot a déjà été abattu depuis février, indiquent les principaux leaders du comité. "On est loin des balbutiements", commente le vice-président du comité et chef du Bloc québécois, Daniel Paillé.

"Le but était d'en faire vraiment le plus possible avant qu'on soit porté au pouvoir. Je pense qu'on peut dire: mission accomplie", commente le président de la commission politique du parti et membre du comité, Alexandre Thériault-Marois.

Il ajoute que dès la prise du pouvoir par le PQ, la donne aura changé et que le travail sera facilité par l'ajout de ressources et de moyens financiers. "Sans aucun doute, ça va être accéléré", précise-t-il.

En mars 2011, la chef péquiste avait indiqué qu'elle n'hésiterait pas à utiliser des fonds publics pour mener les études devant étayer l'argumentaire souverainiste.

"Si on gagne une élection, en tant que parti, on a un budget qui est plus important et on a une machine qui est plus importante", explique M. Thériault-Marois.

Il n'est pas clair de savoir à combien de reprises le comité péquiste s'est réuni depuis sa création. "Trois ou quatre fois", dira Daniel Paillé. "Entre cinq et 10", corrigera Alexandre Thériault-Marois. Quoi qu'il en soit, en marge des réunions de groupe, chacun de leur côté, les membres du comité et les experts consultés, qui agissent bénévolement, ont fait leur travail, dit-on.

En vue de trouver les bons arguments susceptibles de convaincre une majorité de Québécois de voter oui la prochaine fois, le comité s'affaire à examiner la question sous tous ses angles, et à anticiper les objections des adversaires de la souveraineté.

Parmi les sujets abordés en comité, notons l'aspect constitutionnel et légal de la question, la reconnaissance souhaitée d'un référendum gagnant par les pays étrangers, les relations internationales d'un Québec souverain, le type de négociations à prévoir en ce qui touche les échanges commerciaux, l'actualisation du discours souverainiste en fonction de l'évolution démographique, etc.

Des travaux en cours, il se dégage, selon M. Paillé, "qu'il y a une chose qui est évidente pour tous les gens qui sont autour de la table: c'est que la souveraineté, c'est de plus en plus en plus nécessaire et que c'est une bonne affaire" pour le Québec.

Le résultat final s'annonce donc "très intéressant", ajoute le chef du Bloc, ne voulant pas trop en dire.

Le volet constitutionnel de l'argumentaire, autour des négociations Québec-Ottawa, est chapeauté par deux constitutionnalistes: l'universitaire Henri Brun et le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier. Ils ont entrepris leurs travaux en traçant d'abord un bilan du référendum perdu de justesse d'octobre 1995, pour examiner en quoi, sur le plan constitutionnel et légal, le prochain se tiendrait dans un contexte différent.

Même si elle n'en est pas officiellement membre, la députée sortante de Rosemont, Louise Beaudoin, s'est jointe au comité à quelques reprises pour alimenter sa réflexion sur les lendemains d'un Québec souverain en matière de relations internationales et de reconnaissance d'un référendum gagnant à l'étranger.

Sur le plan économique, dans un monde de libéralisation des échanges, la question des relations commerciales d'un Québec souverain avec d'autres pays ne se pose plus dans les mêmes termes qu'en 1980 ou 1995, fait-on valoir. On estime au PQ que les fédéralistes ne pourront plus, la prochaine fois, attiser la peur des gens, en laissant croire qu'un Québec souverain serait soudainement isolé du reste de la planète.

La prochaine stratégie référendaire devra coller à son époque, et le message véhiculé pour convaincre les indécis devra aussi être de son temps, fait-on également valoir.

"On ne s'adresse pas aux mêmes personnes (qu'en 1980 ou 1995). Ces personnes-là n'ont pas les mêmes préoccupations. Les enjeux et les répercussions de la souveraineté ne sont plus les mêmes", estime M. Thériault-Marois.

On tiendra donc compte des changements démographiques, du vieillissement de la population et du fait que les jeunes d'aujourd'hui ne pensent plus comme ceux de 1980 et 1995, et n'ont plus le même rapport à la politique, selon le PQ.

En marge de ses cogitations autour de la stratégie référendaire, le comité devra aussi avoir mis à jour quelque 148 études pertinentes sur l'impact de la souveraineté produites depuis le début des années 90. On ne prévoit pas publier à nouveau ces études _ une montagne de plusieurs milliers de pages_, mais plutôt actualiser certaines données pertinentes à l'argumentaire d'aujourd'hui.

Le comité chargé d'étayer l'argumentaire du parti en faveur de la souveraineté est formé de gens de divers horizons (députés, universitaires, intellectuels, artistes). On y retrouve entre autres le comédien Emmanuel Bilodeau, qui a déjà incarné René Lévesque, l'auteur-compositeur-interprète Paul Piché, l'ancienne dirigeante de la CSN Claudette Carbonneau, la députée de Joliette, Véronique Hivon, et le candidat du PQ dans Rosemont, Jean-François Lisée.

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