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Plus que les cas de dopage d'obscurs athlètes, des podiums laissent songeur

12/08/2012 03:25 EDT | Actualisé 12/10/2012 05:12 EDT

Ce ne sont pas les cas de dopage d'obscurs athlètes syrien, colombien ou ouzbek qui ont suffi à secouer les jeux Olympiques de Londres, mais pour autant certains podiums ont laissé songeur, surtout quand le médaillé d'or a déjà été sanctionné pour dopage par le passé.

Contrairement aux Jeux de Pékin, aucun sportif n'a eu à rendre sa médaille. Et sur la dizaine d'athlètes exclus des Jeux pour dopage par le Comité international olympique, seuls deux, une spécialiste des haies syrienne et un judoka américain, avaient eu le temps de prendre part aux compétitions.

Sur le front du dopage, les Jeux ont été bien calmes.

D'abord parce que les filets avaient été déployés en amont. Avant même de mettre les pieds à Londres, sont tombés dedans quelques prétendants au podium olympique, dont le tenant du titre du 50 km marche, l'Italien Alex Schwazer, l'espoir marocaine du 1500 m Mariem Alaoui Selsouli ou encore l'haltérophile turc Fatih Baydar, médaillé européen.

"Je suis content que des athlètes qui trichent aient été attrapés, à la fois avant les Jeux et durant les Jeux", a déclaré le président du CIO Jacques Rogge lors de sa conférence de presse finale dimanche. "C'est le signe que le système fonctionne", selon lui.

Ensuite, parce que les autorités antidopage savent bien qu'elles ont à faire à des méthodes de plus en plus sophistiquées, pas forcément détectables avec les moyens actuels.

Cependant, la cérémonie de clôture n'est pas un gage d'impunité. Tous les échantillons des tests sont conservés pendant huit ans - la durée de prescription fixée par le Code mondial antidopage - et peuvent être soumis à de nouvelles analyses en fonction des progrès de la science.

L'exemple des Jeux de Pékin a bien montré que les podiums n'étaient pas coulés dans le marbre. Deux médaillés, l'un d'or au 1500 m, Rachid Ramzi du Bahrein, et l'autre d'argent en cyclisme sur route, l'Italien Davide Rebellin, avaient été déchus un an plus tard.

"Si un nouveau test est disponible, nous procéderons à des analyses immédiatement, a souligné Jacques Rogge. Autrement nous attendrons la fin du cycle de huit ans pour le faire".

A défaut de scandale, Londres n'a pas échappé aux rumeurs. La dernière vedette de la natation chinoise, Ye Shiwen, a été la première à en faire les frais. Après son finish fulgurant dans le 400 m 4 nages, avec le record du monde à la clé, plusieurs voix n'ont pas hésité à pointer sur l'adolescente de 16 ans un doigt accusateur. Sans aucune preuve.

En Grande-Bretagne, où la sélection d'un dopé repenti comme le sprinteur Dwain Chambers a fait couler beaucoup d'encre, les médias ont accueilli avec cynisme le coup d'éclat du coureur cycliste Alexandre Vinokourov. Le blond Kazakh a enlevé l'une des premières médailles d'or des Jeux, cinq ans après son contrôle positif qui avait mis le feu au Tour de France 2007.

Il n'est pas le seul athlète à avoir touché le sommet de l'Olympe après une suspension pour dopage. La Russe Tatyana Lyskenko, nouvelle championne olympique du marteau, avait manqué les JO de Pékin pour cela, et la Turque Asli Cakir Alptekin, la nouvelle reine du 1500 m, avait été forcée de déserter la piste entre 2004 et 2006.

stp/pga/sg

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