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Paul Ryan colistier du républicain Mitt Romney: un secret bien gardé

12/08/2012 11:05 EDT | Actualisé 12/10/2012 05:12 EDT

Lunettes noires pour des rendez-vous discrets, chemins de traverse pour échapper aux journalistes: Paul Ryan a multiplié les stratagèmes pour préserver la surprise de sa désignation comme colistier du républicain Mitt Romney dans la course à la Maison Blanche.

Une fois assuré au mois d'avril de porter les couleurs républicaines pour la présidentielle, Mitt Romney a chargé sa proche conseillère Beth Myers de s'acquitter de la délicate tâche d'établir une liste des potentiels candidats pour être son colistier et d'étudier en profondeur leur profil.

"J'avais une consigne: le candidat devrait être capable de s'acquitter de ses tâches dès le premier jour", résume-t-elle à des journalistes après l'officialisation samedi du choix de Paul Ryan, soulignant qu'en fin de compte "c'était la décision de Mitt". A charge pour elle d'organiser les détails de la chasse au colistier idéal.

Le 1er mai, Romney et elle ont en main une liste réduite de potentiels colistiers. Beth Myers et des avocats passent alors au crible dans une salle sécurisée du quartier général de Romney à Boston (Massachusetts, nord-est) les dossiers des ces prétendants, enfermant chaque soir les précieux documents dans un coffre-fort.

En juin, Mme Myers présente un rapport préliminaire au candidat républicain. Le 1er août, ils se revoient pour un examen final des derniers colisiters pressentis, parmi lesquels figuraient sans doute, outre Paul Ryan, le sénateur de l'Ohio (nord) Rob Portman et l'ancien gouverneur du Minnesota (nord) Tim Pawlenty.

Puis "il m'a donné sa décision", résume-t-elle sobrement: ce serait Paul Ryan.

Une vaste opération secrète est alors organisée pour que les deux homme se rencontrent --sans que les médias ou quiconque ne s'en fassent l'écho.

L'équipe de Mitt Romney demande à Paul Ryan de se rendre à l'aéroport de Chicago le 5 août. Beth Myers suggère qu'il s'habille de manière décontractée pour passer inaperçu.

"Il portait un jean, une casquette de baseball et des lunettes de soleil", se rappelle-t-elle, et personne ne le remarque à Chicago, puis à Hartford, dans le Connecticut (nord-est), où il retrouve Curt, le fils de Beth Myers. Ce dernier l'emmène alors en voiture jusqu'à la maison familiale, à Brookline, toujours dans le Connecticut.

Là, il rencontre Mitt Romney, qui lui fait part de son choix dans la salle à manger des Myers.

"C'est à ce moment que tout est devenu compliqué", souligne Beth Myers.

L'annonce de sa désignation est dans un premier temps programmée pour vendredi, mais la tuerie survenue quelques jours auparavant dans un temple sikh du Wisconsin --l'Etat d'où est originaire Paul Ryan, et où il est élu-- oblige l'équipe Romney à repousser l'événement au lendemain, pour que l'élu puisse participer à une cérémonie en mémoire des victimes.

Sous les yeux des journalistes, Paul Ryan rentre après la cérémonie chez lui à Janestown, au moment où les rumeurs sur la désignation du colistier de Mitt Romney se font pressantes.

Mais les journalistes ne le verront jamais ressortir de sa maison.

Discrètement, il se faufile par la porte de derrière et gagne les bois environnants pour rejoindre un assistant qui l'attend avec une voiture devant son ancien domicile.

"J'ai grandi dans ces bois", souligne Paul Ryan: "La maison dans laquelle j'ai grandi est derrière celle dans laquelle je vis maintenant, je connais donc ces bois comme ma poche".

Gagnant ensuite un aéroport de la région, Paul Ryan rejoint l'équipe de Mitt Romney dans un hôtel d'Elizabeth City, en Caroline du Nord, à une petite heure de route de Norfolk, en Virginie (est), où il fait sa première apparition comme colistier aux côtés de Mitt Romney le lendemain.

Jusqu'à tard vendredi soir, le secret de sa désignation n'aura pas franchi le cercle des proches du candidat républicain.

mlm/mdm/mra

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