S'il garde les rênes du pouvoir, le Parti libéral du Québec renforcera les lois pour contrer la corruption dans le domaine de la construction. Plus spécifiquement, des mesures seront adoptées pour s'assurer que les contrats publics seront octroyés à des entrepreneurs au-dessus de tout soupçon.

« C'est un privilège de faire affaire avec le gouvernement du Québec. C'est de l'argent public que nous gérons. » — Jean Charest.


Au douzième jour de la campagne électorale, à Québec, Jean Charest a abordé la question de la corruption, une question sur laquelle il se fait pilonner quotidiennement par ses adversaires. Il a indiqué qu'un gouvernement libéral élu présenterait, dès la rentrée parlementaire, un projet de loi visant à « resserrer les mailles du filet de la loi 35 » (loi adoptée en décembre 2011) en bloquant automatiquement l'accès aux contrats publics aux entrepreneurs en construction, dès que ceux-ci feront l'objet d'une accusation pour infraction criminelle grave ou pour fraude.

« J'annonce donc qu'une entreprise dont l'actionnaire ou le dirigeant serait accusé d'une infraction criminelle grave ou de fraude ne pourra plus obtenir de contrat du gouvernement tant et aussi longtemps que son affaire ne sera pas réglée. » — Jean Charest.

Par ailleurs, ajoute Jean Charest, en vertu de ce changement, toutes les entreprises qui sont liées se verront également retirer le droit d'accès aux contrats publics.

Jean Charest s'est présenté accompagné de la ministre sortante du Travail, Lise Thériault, du ministre sortant de la Sécurité publique, Robert Dutil, du candidat libéral de la circonscription de Chomedey, Guy Ouellette, du candidat libéral de Marguerite-Bourgeoys, Robert Poëti, ainsi que du candidat libéral de Fabre, Gilles Ouimet.

Il a longuement dressé le bilan du travail de son gouvernement pour contrer la corruption et la collusion dans le domaine de la construction, indiquant qu'aucun gouvernement ne pouvait se vanter d'en avoir fait autant.

« Nous avons adopté plus de dix lois pour lutter contre la corruption et nous avons posé de nombreux gestes dont la mise en place de l'escouade Marteau, le lancement de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) dont plus de 189 personnes actives sur le terrain à temps plein, disposant d'un budget annuel de 30 millions de dollars qui sont consacrés à trouver les stratagèmes utilisés et à les contrer », a dit le chef libéral.

À cela s'ajoute la mise sur pied de la Commission Charbonneau, dit Jean Charest, qui précise que dans le domaine de la lutte contre la corruption, l'oeuvre est toujours inachevée.

« Les modes utilisés par les criminels évoluent et notre devoir est de rester vigilants ». — Jean Charest.

En ce sens, toutes les entreprises liées à Tony Accurso seraient exclues du processus de soumission, a confirmé la candidate libérale Lise Thériault, ministre sortante du Travail. Il en irait de même avec Louisbourg SBC, en vertu du principe que « La personne qui est accusée contaminera toutes les entreprises qu'il possède ou dirige », comme l'a déclaré le chef libéral.

L'entrepreneur en construction Tony Accurso et quatre autres individus ont été arrêtés le 9 août par les policiers de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) pour avoir présumément mis sur pied un subterfuge pour contourner l'impôt fédéral. Mais déjà en avril, il comptait parmi 14 personnes arrêtées par l'Unité permanente anticorruption (UPAC) lors du démantèlement d'un réseau de partage de contrats municipaux sur la Rive-Nord de Montréal. Le 10 août, la Ville de Montréal décidait de suspendre 14 contrats qui devaient être octroyés à l'entreprise Louisbourg SBC, de Tony Accurso.

Modifications proposées dans le projet de loi

-Tout entrepreneur accusé d'une infraction criminelle grave ou de fraude ne pourra plus avoir le privilège de soumissionner sur des contrats du gouvernement liés à la construction;

-Toute entreprise ayant un lien avec un dirigeant ou un actionnaire avec une participation, même minimale, dans celle-ci et qui est accusé d'infraction criminelle grave ou de fraude perdra le privilège de soumissionner sur des contrats du gouvernement liés à la construction;

-Toute personne ou toute entreprise qui est en processus pour obtenir une licence et qui est accusée d'une infraction criminelle grave ou de fraude verra le traitement de sa demande suspendu;

-Tout dirigeant ou actionnaire d'une entreprise qui est reconnu coupable d'infraction criminelle grave ou de fraude perdra le droit de soumissionner sur des contrats publics;

-Nous ajouterons des actes criminels supplémentaires à la liste des infractions prévues à la loi 35 tels la corruption, l'abus de confiance, l'extorsion et le complot;

- Les pouvoirs d'enquête de la Régie du bâtiment du Québec seront élargis notamment pour mieux alimenter l'UPAC.
(Source : communiqué du PLQ)

Une annonce tournée en dérision par les adversaires

Interrogé par un journaliste à savoir si le problème de la corruption, la question de l'éthique dans la gouvernance, ne constituait pas un gros problème qui « collait à la peau » de son gouvernement, une sorte de talon d'Achille, le chef libéral a rétorqué que non, qu'il s'agissait d'un problème d'ampleur mondiale, et que les gens étaient à même de faire la part des choses. « Personne ne peut prétendre que nous n'avons pas pris nos responsabilités dans ce domaine », déclare Jean Charest.

Mais ces dires du chef libéral ainsi que l'annonce de dimanche se sont heurtés à un accueil sceptique de ses adversaires politiques.

Concernant les engagements libéraux sur l'industrie de la construction, le chef de la Coalition avenir Québec François Legault, a en effet estimé que c'est « trop peu, trop tard ».

« Il était temps. [M. Charest] pourrait profiter du fait qu'on est dimanche matin pour allez à la confesse. Il faut qu'il se fasse pardonner ça. Je ne pense pas que les Québécois sont prêts à lui pardonner. (...) Il n'a pas agi avec diligence dans le dossier de la corruption. Il essaye de se rattraper. Mais trop peu trop tard. » — François Legault.

De son côté, la chef du Parti québécois Pauline Marois a déclaré: « Cela fait deux ans et demi qu'il dépose des lois, dont on constate qu'elles ont des trous. J'ai aucune confiance dans les lois que M. Charest va déposer à cet égard. »

La présomption d'innocence?

Jean Cournoyer, ancien ministre libéral, s'est pour sa part interrogé sur les ondes de Radio-Canada sur le bien-fondé de renverser ainsi le fardeau de la preuve, d'éliminer la présomption d'innocence en ce qui concerne les individus accusés, mais encore non reconnus coupables.

Le contenu m'effraie, dit l'ancien homme politique, car il va à l'encontre de ce qui est inscrit dans notre code criminel.

« C'est cette sorte de revirement de la présomption d'innocence qui m'énerve. » — Jean Cournoyer.

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  • Jean Charest - Parti libéral du Québec

    Né à Sherbrooke le 24 juin 1958 Marié, père de trois enfants Formation en droit. Admis au Barreau du Québec en 1981. Avant d'entrer en politique: pratique le droit à Sherbrooke Entrée en politique: en 1984, candidat pour le Parti progressiste-conservateur du Canada dans Sherbrooke. Élu député fédéral lors des élections générales à l'âge de 26 ans. <strong>Carrière politique: </strong> Au fédéral, il est nommé ministre d'État à la Jeunesse en 1986 à l'âge de 28 ans. Devient le plus jeune membre d'un cabinet fédéral. Il est ensuite ministre d'État à la Condition physique et au Sport amateur, leader adjoint du gouvernement, président du Comité parlementaire spécial pour le projet de résolution d'accompagnement à l'Accord du lac Meech, ministre de l'Environnement, ministre de l'Industrie et des Sciences, vice-premier ministre, candidat au leadership du Parti progressiste-conservateur du Canada en 1993, chef du Parti progressiste-conservateur, vice-président du Comité national des Québécois pour le Non pendant la campagne référendaire au Québec en 1995. Au plan provincial: il devient chef du Parti libéral du Québec en avril 1998 et chef de l'opposition officielle en décembre de la même année, il est assermenté comme premier ministre du Québec le 29 avril 2003, de nouveau le 18 avril 2007 et le 18 décembre 2008.

  • Pauline Marois - Parti québécois

    Née à Québec le 29 mars 1949 Mariée et mère de quatre enfants <strong>Formation</strong>: baccalauréat en service social, Université Laval et maîtrise en administration des affaires (MBA) aux HEC, Université de Montréal Avant d'entrer en politique: consultante budgétaire, responsable du service animation, coordonnatrice du cours en assistance sociale, directrice générale d'un CLSC, attachée de presse, consultante, directrice de cabinet, professeur à l'Université du Québec à Hull <strong>Carrière politique</strong>: députée de La Peltrie de 1981 à 1985, puis députée de Taillon de 1989 à 2006, puis députée de Charlevoix depuis 2007. Elle a été ministre d'État à la Condition féminine, de la Main-d'oeuvre et de la Sécurité du revenu, présidente du Conseil du trésor, ministre des Finances et ministre du Revenu, ministre responsable de la Famille, ministre de l'Éducation, ministre de la Famille et de l'Enfance, ministre d'État à la Santé et aux Services sociaux, ministre de la Recherche, de la Science et de la Technologie, ministre d'État à l'Économie et aux Finances, ministre de l'Industrie et du Commerce, vice-première ministre.

  • François Legault - Coalition avenir Québec

    Né à Sainte-Anne-de-Bellevue le 26 mai 1957 Marié, père de deux enfants <strong>Formation</strong>: baccalauréat en administration des affaires (comptabilité publique), MBA en finances des HECAvant la politique: directeur du marketing chez Québécair, cofondateur d'Air Transat en 1986, en devient le pdg jusqu'en 1997. Administrateur de sociétés comme Provigo, Culinar, Sico. Fellow de l'Ordre des comptables agréés du Québec. <strong>En politique</strong>: élu député péquiste de Rousseau en novembre 1998. Réélu en 2003, 2007 et 2008. Ministre de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie, ministre d'État à l'Éducation et aux Jeunes, ministre de l'Éducation, ministre d'État à l'Éducation et l'Emploi, ministre d'État à la Santé et aux Services sociaux. En 2011, il fonde un nouveau parti, la Coalition avenir Québec.

  • Françoise David - Québec solidaire

    Née à Montréal en 1948 <strong>Formation</strong>: baccalauréat en service social (organisation communautaire) de l'Université de MontréalAvant la politique: travaille en service social dans le quartier centre-sud de Montréal, coordonnatrice du Regroupement des centres de femmes, présidente de la Fédération des femmes du Québec. Elle organise notamment la Marche des femmes contre la pauvreté «Du pain et des roses» et la Marche mondiale des femmes contre la pauvreté et la violence en 2000. <strong>En politique</strong>: porte-parole du mouvement Option citoyenne, puis porte-parole de Québec solidaire lors de sa création en 2006. Candidate pour Québec solidaire en 2007 et 2008 dans Gouin où elle termine deuxième.

  • Amir Khadir - Québec solidaire

    Né le 12 juin 1961 à Téhéran, en Iran. Immigre au Québec à l'âge de 10 ans. Marié et père de trois filles. <strong>Formation</strong>: baccalauréat en physique Université de Montréal, maîtrise en physique Université McGill, doctorat en médecine Université Laval, spécialité en microbiologie-infectiologie Université de MontréalCarrière avant la politique: médecin microbiologiste-infectiologue au Centre hospitalier Pierre-Le-Gardeur à Lachenaie. A fait partie de la Coalition des médecins pour la justice sociale, a fait des missions pour Médecins du monde en Irak, en Afghanistan et en Palestine. A présidé le conseil d'administration du SUCO. <strong>Carrière politique</strong>: candidat du Bloc québécois dans Outremont en 2000, candidat de l'Union des forces progressistes dans Mercier en 2003, premier député élu de Québec solidaire dans Mercier en 2008

  • Jean-Martin Aussant - Option nationale

    Né à Sorel-Tracy le 1er juin 1970 <strong>Formation</strong>: baccalauréat en administration des affaires et études en actuariat, Université Laval; maîtrise en sciences économiques, Université de Montréal; études au doctorat en analyse économique, Université Autonoma de Barcelone, Espagne. Avant d'entrer en politique: agent de recherche au CIRANO, vice-président Morgan Stanley Capital International, gestionnaire de portefeuille principal, Investissements PSP. <strong>Carrière politique</strong>: élu député de Nicolet-Yamaska aux élections générales du 8 décembre 2008 sous la bannière du Parti québécois. Porte-parole de l'opposition officielle pour les dossiers de développement économique, institutions financières, commerce international. Il quitte le Parti québécois en juin 2011, siège comme indépendant, puis annonce la création d'Option nationale.

  • Répartition des 125 sièges à la dissolution de l'Assemblée nationale

    Parti libéral du Québec (forme le gouvernement): 64 députés Parti québécois (forme l'opposition officielle): 47 députés Coalition avenir Québec: 9 députés Option nationale: 1 député Québec solidaire: 1 député Indépendants: 2 députés Circonscriptions vacantes: 1 (Bourassa-Sauvé) <strong>Résultats du scrutin du 8 décembre 2008</strong> Parti libéral du Québec: 1 366 046 votes (42,08 %) Parti québécois: 1 141 751 votes (35,17 %) Action démocratique/Équipe Mario Dumont: 531 358 votes (16,37 %) Québec solidaire: 122 618 votes (3,78 %) Taux de participation: 57,43 % ou 3 295 914 votes Bulletins valides: 3 246 333 ou 98,5 %


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  • Pauline Marois et sa candidate Djemila Benhabib, victime de racisme de la part du maire de Saguenay Jean Tremblay

  • Jean Charest présente des engagements envers les jeunes

  • Jean Charest à la rencontre de futurs électeurs

  • Jean Charest pendant le congrès des Jeunes libéraux

  • Pauline Marois prend une petite fille dans ses bras

  • Pauline Marois a fait allusion au poids du candidat caquiste Gaétan Barrette

  • François Legault prononce un discours

  • François Legault visite une entreprise de tomates biologiques

  • Jean Charest présente ses engagements pour les enfants fréquentant l'école primaire

  • Jean Charest visite un établissement industriel

  • François Legault dans une épicerie

  • François Legault répond aux questions des journalistes

  • Pauline Marois, bébé dans les bras

  • Pauline Marois promet l'intégrité dans son équipe à la suite d'un discours

  • Manon Massé, la députée de Québec solidaire qui fait bien jaser

  • Jacques Duchesneau est présenté comme nouveau candidat

  • Legault tout sourire: Jacques Duchesneau serait candidat pour la CAQ.

  • Gaétan Bolduc... heu, Barrette.

  • Jean Charest et son candidat Alain Paquet

  • Jean Charest auprès de futurs électeurs

  • Jean Charest à Saint-Hyacinthe

  • Pauline Marois prononce un discours

  • Pauline Marois se rend au marché Atwater

  • ...et prend le métro avec Léo.

  • Le député indépendantiste Pierre Curzi prête main-forte à Jean-Martin Aussant

  • Le chef d'Option nationale auprès de ses partisans

  • Léo Bureau-Blouin et Pauline Marois annoncent les promesses du PQ en matière d'éducation

  • Jean Charest en entrevue à Radio X, à Québec

  • François Legault avec la candidate Sylvie Roy et Maude Cohen

  • François Legault avec la candidate Sylvie Roy et Maude Cohen

  • Amir Khadir et François David le jour du déclenchement des élections

  • Jean Charest annonce le déclenchement des élections


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  • Une affiche électorale bien placée!

  • Reservoir Dogs, version libérale

  • Un air de ressemblance avec la famille Slomeau?

  • On sourit!

  • L'économie d'abord ou... quoi?

  • Sarko se marre, Charest se barre.

  • OK, on joue. Suis-je un animal? Un objet? Est-ce que j'ai les cheveux frisés?

  • Oh, là, je t'ai cassé!

  • Un p'tit banc, peut-être?

  • Gaz de schiste: Wo!

  • Une oeuvre contemporaine... mal placée

  • Le retour de BiBi

  • Peace.

  • Attention, elle va tomber sur le micro...

  • C'est ce qu'on appelle avoir les deux yeux dans la graisse de bine

  • Père Noël, pouvez-vous devancer mon cadeau cette année?

  • Pas sûre que je veux y toucher...

  • Oh, le beau chapeau!

  • Mais où avais-je la tête? Ah oui! Entre deux jongleurs!

  • Pauline est contente

  • Un supporter... un peu trop affectueux

  • Un jeune qui ne pense qu'à la "belle vie"

  • Ce n'est pas le salut que vous croyez

  • Passionnant, passionnant...

  • Eh boy, des élections? Pas déjà!

  • Le gars à côté, il fait des niaiseries gros comme ça!