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Le maréchal Tantaoui, proche de Moubarak puis homme-clé de la transition

12/08/2012 12:49 EDT | Actualisé 12/10/2012 05:12 EDT

Le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, que le président égyptien Mohamed Morsi a écarté dimanche du ministère de la Défense, fut un proche du président Hosni Moubarak avant de devenir, après sa chute, un homme-clé de la transition.

Ce septuagénaire fut ministre de la Défense de M. Moubarak pendant vingt ans, de 1991 à la chute du raïs en 2011. Il a ensuite conservé ce poste durant la période de transition, avant d'y être reconduit début août lors de la formation du gouvernement du Premier ministre Hicham Qandil.

Mais c'est surtout en tant que chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA) qu'il a assumé pendant l'année et demie écoulée une place de premier rang.

C'est en effet au CSFA que M. Moubarak a remis tous ses pouvoirs en démissionnant le 11 février 2011, faisant du maréchal Tantaoui le chef d'Etat de facto en attendant un président élu.

Malgré l'élection en juin de M. Morsi, issu des Frères musulmans, M. Tantaoui est resté un homme-clé du système, présent à la fois dans le gouvernement grâce au ministère de la Défense et à la tête du CSFA, une institution qui s'est arrogé le pouvoir législatif après la dissolution de l'Assemblée.

Officier de l'armée de Terre, le maréchal Tantaoui, 76 ans, a participé aux conflits de 1956 (canal de Suez), 1967 (guerre des Six jours) et 1973 (guerre du Kippour).

Un télégramme diplomatique américain révélé par Wikileaks, datant de 2008, a jeté un peu de lumière sur cet homme aussi secret que l'institution militaire égyptienne.

Le document le décrit comme "charmant et courtois", mais aussi "âgé et résistant au changement" et obsédé par le maintien de la stabilité du plus peuplé des pays arabes avec près de 82 millions d'habitants.

L'armée égyptienne est largement aidée par les Etats-Unis depuis les accords de paix avec Israël en 1979. Washington lui octroie actuellement 1,3 milliard de dollars d'assistance par an.

La plupart des adversaires du régime ont salué la retenue de l'armée pendant le soulèvement début 2011, contrairement à la police accusée de nombreuses violences. De nombreuses scènes de fraternisation entre la foule et les militaires ont marqué les manifestations.

Mais au fil des mois l'image de l'institution militaire et de son chef se sont profondément dégradées dans de larges parties de la population, en particulier chez les jeunes qui avaient lancé le mouvement anti-Moubarak.

L'armée, mise en cause dans la répression meurtrière de certaines manifestations, a été notamment accusée de vouloir maintenir ses privilèges politiques et économiques, et de chercher à perpétuer le système répressif hérité du passé.

M. Tantaoui fut personnellement conspué ces derniers mois lors de nombreux rassemblements place Tahrir, qui réclamaient avec insistance son départ de la scène politique et même son exécution.

cr/iba/feb

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