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L'Arabie veut mobiliser le monde musulman en faveur du soulèvement en Syrie

12/08/2012 06:35 EDT | Actualisé 12/10/2012 05:12 EDT

Des dirigeants de 57 pays tiennent un sommet extraordinaire mardi à l'initiative de l'Arabie saoudite, qui cherche à mobiliser le monde musulman en faveur du soulèvement en Syrie.

"Le dossier syrien sera en tête des priorités" du sommet convoqué par le souverain saoudien Abdallah à La Mecque, premier Lieu saint de l'islam, a déclaré à l'AFP le secrétaire général de l'Organisation de coopération islamique (OCI) Ekmeleddin Ihsanoglu.

Il a ajouté que la Syrie, membre de l'OCI, "ne sera pas représentée à ce sommet", précisant qu'une réunion préparatoire des ministres des Affaires étrangères se tiendrait lundi et devrait "se prononcer sur une suspension de la Syrie, recommandée par les représentants de pays membres".

En revanche, l'opposition syrienne n'avait pas jusqu'à dimanche été invitée au sommet, a indiqué à l'AFP le président du Conseil national syrien (CNS) Abdel Basset Sayda, qui a appelé les participants à "soutenir le soulèvement syrien et de l'Armée syrienne libre (ASL, rebelles)".

Le sommet se tient alors que la communauté internationale, très divisée, peine à s'accorder sur un règlement en Syrie où les violences et la répression du soulèvement contre le président Bachar al-Assad ont fait plus de 21.000 morts selon une ONG.

Mais le sommet risque de buter sur les divergences entre l'Arabie saoudite, en première ligne avec le Qatar dans la bataille diplomatique contre le régime de Damas, et l'Iran, fidèle allié de M. Assad.

La participation annoncée du président iranien Mahmoud Ahmedinejad risque de peser sur une position unifiée des pays musulmans.

A quelques jours du sommet de La Mecque, Téhéran a organisé jeudi une conférence à laquelle ont notamment participé la Russie et la Chine, deux autres soutiens de Damas, et qui a appelé à un "dialogue national" entre opposition et gouvernement.

"L'Arabie saoudite a convoqué ce sommet après avoir épuisé tous les moyens possibles pour un règlement de la crise syrienne", a déclaré à l'AFP l'analyste saoudien Abdel Aziz al-Saqr, directeur du Gulf Research Center.

Selon lui, "ce sommet devrait adopter une résolution sur un transfert pacifique du pouvoir en Syrie, avec un départ du président Assad et la formation d'un gouvernement d'union nationale".

Pour sa part, le président du CNS a appelé le sommet de La Mecque à "adopter une position ferme pour mettre fin aux tueries quotidiennes et forcer le régime à partir".

Il a proposé notamment l'instauration de "deux zones d'exclusion aérienne dans le nord près de la frontière turque et dans le sud près de la frontière jordanienne" ainsi que "des lieux sûrs pour les réfugiés et des couloirs humanitaires".

La Syrie doit par ailleurs être évoquée dimanche soir à Jeddah (ouest) lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères des monarchies du Golfe.

En revanche, une réunion des ministres arabes des Affaires étrangères sur la Syrie, prévue dimanche à Jeddah, a été reportée sine die, a annoncé la Ligue arabe.

Cette "réunion d'urgence" devait notamment discuter du remplacement du médiateur Kofi Annan qui a récemment démissionné, l'ancien ministre algérien des Affaires étrangères Lakhdar Brahimi étant pressenti pour lui succéder selon des diplomates à l'ONU.

Outre le conflit syrien, le sommet islamique devrait examiner le processus de paix israélo-palestinien, actuellement en panne et relégué au deuxième plan dans la diplomatie régionale dans la foulée du Printemps arabe, ainsi que la question de la minorité musulmane des Rohingyas en Birmanie, selon M. Ihsanoglu.

L'OCI, qui mène campagne pour les Rohingyas, a annoncé samedi avoir obtenu l'accord du gouvernement birman pour apporter des secours aux déplacés de cette minorité musulmane et l'Arabie saoudite s'est engagée à leur octroyer une aide de 50 millions de dollars.

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