NOUVELLES

Kvitova bat Wozniacki et rejoint Na Li en finale de la Coupe Rogers de tennis

12/08/2012 03:48 EDT | Actualisé 12/10/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - La Tchèque Petra Kvitova, cinquième tête de série, s'est qualifiée pour la finale de la Coupe Rogers, dimanche, en l'emportant 3-6, 6-2, 6-3 face à la Danoise Caroline Wozniacki (7e) au terme d'un match qui ne passera pas à l'histoire.

Kvitova fera face à la Chinoise Na Li (10e) lors de la finale qui sera disputée lundi soir, au stade Uniprix. Li a disposé d'une autre Tchèque, Lucie Safarova (16e), 3-6, 6-3, 7-5.

Wozniacki, huitième joueuse mondiale, n'aura pas la chance de remporter le tournoi canadien à Montréal comme elle l'avait fait en 2010. En battant la Danoise, Kvitova, sixième raquette mondiale, porte sa fiche face à Wozniacki à trois victoires partout.

Au retour d'une interruption de jeu de 45 minutes en raison de la pluie, Kvitova a amorcé la troisième manche avec fermeté, ponctuant souvent ses réussites en serrant le poing.

«J'ai bien joué au deuxième set et je voulais poursuivre sur ma lancée au troisième, a-t-elle déclaré. Je devais mieux faire avec mon premier service, notamment.»

La Tchèque admet qu'elle a pensé à la déconfiture de sa compatriote Safarova quand elle avait les devants 5-1 et que Wozniacki a remporté les deux jeux suivants.

«Oui, j'y ai pensé et je ne voulais pas faire comme Lucie (rires). Je me suis dit que j'allais y aller à fond. Que j'allais attaquer. Je crois que ça m'a aidé qu'on ait eu des nouvelles balles à ce moment, a précisé celle qui a remporté sept tournois au cours de sa carrière, mais aucun en Amérique du Nord.

«C'est super pour moi de bien faire de ce côté-ci de l'Atlantique. Je n'ai pas trop de mal avec l'humidité, car je souffre d'asthme. J'ai du mal à respirer quand l'humidité est à la hausse. Je pense que c'est plus humide en Amérique qu'en Europe ou en Australie. Je possède un inhalateur par mesure préventive.»

Et Kvitova espère bien gagner ce premier tournoi en sol nord-américain contre Li.

«J'aime bien sa personnalité. On a déjà joué l'une contre l'autre trois fois et je suis en déficit de 1-2. Elle joue bien cette semaine et elle est très combative. Les joueuses ne jouent pas souvent contre des gauchères et c'est un avantage pour nous. La rotation de la balle au service est différente.»

À court de ressources

On aurait pu croire que Wozniacki allait revenir sur le court avec de bonnes dispositions, puisque son ami de cœur, le golfeur irlandais Rory McIlroy, venait tout juste de remporter le championnat de la PGA, dernière levée du grand Chelem de golf 2012.

Du tout. La Danoise n'avait plus d'essence dans le réservoir et elle n'a jamais inquiété son adversaire qui s'est finalement imposée 6-3. Kvitova disputera sa première finale de l'année.

«Ce fut un match en montagnes russes, a dit Wozniacki. Nous n'avons pas fait de longs échanges. On gagnait ou perdait le point rapidement. Elle frappait très fort. Elle lâchait ses coups. La balle arrivait très vite.»

Même si elle avait éliminé la Canadienne Aleksandra Wozniak la veille, il était évident que la foule présente au stade Uniprix soutenait la Danoise.

«Avoir gagné ici il y a deux ans a certainement contribué à faire de moi leur favorite dans ce match.»

Et pour meubler le temps durant l'interruption de pluie, quoi de mieux que de suivre la fin du Championnat de golf de la PGA…

«C'est super que Rory ait gagné! C'est une incroyable performance de sa part (victoire par huit coups), a dit celle qui a eu le temps de lui transmettre un message texte pour le féliciter. À part cela, j'essayais de me détendre, mais Petra a été plus forte que moi au retour.»

Décousu

Si l'on tient compte du calibre des joueuses en présence, à savoir, les sixième (Kvitova) et huitième (Wozniacki) raquettes mondiales, le premier set de ce duel aura été la manche offrant le jeu le plus décousu de la semaine: frappes molles, coups erratiques et bris de service multiples (quatre).

Même si elle a enlevé la manche, Wozniacki n'était pas satisfaite de son jeu, car elle a demandé de voir son entraîneur au changement de côté à 6-3. Ça ne s'est pas arrangé par la suite.

Kvitova a commencé à avoir de la profondeur et de la puissance dans ses retours en deuxième manche et la Danoise a complètement perdu pied: double-fautes, balles hors des lignes, décisions contestées. Bilan: manche de 6-2 pour Kvitova et une égalité de 1-1 après 75 minutes de jeu…et une énième interruption de pluie.

Li à l'arraché

Na Li a réussi un coup d'éclat en après-midi, effaçant un déficit de 5-1 dans la dernière manche pour s'imposer 7-5.

Safarova, 23e raquette mondiale, semblait avoir la victoire en poche, mais la 11e raquette du classement de la WTA a aligné six jeux de suite, brisant trois fois le service de son adversaire.

«Ce n'est pas mal», a lancé Li en commentant son irrésistible retour avec un sourire taquin, faisant rigoler les journalistes en salle de presse.

De son propre aveu, la Chinoise n'a pas modifié grand-chose quant à son approche du match en général, ni en retour de service en particulier. Elle avait pourtant pris celui de la Tchèque qu'une seule fois jusque-là.

«Dans ces cas-là, je ne pense à rien. Je me dis simplement que je dois remettre la balle en jeu. Mets la balle en jeu… Passe-la par-dessus le filet... Ç'a l'air facile, comme ça... (rire collectif) Mais c'est ça le tennis. En début de match, je frappais le plus fort possible et j'ai fait beaucoup d'erreurs.»

À l'inverse, Safarova, qui devrait figurer dans le top 20 mondial au prochain classement de la WTA en raison de son bon parcours à Montréal, savait très bien où le match avait basculé. Et pourquoi.

«Conclure un match est toujours un peu stressant, a admis la Tchèque. Tout de suite après que je prenne les devants 5-1, elle a servi très vite, très bien, et elle a fait le bris. Du coup, il n'y avait plus qu'un bris dans le match. Elle n'a pas cessé de me mettre de la pression et j'ai arrêté de le faire.

«J'aurais dû pousser plus... Surtout face à une joueuse parmi les 10 meilleures. Je n'aurais pas dû attendre qu'elle fasse des erreurs. J'aurais dû forcer le jeu et je ne l'ai pas fait. Je devrai m'en souvenir la prochaine fois.»

Ferveur amoindrie

Après les cris d'encouragement pour Aleksandra Woziak et Eugénie Bouchard entendus tout au long de la semaine au stade Uniprix, le duel entre Li et Safarova n'était pas du genre à déchaîner les passions. D'autant plus vrai que les gradins du court central étaient désertés du tiers de leur capacité à 13h30.

En marchant vers le stade, on croisait bon nombre de revendeurs qui offraient les billets de la séance de l'après-midi à 50 pour cent de leur valeur nominale. Nul doute que les abandons, la tenue des Jeux olympiques et les intempéries répétées auront fait mal à la Coupe Rogers en 2012.

En finale du double, le duo formé de la Polonaise Klaudia Jans-Ignacik et de la Française Kristina Mladenovic a disposé de la Russe Nadia Petrova et de la Slovaque Katarina Srebotnik, troisièmes têtes de série, par 7-5, 2-6, 10-7 au bris d'égalité décisif devant une foule éparse de quelques centaines de spectateurs.

PLUS:pc