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JO-2012: des jeux de cartes postales à la gloire du patrimoine londonien

12/08/2012 09:54 EDT | Actualisé 12/10/2012 05:12 EDT

Equitation à Greenwich avec vue imprenable sur la City, contre-la-montre au palais de Hampton Court, triathlon à Hyde Park: pendant les JO, Londres s'est offert une campagne de publicité planétaire en transformant son patrimoine au fort potentiel touristique en sites olympiques.

A Athènes en 2004, le lancer du poids avait été organisé à Olympie, le site des Jeux dans l'Antiquité, et le marathon s'était terminé dans le stade des JO de 1896. Mais rarement, une ville olympique n'avait autant mis en scène son patrimoine pendant les JO que Londres.

A l'origine de la réflexion des architectes des Jeux de 2012, une photo emblématique des JO de Barcelone en 1992, représentant une plongeuse sautant dans le ciel bleu azur au-dessus de la basilique de la Sagrada Familia, raconte Jeff Keas du cabinet d'architecture Populous.

"Quand vous pensez à Barcelone, vous avez cette image en tête. A Londres, nous ne voulions pas créer une, mais plusieurs images de ce type", ajoute-t-il à l'AFP. Et la capitale britannique s'y prêtait avec ses nombreux sites emblématiques, poursuit-il.

Résultats: les marcheurs du 50 km ont terminé leur course sous les fenêtres de la reine au palais de Buckingham; les nageurs en eau vive ont parcouru leur 10 km parmi les canards du lac Serpentine dans Hyde Park, poumon de Londres; les marathoniens sont passés devant Big Ben, la cathédrale Saint-Paul et Trafalgar Square offrant aux spectateurs du monde entier des vues spectaculaires de la capitale britannique.

"Nous avons tout fait pour avoir Londres en toile de fond", explique Jeff Keas. L'objectif était que "des sites emblématiques comme le parc de Greenwich (...) ou la ligne d'horizon" caractéristique de Londres, avec ses gratte-ciel, Big Ben ou encore London Eye, "reste à portée de vue" des spectateurs et téléspectateurs des JO.

Un choix qui a nécessité de repenser drastiquement certains sites.

Ainsi, pour l'épreuve de tir à l'arc, il a fallu ruser pour inscrire dans le champ des caméras les deux bâtiments du Lord's, connus de tous les fans de cricket.

Au parc de Greenwich, classé au patrimoine mondial de l'Unesco, qui accueillait des épreuves d'équitation, il a fallu corriger la pente pour le dressage. L'opération a consisté à surélever une partie du parcours avec des structures métalliques recouvertes de terre. Lors du cross du concours complet, la perspective était saisissante: en franchissant des obstacles, des cavaliers semblaient lancer un assaut sur la City à l'horizon.

Le terrain de beach-volley a été installé sur l'esplanade des Horse Guards, située derrière Downing Street, la résidence du Premier ministre.

"L'une des idées directrices" était de promouvoir le tourisme à moyen terme au Royaume-Uni, explique encore Jeff Keas, alors que les JO ont laissé commerçants et hôteliers sur leur faim. "Il s'agissait de montrer des endroits de Londres que tout le monde ne connaît pas."

Les Jeux étaient "une occasion fantastique de faire la publicité de Londres", estime Mark Di Toro, porte-parole de l'agence britannique du tourisme. Sans compter que "le monde a pu découvrir qu'il ne pleuvait pas toujours au Royaume-Uni".

bed/dh/jr

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