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JO-2012 - Athlétisme: trois fois Bolt, mais aussi Rudisha

12/08/2012 12:57 EDT | Actualisé 12/10/2012 05:12 EDT

Le Jamaïcain Usain Bolt est entré dans légende avec les trois médailles d'or du sprint aux JO de Londres, égalant sa campagne pékinoise de 2008, mais le Kényan David Rudisha a ébloui la finale du 800 m, qu'il a menée de bout en bout pour battre son record du monde.

Qui élire, s'il y avait d'ailleurs besoin de choisir au moment de remettre les oscars ?

Sebastian Coe, ex-grand du demi-fond et président du Comité d'organisation des Jeux de Londres, a tranché sans hésiter. "Le meilleur, et de loin, a été Rudisha. Bolt a été bon, mais Rudisha a été magnifique, d'une autre planète", a-t-il déclaré.

Les statistiques et le double champion olympique du 1500 m (1980/1984) parlent deux langues différentes. Les chiffres disent que Bolt est devenu le premier de l'histoire avec quatre titres individuels en sprint aux Jeux. En initié, et aussi ex-recordman du monde du double tour de piste, Coe a estimé que le chrono (1.40.91) et la manière de Rudisha avaient plus de valeur.

"Un moment magique que David Rudisha et son 800 m. C'était la beauté en action", a ajouté Jacque Rogge, président du Comité international olympique (CIO).

D'autres observateurs ont noté que Bolt avait été moins impressionnant qu'en Chine, où il avait battu trois records du monde et affiché, du haut de son 1,96 m, une supériorité outrageante.

A Londres, le Jamaïcain a confirmé sa suprématie, ce qui n'est déjà pas mal, mais en restant en deçà de ses marques planétaires sur 100 et 200 m. Il s'est bien rattrapé avec ses équipers du relais 4x100 m --record du monde en 36 sec 84-- avant que le rideau tombe au stade olympique.

Il y a eu aussi le doublé de Mo Farah sur 5000 et 10.000 m pour faire chavirer de bonheur et de fierté le peuple britannique. Farah, c'est l'exemple de l'intégration réussie pour le petit Somalien qui avait dû fuir, avec sa famille, son pays natal en pleine guerre civile.

L'empreinte de l'Afrique des hauts-plateaux sur le demi-fond long est resté forte, mais moins qu'à Pékin en poids d'or. Dans la capitale britannique, le Kenya et l'Ethiopie ont certes glané à eux deux 18 médailles, mais seulement cinq titres entre la piste et le marathon.

Première puissance mondiale depuis des lustres, les Etats-Unis ont tenu, à une unité près, le pari de trente podiums. Les Américaines ont notamment dominé les Jamaïcaines en sprint, une revanche sur les déboires pékinois. Et la splendide Allyson Felix est repartie avec trois ors (200 m et les deux relais).

Grâce à ses dames, la Russie (18 médailles, dont huit du plus beau métal) a supporté la rivalité. Anna Chicherova a survolé la hauteur (2,05) et Marya Savinova a dominé le 800 m.

Si Bolt et ses "frères" ont conservé leur emprise sur le sprint, c'est l'ensemble des îles et îlots des Caraïbes qui ont fait la fête. Avec le vétéran dominicain Felix Sanchez, une seconde fois champion olympique du 400 m haies à bientôt 35 ans, ou encore le prodige de Grenade Kirani James, roi du 400 m.

Désormais les Antilles, avec l'apport d'entraîneurs cubains, menacent l'Europe dans son dernier bastion, celui des lancers. C'est ainsi que le Trinidadéen Kershorn Walcott, sacré champion du monde juniors il y a un mois à Barcelone, s'est emparé de l'or du javelot à Londres. Un tremblement de terre à l'échelle de l'athlétisme.

asc/sg

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