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Egypte: le patron d'une chaîne et un journaliste interdits de voyager

12/08/2012 11:01 EDT | Actualisé 12/10/2012 05:12 EDT

Le Parquet général égyptien a annoncé dimanche avoir interdit au patron d'une chaînée privée et au rédacteur en chef d'un quotidien indépendant, visés par des plaintes notamment pour "insulte au président" Mohamed Morsi, de quitter le pays.

Le Parquet a indiqué avoir placé le propriétaire de la télévision Al-Faraïn (Les Pharaons), Tewfik Okacha, et le rédacteur en chef d'Al-Dostour, Islam Afifi, sur la liste des personnes interdites de voyager car ils font tous deux l'objet d'une enquête après les plaintes déposées contre eux.

Al-Faraïn, très hostile aux Frères musulmans et au président Morsi, a été frappée d'une suspension d'un mois cette semaine et pourrait être définitivement fermée après que son patron, qui présente une émission, a été accusé d'avoir "incité au meurtre du président Morsi et au renversement du pouvoir".

Samedi, la justice a aussi appuyé l'ordre du Parquet de sûreté de l'Etat, un organe des services de sécurité, de saisir les exemplaires du quotidien Al-Dostour, visé par des plaintes pour "offense au président" Morsi.

Ces incidents font craindre un tour de vis généralisé dans le milieu des médias, où beaucoup grognent contre ce qu'ils qualifient de volonté de contrôle de la presse de la part des Frères musulmans, dont est issu M. Morsi.

M. Afifi a dit à l'AFP que la décision de saisir son journal était "un danger pour la liberté d'expression et de la presse". "Je crois que cela montre que la confrérie (des Frères musulmans) ne supporte pas qu'on s'oppose à elle", a-t-il ajouté.

Jeudi, des titres de la presse indépendante avaient publié des encarts blancs à la place de leurs habituels éditoriaux pour dénoncer la tentative, selon eux, des Frères musulmans de museler les médias, en reprochant aux islamistes "de procéder comme le faisait le parti du président" Hosni Moubarak, déchu en février 2011 sous la pression d'une révolte populaire.

Ce mouvement de protestation faisait suite à la nomination par la chambre haute du Parlement, dominée par les Frères musulmans, des directeurs et rédacteurs en chef des titres de la presse gouvernementale, dont plusieurs personnes proches des islamistes.

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