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Des immigrants chinois refusés soutiennent que l'Î-P-É leur doit de l'argent

12/08/2012 08:45 EDT | Actualisé 12/10/2012 05:12 EDT

Des citoyens chinois ayant investi de l'argent dans le programme de choix de candidats pour l'immigration de l'Île-du-Prince-Édouard affirment qu'ils sont fâchés de ne pas avoir été remboursés deux ans après qu'Ottawa eut rejeté leur demande de visa.

Dans une entrevue accordée depuis sa résidence de Dalian, en Chine, Qiu Chuanbo a révélé qu'il lui restait encore à récupérer près de 91 000 $ sur la somme qu'il a versée au programme, qui a été conçu pour attirer les immigrants souhaitant investir dans des entreprises de la province.

L'homme de 47 ans a confié que ce délai dans le remboursement avait un grave impact sur sa situation financière et qu'il avait de la difficulté à payer les études universitaires de ses enfants.

Le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard a refusé de commenter le dossier de M. Chuanbo, mais a indiqué qu'un fonds en fiducie avait été créé pour rembourser en partie chacun des participants du programme.

Qiu Chuanbo, qui possède une petite firme de design intérieur, a toutefois affirmé que le manque de collaboration de la part des représentants de la province et des conseillers en immigration au Canada avait miné sa confiance envers les autorités canadiennes.

Il a ajouté que des proches et des amis de candidats rejetés résidant à Toronto prévoyaient organiser une manifestation à Charlottetown à la fin du mois d'août afin d'exhorter l'Île-du-Prince-Édouard à remettre l'argent.

M. Chuanbo a raconté qu'il avait donné 152 500 $ à l'été 2008 à un intermédiaire privé choisi par le gouvernement provincial afin que le montant soit investi dans une compagnie de la province.

Il s'attendait à obtenir des actions et l'autorisation d'immigrer au Canada, mais il a plutôt reçu une lettre de refus de la part d'Ottawa en janvier 2010.

Le quadragénaire a indiqué que, selon ses calculs, il lui manquait toujours 90 975 $ après la remise par l'Île-du-Prince-Édouard de deux dépôts et le remboursement de certains frais par un conseiller en immigration chinois.

Le responsable de l'immigration au sein du gouverment provincial, Jamie Aiken, a déclaré qu'un fonds en fiducie de 9 millions $ permettrait éventuellement de rembourser en partie les candidats refusés.

Il a toutefois précisé que la province voulait d'abord s'assurer qu'il y avait suffisamment d'argent pour tous les participants rejetés du programme.

M. Aiken a également dit que le fonds ne serait pas disponible tant qu'Ottawa n'aurait pas terminé de traiter les demandes des 2627 personnes ayant investi de l'argent dans le programme provincial entre 2007 et l'automne 2008.

Une porte-parole du ministre fédéral de l'Immigration, Jason Kenney, a assuré que le ministère avait avisé l'Île-du-Prince-Édouard en 2008 qu'il y aurait de longs délais pour le traitement de ce nombre inhabituellement élevé de demandes.

Alexis Pavlich a attribué ces retards à la mauvaise gestion du programme par le gouvernement provincial.

Instauré en 2002 en vertu d'un accord entre Ottawa et la province, le programme de choix de candidats pour l'immigration de l'Île-du-Prince-Édouard a été annulé en 2008 parce qu'il ne respectait pas la réglementation fédérale. Il a depuis été revu et relancé.

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