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Bajé-Baj, un village iranien transformé en "fosse commune" par le séisme

12/08/2012 03:55 EDT | Actualisé 11/10/2012 05:12 EDT

"Ce village ressemble à une fosse commune", dit d'une voix cassée par une longue nuit de travail Alireza Haidari, qui à bord d'un bulldozer déblaye sans répit les gravats pour tenter de retrouver des survivants du séisme dans le nord-ouest iranien.

"Mais ce n'est pas le pire (...) il y a d'autres villages qui ont été détruits à 100%", confie-t-il à l'AFP, les traits tirés par la fatigue.

Village de 414 habitants, Bajé-Baj a été réduit en un amas de ruines par deux forts séismes qui ont frappé samedi après-midi la région montagneuse de Varzeghan, à une soixantaine de km au nord-ouest de Tabriz.

Plusieurs autres villages proches ont subi le même sort, leurs maisons de pisé ou de briques n'ayant pu résister aux secousses de magnitude 6,2 et 6.

Selon un bilan officiel provisoire qui risque de s'alourdir, 250 personnes ont été tuées et plus de 2.000 blessés dans la région.

Dimanche matin, c'était un paysage de désolation qui s'offrait aux yeux des secouristes et des habitants ayant survécu au sinistre.

"Nous avons passé la nuit dehors dans le froid avant que les équipes du Croissant-Rouge n'arrivent à quatre heures du matin et distribuent des tentes et des couvertures, des vêtements", dit un rescapé âgé d'une trentaine d'années.

De la nourriture et de l'eau ont également été distribuées.

Une vingtaine de femmes, portant le voile traditionnel noir ou un voile rural plus fleuri, gémissent et pleurent alors qu'une dizaine d'hommes habillés en noir en cette période de deuil chiite pour l'anniversaire de la mort de l'imam chiite Ali, sont assis dans un autre coin et sanglotent en silence.

Un peu plus loin, des hommes font bouillir de l'eau pour laver les corps des victimes qui doivent être enterrées rapidement comme le veut la tradition musulmane.

Sur le visage des survivants se lit la fatigue, mais aussi la douleur pour la perte de leurs proches, de leurs amis, de leur village.

"Les deux séismes étaient très puissants et les autorités mobilisent les hommes et les équipements des autres provinces pour nous venir en aide", a affirmé à l'AFP un jeune volontaire du Croissant-Rouge, en distribuant du pain et des couvertures aux rescapés.

Plusieurs milliers de tentes ont été distribuées pour héberger plus de 16.000 sinistrés.

Quand les deux séismes ont frappé en fin d'après-midi, les hommes étaient en train de travailler aux champs pour la récolte alors que les femmes et les enfants se trouvaient pour la plupart à la maison afin de préparer, en cette période de ramadan, le repas de rupture du jeûne après le coucher du soleil.

Selon Moharam Foroughi, le préfet de Varzeghan, "douze villages ont été détruits à 100% dans la région de Varzeghan. Chacun avait entre 900 et 1.000 habitants et 40% d'entre eux ont été tués". Mais il n'y a pas confirmation d'un tel bilan.

Sur les routes de la région se joue parfois une course contre la montre pour des ambulances fonçant à toute allure vers l'hôpital le plus proche en croisant souvent des véhicules des secouristes.

Les deux séismes, dont les épicentres se trouvaient respectivement à Ahar et Varzeghan, ont frappé la région à 16H53 (12H23 GMT) et 17H04 (12H34 GMT) samedi.

L'Iran est situé sur plusieurs failles sismiques importantes et a connu de nombreux tremblements de terre dévastateurs, dont celui qui avait touché la ville de Bam (sud) en 2003 faisant 31.000 morts.

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