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Au moins 250 morts dans deux séismes en Iran, fin des opérations de secours

12/08/2012 04:53 EDT | Actualisé 11/10/2012 05:12 EDT

Les secouristes iraniens ont mis fin dimanche aux opérations de déblaiement des décombres dans les villages dévastés par un double séisme ayant fait la veille au moins 250 morts et plus de 2.000 blessés en Iran.

"Les opérations de sauvetage sont terminées (...) Il n'y a plus personne sous les décombres", a déclaré Hassan Ghadami, responsable de la cellule de crise du ministère de l'Intérieur.

"Quelque 110 villages ont subi des dégâts et nous espérons que le bilan des victimes ne va pas s'alourdir", a-t-il ajouté.

Selon un autre responsable, douze villages aux maisons de brique ou de terre ont été totalement détruits par les deux séismes qui ont frappé samedi à dix minutes d'intervalles seulement la région montagneuse de Varzeghan, à une soixantaine de kilomètres au nord-ouest de Tabriz (nord-ouest de l'Iran).

Depuis, plus de 80 répliques de moindre importance ont frappé la région qui compte plus de 16.000 sinistrés.

Khalil Saie, chef du Centre des catastrophes naturelles de l'Azerbaïdjan oriental, a fait état de "250 morts et 2.000 blessés" selon un bilan provisoire qui pourrait s'alourdir.

La zone sinistrée compte une population de 128.500 personnes, dont une très large majorité vivent dans un peu plus de 530 villages, selon un responsable local.

Dans le village de Bajé-Baj, où vivent un peu plus de 400 personnes, on compte déjà 33 morts, en majorité des femmes et des enfants. Les corps sont regroupés à l'extérieur.

Des femmes sanglotent et gémissent autour d'une vingtaine de corps de proches alors que les hommes parcourent les ruines d'un air désespéré.

"Je travaillais sur mon tracteur à la ferme lorsque j'ai senti la secousse qui m'a fait tomber", a affirmé à l'AFP Ghanbar Mehdizade, un agriculteur de 40 ans.

"Dieu merci, ma famille travaillait avec moi dans le champ" et n'a pas été touchée, ajoute-t-il.

Dans les autres villages, certains n'étaient aussi chanceux. Dans le village de Mirza Ali Ghandi, Zeynab, une fillette de 13 ans, dit avoir "perdu sa soeur aînée de 16 ans et son frère de 8 ans".

Le ministre de l'Intérieur, Mohammad Najar, selon l'agence de presse Mehr, s'est rendu sur place dimanche matin avec la ministre de la Santé et le chef du Croissant-Rouge "sur ordre du président" Mahmoud Ahmadinejad "pour évaluer la situation et organiser les opérations".

Les équipes de secours et celles du Croissant-Rouge, venues de 14 provinces du pays, sont arrivées sur place la veille. Tentes, couvertures, vêtements, nourriture et eau sont distribués aux sinistrés.

Selon un porte-parole du Croissant-Rouge iranien Hossein Derakhshan "5.626 tentes ont été distribuées ainsi que 18.000 conserves de nourriture".

Les deux séismes d'une magnitude de 6,3 et 6,4 -- selon l'Institut de d'études géologiques américain --, dont les épicentres se trouvaient respectivement à Ahar et Varzeghan, ont frappé la région à 16H53 (12H23 GMT) et 17H04 (12H34 GMT) samedi.

La plupart des hommes travaillaient aux champs au moment de la catastrophe alors que les femmes et les enfants étaient à la maison, ce qui explique que la plupart des victimes soient des femmes et des enfants.

Les maisons ont tremblé aussi à Tabriz, et les habitants, terrifiés, sont sortis dans les rues. Mais il n'y a pas eu de mort dans cette grande ville.

L'Iran est situé sur plusieurs failles sismiques importantes et a connu de nombreux tremblements de terre dévastateurs.

Le séisme le plus meurtrier ces dernières années a tué 31.000 personnes, soit un quart de la population, dans la ville de Bam (sud) en décembre 2003.

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