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Syrie: Ban pour une présence de l'ONU après la mission des observateurs

11/08/2012 12:09 EDT | Actualisé 11/10/2012 05:12 EDT

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon s'est prononcé samedi pour le maintien d'une "présence effective et souple" de l'ONU en Syrie après la fin du mandat de ses observateurs, notamment pour soutenir la médiation du successeur de Kofi Annan.

Dans une lettre adressée aux 15 pays membres du Conseil de sécurité en prévision de l'échéance du mandat de la Mission de supervision de l'ONU (Misnus), le 19 août, et dont l'AFP a obtenu copie, M. Ban préconise une "présence de l'ONU en Syrie qui irait au-delà de l'aide humanitaire (..) et permettrait d'avoir des rapports systématiques et constructifs avec les parties syriennes", ainsi que "d'évaluer la situation sur le terrain".

"J'estime que l'ONU doit impérativement avoir une présence en Syrie (...) pour m'aider à m'acquitter de ma mission de bons offices et aider en particulier l'envoyé spécial conjoint à s'acquitter de son rôle de médiation et de facilitation d'un solution pacifique", écrit M. Ban: "L'ONU ne peut pas cesser d'aider le peuple syrien à trouver une solution à cette crise. Au contraire, nous devons nous adapter à la situation et poursuivre nos efforts".

Le Conseil a prolongé le mandat de la Misnus jusqu'au 19 août mais en avertissant que la mission quitterait la Syrie si d'ici là les conditions de sécurité et les perspectives de réglement politique ne s'amélioraient pas grandement.

Les 15 pays membres du Conseil doivent en débattre le 16 août et sont divisés. Les Etats-Unis, notamment, sont très sceptiques sur la possibilité de prolonger une nouvelle fois la mission. La Russie pour sa part prône un renouvellement du mandat de la Misnus, qui doit selon Moscou garder des capacités de "surveillance militaire".

L'ambassadeur français à l'ONU, Gérard Araud, qui préside le Conseil en août, avait pronostiqué il y a quelques jours que la Misnus quitterait le pays à la fin de son mandat. "Je ne vois pas de scénario, sauf changement sur le terrain, qui permettrait le maintien de la mission", avait-il expliqué.

Dans sa lettre, M. Ban constate d'emblée que les conditions fixées par le Conseil pour un maintien de la Misnus sous sa forme actuelle, notamment la cessation de la violence, ne sont pas remplies. Il ne va cependant pas jusqu'à recommander formellement le retrait des observateurs au 19 août.

"La cessation de l'usage des armes lourdes, ainsi que la réduction du niveau de violence par toutes les parties susceptible de permettre à la Misnus de s'acquitter de son mandat (...) ne se sont pas matérialisées", souligne M. Ban. "En conséquence, la Mission n'a pas été en mesure d'exercer ses fonctions clés qui consistent à observer la cessation de la violence".

Après la démission le 3 août de Kofi Annan, l'ONU et la Ligue arabe doivent nommer dans les prochains jours un nouveau médiateur. D'après des diplomates à l'ONU, l'ancien ministre algérien des Affaires étrangères Lakhdar Brahimi est pressenti mais il n'aurait pas encore donné sa réponse définitive.

Les ministres arabes des Affaires étrangères se réunissent dimanche en Arabie saoudite pour discuter du conflit en Syrie et du remplacement de Kofi Annan.

La Misnus pourrait céder la place à un "bureau de liaison politique qui aurait surtout pour fonction d'assister le nouvel envoyé spécial" de l'ONU et de la Ligue arabe, a commenté un diplomate, qui estime que "le niveau actuel de violence rend difficile le maintien des observateurs".

Les observateurs, déployés en avril, ont suspendu depuis la mi-juin la plupart de leurs activités sur le terrain et leur nombre a été réduit de moitié, de 300 à 150 militaires non armés.

avz/mdm

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