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Syrie: attentats à Damas et bombardements au nord de la capitale

11/08/2012 11:57 EDT | Actualisé 11/10/2012 05:12 EDT

DAMASCUS, Syria - DAMAS (Sipa) — Des explosions et des tirs ont de nouveau ébranlé samedi Damas, où des hommes armés ont fait sauter deux bombes et ouvert le feu en plein coeur de la capitale syrienne, selon les médias d'Etat. Ces attaques n'ont toutefois pas fait de blessés. A la périphérie nord de la ville, l'armée a poursuivi son bombardement du faubourg d'Al-Tal, où trois journalistes d'une chaîne TV pro-gouvernementale et leur chauffeur avaient été enlevés la veille.

L'une des explosions a secoué le quartier de Marjeh, au coeur de Damas. Un engin explosif placé sous un arbre et contrôlé à distance a sauté au passage d'un véhicule transportant des soldats, a déclaré à l'Associated Press un responsable syrien sur les lieux de l'explosion.

L'explosion, qui n'a pas fait de victimes, s'est produite à une centaine de mètres du Four Seasons, l'un des plus luxueux hôtels de Damas. Après la déflagration, des hommes armés ont ouvert le feu sur des civils pour "provoquer la panique", a rapporté l'agence officielle SANA. Au même moment, un autre engin explosait près du stade Tichrine, à moins d'un kilomètre de là, selon SANA.

Toujours d'après l'agence officielle, des membres des forces de sécurité traquaient les assaillants après les deux explosions. Des habitants de la capitale ont signalé avoir entendu une forte déflagration suivie de tirs qui ont duré plusieurs minutes.

Le mois dernier, les forces du régime du président Bachar el-Assad avaient annoncé avoir repoussé une offensive des insurgés dans le centre de Damas après une semaine d'intense combats. Mais les combattants de l'opposition effectuent encore des incursions dans le coeur de la ville pour mener des attaques sporadiques et restent actifs dans les faubourgs, comme celui d'Al-Tal, au nord de Damas, où de violents combats opposent des hommes de l'Armée syrienne libre (ASL) aux forces gouvernementales.

Dans cette banlieue, quatre employés de la chaîne pro-gouvernementale Al-Ikhbariya ont été enlevés vendredi par des "terroristes" alors qu'ils couvraient les violences, a fait savoir samedi Imad Sarah, directeur général de la chaîne, employant la terminologie du régime pour désigner les insurgés.

D'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, au moins six personnes ont été tuées vendredi dans les bombardements sur ce faubourg damascène qui ont fait fuir nombre d'habitants. Des insurgés ont incendié un char lors des combats, selon l'OSDH.

Mohammed Saïd, un opposant basé à Al-Tal, a précisé que l'armée attaquait cette ville depuis jeudi, des hélicoptères de combat mitraillant des zones déjà frappées par les obus de mortier et d'artillerie. "La situation est très grave et la ville est complètement assiégée, a-t-il dit en précisant que de nombreux résidants étaient des personnes ayant fui les combats dans d'autres quartiers de Damas.

Alors que l'ALS assure qu'elle ne vise pas les journalistes et n'a jamais revendiqué de tels enlèvements, les observateurs soulignent que l'insurrection est constituée de différents groupes. Depuis le début du soulèvement contre le régime en mars 2011, les journalistes de la presse officielle ou proche du régime alaouite ont fait l'objet de plusieurs attaques.

En juin, des inconnus armés ont tué sept employés d'Al-Ikhbariya lors d'un raid contre le siège de la chaîne à Damas. Mardi, ce sont les locaux de la télévision d'Etat dans la capitale qui ont été visés par un attentat à l'explosif faisant plusieurs blessés et d'importants dégâts matériels.

Les insurgés ont également intercepté la semaine dernière un autocar transportant 48 Iraniens le 4 août dernier au sud de Damas. Ils affirment qu'il s'agit de militaires et de pasdarans en "mission de reconnaissance" pour aider le régime de Bachar el-Assad. Téhéran affirme qu'il s'agit de simples pèlerins venus visiter le sanctuaire chiite de Saïda Zeïnab près de Damas.

Face à l'aggravation du conflit en Syrie, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a eu des entretiens avec les dirigeants turcs samedi à Istanbul et a rencontré également des réfugiés et des membres de l'opposition syrienne.

Avec son homologue turc Ahmed Davutoglu, elle a annoncé la création d'un groupe de travail bilatéral pour se préparer à d'éventuels scénarios catastrophe en Syrie, comme l'usage d'armes chimiques par le régime alaouite contre ses adversaires. Il est temps de passer à une "préparation opérationnelle très intensive", a souligné Mme Clinton, alors que, selon des sources américaines, Washington s'apprête à prendre de nouvelles sanctions contre le régime alaouite.

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