NOUVELLES

Paul Ryan, un chantre de la discipline budgétaire

11/08/2012 11:09 EDT | Actualisé 11/10/2012 05:12 EDT

Paul Ryan, choisi samedi par le candidat républicain à la Maison Blanche Mitt Romney pour être son colistier, est un élu conservateur du Wisconsin (nord) qui s'est fait le chantre de la discipline budgétaire.

Visage émacié et physique élancé, Paul Ryan est à 42 ans l'un des espoirs du parti républicain. Il est devenu en 2011 l'un des membres les plus influents de la Chambre des représentants, en prenant la tête de la très influente commission du Budget et en s'attaquant à l'un des dossiers les plus conflictuels avec les démocrates: la faramineuse dette de l'Etat.

Loin d'être un nouveau venu en politique, il a été sept fois élu à la Chambre et a travaillé au Capitole, siège du Congrès des Etats-Unis, pendant près de la moitié de sa vie.

Pour beaucoup de conservateurs désireux de disposer d'un candidat à la vice-présidence audacieux pour contrebalancer le modéré Mitt Romney, aux positions jugées douteuses sur l'avortement ou le mariage homosexuel, Paul Ryan, avec son charisme, semblait le choix idéal.

Originaire du Wisconsin, où il vit toujours avec sa femme et ses trois enfants, il plaide pour donner une nouvelle direction à l'économie, et a proposé en début d'année un projet de budget censé "montrer comment (...) sauver ce pays de futures dettes, doutes et déclin".

Si son texte, adopté en mars par la Chambre aux mains des républicains et qui propose de sabrer 5 milliards de dollars de dépenses sur les dix prochaines années, n'a pas la moindre chance de passer le cap du Sénat dominé par les démocrates, il porte en lui la position du camp conservateur sur la réduction du déficit sans augmenter les impôts mais en coupant dans les programmes fédéraux.

Au cours de son premier discours de candidat à la vice-présidence, samedi matin à Norfolk (Virginie), M. Ryan n'a pas manqué de critiquer les politiques "malavisées" du président Barack Obama: "Le chômage important, les revenus en baisse, la dette écrasante ne devraient pas constituer une nouvelle norme".

Né et élevé à Janesville, dans le sud-est du Wisconsin, comme plusieurs générations avant lui, Paul Ryan, catholique pratiquant, reste marqué par la mort de son père alors qu'il était au lycée. Une perte qui a poussé cet étudiant sérieux à se renfermer sur lui-même, à rejoindre les clubs de latin et d'histoire à l'école, et à dévorer les livres de la théoricienne du capitalisme Ayn Rand.

"J'ai grandi très vite", confiait-il dans un entretien au New Yorker.

Travaillant dès le début des années 1990 pour un sénateur du Wisconsin, puis comme rédacteur de discours de Jack Kemp, candidat à la vice-présidence des Etats-Unis en 1996, Ryan sera lui-même élu au Congrès à 28 ans.

Grimpant dans les rangs du parti républicain, il se bat en 2004 pour tenter de privatiser la "Social Security", filet de sécurité du gouvernement pour les retraités, présageant déjà des futurs débats à venir.

Nombre de conservateurs influents ont fait pression sur Mitt Romney pour qu'il choisisse comme colistier ce jeune faucon prêt à mettre sur la table des dossiers explosifs.

A l'inverse, certains experts doutent du bien-fondé de ce choix destiné à satisfaire la base conservatrice du parti et estiment que Mitt Romney pourrait ne pas convoiter le bon électorat en vue de l'élection du 6 novembre.

mlm/sam/mra/mdm

PLUS:afp