Mitt Romney a choisi Paul Ryan comme colistier dans la course à la Maison Blanche. Le candidat républicain en a fait l'annonce samedi matin, à Norfolk, en Virginie.

L'équipe de campagne de Romney avait confirmé l'information dans un bref communiqué publié un peu plus tôt dans la matinée. « Romney-Ryan, c'est le ticket républicain », indiquait le texte.

« Ses qualités de leader s'illustrent d'abord par ses traits de caractère et ses valeurs (...) Paul Ryan travaille à Washington mais ses racines demeurent à Janesville, au Wisconsin », a déclaré l'ancien gouverneur du Massachusetts en présentant son colistier comme le « leader intellectuel du Parti républicain ».

De son côté, Paul Ryan a promis de « restaurer la grandeur » des États-Unis si les deux hommes sont élus en novembre.

L'équipe de Barack Obama n'a pas tardé à réagir par voie de communiqué. « Comme membre du Congrès, Ryan a approuvé les politiques économiques imprudentes de (George W.) Bush qui ont conduit à faire exploser notre déficit et ont ruiné notre économie », assure Jim Messina, le directeur de campagne du président sortant. Selon lui, le député du Wisconsin défend une vision « radicale » et « mauvaise » de l'économie qui conduirait à répéter des erreurs « catastrophiques » si elle était appliquée.

Une longue carrière à Washington

Âgé de 42 ans, Paul Ryan n'est pas un nouveau venu en politique. Il a été sept fois élu à la Chambre des représentants et a il a travaillé au Capitole, siège du Congrès des États-Unis, pendant près de la moitié de sa vie.

L'élu du Wisconsin est présentement président de la Commission du Budget à la Chambre des Représentants, où il défend un programme fiscal et budgétaire que les démocrates jugent particulièrement pénalisant pour les plus pauvres.

Paul Ryan plaide notamment pour une nouvelle direction générale de l'économie. Il avait proposé en début d'année un projet de budget censé « offrir à la nation une meilleure voie pour l'avenir » et « montrer comment nous prévoyons de sauver ce pays de futures dettes, doutes et déclin ».

Un choix crucial

Cette décision, la plus importante que Mitt Romney ait prise depuis le lancement de sa campagne présidentielle, intervient à deux semaines de la convention nationale du Parti républicain à Tampa, en Floride. Convetion durant laquelle Romney et son colistier seront officiellement investis pour affronter en novembre le président sortant Barack Obama et son vice-président Joe Biden.

Les conservateurs avaient appelé Romney à faire ce pari. « Choisis Paul Ryan, le leader intellectuel du Parti républicain, l'homme qui a posé les jalons du programme politique de l'après-Obama », a par exemple écrit l'analyste néoconservateur William Kristol, dans le magazine Weekly Standard.

Dans un éditorial publié jeudi, le Wall Street Journal avait lui aussi appuyé le choix de Paul Ryan, qui « illustre la nature et les enjeux de cette élection. Plus que tout autre homme politique, le président de la Commission du budget a bien défini ces enjeux comme un choix de génération sur le rôle du gouvernement » dans l'économie.

Le choix de Mitt Romney s'avère toutefois risqué. Des experts considèrent le programme fiscal et budgétaire de Ryan comme de la « dynamite politique » que l'ancien gouverneur du Massachusetts devra assumer.

L'équipe de campagne du président Obama s'est d'ailleurs échinée à démolir le programme fiscal de son adversaire, présenté comme une sorte de « Robin des Bois à l'envers », prônant les exemptions d'impôts pour les millionnaires au détriment des plus démunis.

L'annonce de ce samedi intervient également à un moment délicat pour Mitt Romney, alors que les sondages donnent à Barack Obama une nette avance sur son rival républicain à trois mois de la présidentielle de novembre.

Le président sortant distance son adversaire tant dans les enquêtes d'opinion nationales que dans la plupart de la dizaine d'États « indécis » qui détermineront l'issue du scrutin du 6 novembre.

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