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Mitt Romney choisit le représentant Paul Ryan comme colistier

11/08/2012 04:37 EDT | Actualisé 10/10/2012 05:12 EDT

NORFOLK, États-Unis - Le candidat républicain à la Maison Blanche Mitt Romney a annoncé samedi à Norfolk avoir choisi comme colistier un représentant du Wisconsin, Paul Ryan, qui deviendra son vice-président en cas de victoire à l'élection présidentielle de novembre.

"Le choix de Mitt comme VP (colistier) est Paul Ryan", a déclaré M. Romney dans un message adressé à ses partisans sur leurs téléphones portables. La première réunion publique du "ticket" républicain s'est tenue samedi matin à Norfolk, coup d'envoi d'une tournée électorale de quatre jours en Caroline du Nord, Virginie, Floride et Ohio, quatre Etats stratégiques, remportés par Barack Obama lors de la présidentielle de 2008.

La désignation de Paul Ryan intervient à deux semaines de la convention du Parti républicain à Tampa (Floride), fin août, qui investira officiellement Mitt Romney et son colistier.

Agé de 42 ans — 23 de moins que Mitt Romney — Paul Ryan est élu du Wisconsin, son État natal, depuis 1998. Il préside l'influente Commission du Budget à la Chambre des Représentants, où il défend un programme fiscal et budgétaire controversé, considéré par les démocrates comme particulièrement pénalisant pour les plus pauvres et les plus âgés.

Paul Ryan, souligne l'équipe de campagne de Mitt Romney, a oeuvré au Congrès à "éliminer le déficit fédéral" et à "réformer le code des impôts", des positions qui lui valent la sympathie du Tea Party. Ce soutien va s'avérer utile à Mitt Romney, qui peine à séduire la frange la plus conservatrice du Parti républicain en raison de positions jugés trop centristes.

Dans le même temps, le camp Romney peut s'attendre à voir redoubler les critiques contre un programme budgétaire préconisant de fortes baisses d'impôts et une réduction des dépenses de 5300 milliards de dollars sur dix ans, grâce notamment à des coupes ou réformes dans divers programmes fédéraux dont les assurances santé aux personnes à faibles ressources (Medicaid) et aux plus âgées (Medicare).

Dans un éditorial jeudi, le "Wall Street Journal" a appuyé le choix de Paul Ryan, qui "illustre la nature et les enjeux de cette élection. Plus que tout autre homme politique, le président de la Commission du budget a bien défini ces enjeux comme un choix de génération sur le rôle du gouvernement" dans l'économie.

L'annonce du colistier intervient alors que Mitt Romney perd du terrain dans les sondages face à Barack Obama. Mais la situation économique, un des principaux enjeux de l'élection présidentielle américaine, pourrait constituer un handicap pour le président sortant.

Cofondateur dans les années 80 d'une firme d'investissement, disposant d'une importante fortune personnelle, Mitt Romney met en avant depuis le début de la campagne sa connaissance de l'économie et du monde des affaires. Lors de leur premier meeting samedi à Norfolk, Mitt Romney et Paul Ryan ont attaqué le bilan économique de Barack Obama, un "échec". Le taux de chômage, a souligné M. Ryan, dépasse 8 pour cent depuis plus de trois ans, tandis que la croissance n'a jamais aussi été faible en "70 ans".

Pour l'anecdote, Mitt Romney a commis un lapsus en présentant au public Paul Ryan comme le prochain président américain, avant de se reprendre aussitôt. "De temps en temps, on le sait, je fais une erreur", a expliqué M. Romney, auteur fin juillet d'une bourde retentissante: il avait exprimé, lors d'un déplacement en Grande-Bretagne, ses doutes sur le degré de préparation des Jeux olympiques de Londres...

Cette fois, "je n'ai pas fait d'erreur avec ce gars", a lancé Mitt Romney à propos de son colistier. "Je peux vous dire ceci, ce sera le prochain vice-président des Etats-Unis", a-t-il ajouté.

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