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Le président de Guinée-Bissau met fin à la mission de cinq ambassadeurs

11/08/2012 10:36 EDT | Actualisé 11/10/2012 05:12 EDT

Le Président de transition de Guinée-Bissau, Manuel Serifo Nhamadjo, a mis fin par décret à la mission de cinq ambassadeurs de son pays en poste à Lisbonne, Paris, Bruxelles, Dakar et à l'ONU, a appris samedi l'AFP auprès du ministère bissau-guinéen des Affaires étrangères.

Le décret présidentiel, en date du 7 août, ne donne pas de raison spécifique sur les raisons de cette décision.

"Il n'y a pas de critère particulier, nous respectons une règle de l'administration", a affirmé le ministre bissau-guinéen des Affaires étrangères, Faustino Fudut Imbali. "Certains sont en poste depuis plusieurs années, c'est normal qu'ils soient appelés à d'autres postes ou fonctions" a-t-il ajouté.

Mais pour de nombreux observateurs à Bissau, cette décision s'apparente au limogeage d'ambassadeurs qui étaient considérés comme proches de l'ancien Premier ministre Carlos Gomes Junior qui les avait nommés et a été renversé lors d'un coup d'Etat le 12 avril.

L'ancien ambassadeur à Luanda, le colonel Manuel Dos Santos, un vétéran du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap Vert (PAIG, ex-parti au pouvoir), a été nommé à l'ONU par les nouvelles autorités de transition, mises en place après le retrait des putchistes du pouvoir.

Les ambassadeurs dans les pays de l'Union européenne (UE) ne devraient pas être remplacés à court terme, l'UE ne reconnaissant pas et sanctionnant le nouveau régime de transition qui a obtenu le soutien des militaires putschistes.

La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), à laquelle appartient la Guinée-Bissau, a levé pour sa part ses "sanctions globales", mais ce pays, où des élections générales doivent être organisées en 2013, reste "sous surveillance" de ses voisins.

La Guinée-Bissau, ex-colonie portugaise devenue indépendante en 1974 après une guerre de libération, est confrontée à une instabilité politique et militaire chronique dans laquelle l'armée joue un rôle prépondérant.

Ce pays est en outre devenu depuis 2005 une plaque tournante du trafic de cocaïne d'Amérique latine vers l'Europe dans lequel des officiers de haut rang sont soupçonnés d'être impliqués.

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