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Le chef de la sécurité syrienne soupçonné de préparer des attentats au Liban

11/08/2012 10:35 EDT | Actualisé 11/10/2012 05:12 EDT

Le patron de la sécurité syrienne, le général Ali Mamlouk, un colonel syrien ainsi que l'ancien ministre libanais Michel Samaha, proche de Damas, sont accusés par la justice libanaise d'avoir préparé des attentats au Liban, a affirmé samedi une source judiciaire à l'AFP.

Le général Mamlouk, Michel Samaha, arrêté jeudi, et le colonel Adnane sont accusés "de constitution d'un groupe en vue de provoquer des tueries interconfessionnelles et des actes terroristes par le moyen d'engins explosifs transportés et stockés par Michel Samaha", a déclaré cette source à l'AFP.

Les trois suspects sont aussi soupçonnés d'avoir préparé des assassinats de personnalités politiques et religieuses, selon cette source.

Un juge d'instruction du tribunal militaire a ordonné samedi le placement en détention de M. Samaha, a-t-elle précisé.

Au Liban, la justice militaire est compétente en matière de sécurité de l'Etat.

Le général Ali Mamlouk est devenu le 24 juillet chef du bureau de la Sécurité nationale, qui chapeaute l'ensemble de l'appareil sécuritaire syrien, avec rang de ministre, dépendant directement du président Bachar Al-Assad.

Ces révélations interviennent 48 heures après l'arrestation à son domicile de Michel Samaha par une unité des services de renseignements des Forces de sécurité intérieure (FSI) à la demande du procureur général par intérim, Samir Hamoud.

Un responsable des services de sécurité avait expliqué que cette arrestation avait été menée en lien avec une affaire d'explosifs saisis, qui devaient être placés dans le nord du Liban.

Selon des indiscrétions publiées par la presse libanaise, Michel Samaha, confondu par des enregistrements, a reconnu les faits qui lui sont reprochés.

Les enregistrements ont été réalisés par un exécutant que M. Samaha a enrôlé et qui pris de panique par la mission assignée s'est rendu chez les FSI. Les Forces de sécurité intérieure lui ont demandé de jouer son rôle jusqu'au bout après l'avoir doté d'un bouton de veste servant de caméra cachée.

Le général Mamlouk, 66 ans, est un sunnite de Damas, ayant fait toute sa carrière dans le renseignement et ayant su gagner la totale confiance du président Assad. Sa nomination à la tête de la Sécurité nationale est intervenue après un attentat le 18 juillet qui a décimé l'appareil sécuritaire du régime.

Cet officier était depuis 2005 à la tête de la Sûreté de l'Etat, principal service de sécurité et le seul à être directement rattaché à la présidence.

Il était chargé de la lutte anti-terroriste et entretenait à ce titre des relations avec les services de renseignement étrangers, lorsque Damas avait tenté de faire bonne figure auprès de l'Occident.

En avril 2011, peu après le déclenchement du soulèvement contre le président Assad, le gouvernement américain a imposé des sanctions à l'encontre du général Mamlouk, le tenant pour responsable d'abus dans le domaine des droits de l'Homme, dont l'usage de la violence contre les civils.

L'Union européenne a également décidé en mai de sanctions à l'encontre de l'officier, pour son rôle dans la répression des manifestations anti-régime.

Un câble diplomatique américain datant de 2007 et révélé par Wikileaks évoque ses "activités contestables relatives au Liban et sa répression de la société civile syrienne et de l'opposition interne".

cs-ao/cco

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