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La Birmanie autorise des secours islamiques aux Rohingyas (OCI)

11/08/2012 09:39 EDT | Actualisé 11/10/2012 05:12 EDT

L'Organisation de coopération islamique (OCI) a annoncé samedi avoir obtenu l'accord du gouvernement birman pour apporter des secours aux déplacés de la minorité musulmane des Rohingyas en Birmanie.

Ce feu vert a été obtenu au terme d'un entretien qu'une délégation de l'OCI a eu vendredi à Rangoun avec le président birman Thein Sein au sujet de "la situation humanitaire déplorable dans l'Etat de Rakhine", a ajouté l'organisation pan-islamique dans un communiqué.

Accompagnée de représentants du Croissant rouge du Qatar et du Koweït, la délégation a assuré M. Thein Sein de "la disposition d'organisations humanitaires islamiques à apporter des secours aux habitants de l'Etat de Rakhine, sans discrimination", selon le texte.

Dans la foulée, le roi Abdallah d'Arabie saoudite a décidé samedi l'octroi d'une aide de 50 millions de dollars aux Rohingyas, victimes, selon l'agence officielle saoudienne Spa, de "violations des droits de l'Homme, dont une épuration ethnique, des meurtres, des viols et des déplacements forcés".

Cette aide a été décidée pour répondre "aux besoins des musulmans (en Birmanie) et alléger leurs souffrances", a ajouté l'agence.

Des violences entre bouddhistes et musulmans ont fait officiellement environ 80 morts en juin dans l'Etat de Rakhine, dans l'ouest du pays. Sept autres personnes ont été tuées dimanche dernier dans un nouvel épisode de violence, selon les autorités de cet Etat.

Le 5 août, le secrétaire général de l'OCI Ekmeleddin Ihsanoglu avait prôné la création d'une commission d'enquête islamique, en dénonçant notamment un "nettoyage ethnique commis par le gouvernement birman contre les musulmans Rohingyas".

Le président Thein Sein, cité vendredi par le quotidien d'Etat New Light of Myanmar, a réagi en invitant M. Ihsanoglu à "visiter la Birmanie et à se rendre compte de la réalité".

La question des Rohingyas figure à l'ordre du jour d'un sommet islamique, prévu mardi à La Mecque à l'initiative de l'Arabie saoudite.

Des organisations de défense des droits de l'Homme ont accusé les forces de sécurité birmanes d'abus pendant et après les violences communautaires, en particulier contre les Rohingyas, et l'ONU s'est inquiétée d'une répression visant la communauté musulmane.

Quelque 800.000 Rohingyas vivent confinés dans l'Etat de Rakhine et ne font pas partie des groupes ethniques reconnus par le régime birman.

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