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JO-2012/Foot-messieurs: Copacabana douché par la malédiction olympique

11/08/2012 02:05 EDT | Actualisé 11/10/2012 05:12 EDT

Ecrans plats, groupe de samba, jeunes filles sculpturales en mini-shorts, ciel azur: tout était prêt samedi pour célébrer la première médaille d'or olympique de l'histoire de la sélection brésilienne de football sur la mythique plage de Copacabana. En vain.

Car la malédiction de la Seleçao, quintuple championne du monde de football à qui l'or olympique échappe obstinément, s'est une nouvelle fois abattue sur le Brésil, défait 2 à 1 par le Mexique en finale du tournoi à Londres.

"Je suis triste pour le peuple brésilien qui méritait cette victoire. L'équipe n'a pas mal joué, mais il faut se contenter de l'argent", se résout Cruz Mendes, "nom d'artiste Tiago Neymar", 27 ans, même coupe de cheveux à l'iroquoise que le vrai Neymar, l'avant-centre malheureux du Brésil.

Boucle d'oreilles dorées, crucifix argent en pendentif, cet employé en pharmacie avait enfilé pour l'occasion la tenue complète auriverde de la Seleçao, jonglant avec un ballon pour les caméras, distribuant les interviews très langue de bois, comme un vrai "pro".

Cette défaite, finalement "c'est une bonne leçon. Il va falloir travailler pour gagner ici les JO de Rio dans quatre ans".

En tenue de foot ou juste maillot de bain, plusieurs centaines de fans s'étaient massés dans une ambiance de fête à Leme, à l'extrémité de la plage de la baie de Copabana, sirotant une bière ou une noix de coco.

Des musiciens de la fameuse école de samba Beija Flor, chauffaient l'ambiance, par une de ces journées "d'hiver" dont Rio de Janeiro a le secret. 28 degrés à l'ombre... Pas un nuage à l'horizon.

Sous le kiosque monté spécialement par Record TV -- la chaîne d'un "évêque" évangéliste qui a raflé les droits de retransmission des Jeux à la toute puissante TV Globo pour quelques dizaines de millions de dollars--, on dansait pour fêter l'or promis.

Mais le Mexique a vite douché l'enthousiasme des Cariocas en marquant au bout de 28 secondes. Après le deuxième but du Mexique, les visages étaient crispés.

Sur la plage, des milliers de Cariocas bronzés ignoraient totalement le spectacle, étendus à l'ombre de parasols rouges ou jouant au beach-volley.

Francisco Barroni, cinquantaine grisonnante, la peau tannée, s'est accordé une pause pour voir le match. Pendant la semaine, cet ancien joueur de foot professionnel travaille à la poste. Le week-end, il vend des biscuits sur la plage: "Ca aide parce que la fin du mois est difficile avec le prix des loyers à Rio".

"Avant on jouait pour le maillot, maintenant c'est pour l'argent", grommelle-t-il en voyant évoluer la Seleçao. Pendant sa carrière de joueur, dans les années 1970-80, il gagnait 10.000 reais par mois (environ 4.000 euros). Une misère, comparé aux salaires princiers des joueurs d'aujourd'hui.

"Goooooool do Braziiiiiiillllllll!!!": le hurlement du commentateur au moment où le Brésil revint au score en toute fin de match réveillait l'assistance. Mais l'espoir et les cris ne durèrent que deux minutes.

Au coup de sifflet final, la foule se dispersait rapidement. Francisco Barroni repartait vendre ses biscuits. Seule la plage était d'or.

pal/jmt

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