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«Is Your Love Big Enough?»: Lianne La Havas, une star est née

11/08/2012 11:07 EDT | Actualisé 11/10/2012 05:12 EDT
Tamy Emma Pepin

Née en Angleterre d'un père grec et d'une mère jamaïcaine, Lianne La Havas connaît un succès fulgurant depuis son passage à la célèbre émission musicale de la BBC, "Later with Jools Holland" en octobre dernier. C'est là que Justin Verner du groupe Bon Iver l'a remarquée. Quelques mois plus tard, elle faisait la première partie de son spectacle au Métropolis de Montréal.

Sur le web, la chanson "No Room for Doubt", une collaboration avec Willy Mason a été partagée des centaines de milliers de fois. Certains internautes parlent de la chanteuse la plus talentueuse de l'année, alors que d'autres la comparent à Adele, Corinne Bailey Rae ou Erykah Badu. Parmi ses fans, elle a même reçu les éloges de Prince et Stevie Wonder, tous les deux tombés sous le charme de sa voix feutrée, son sourire désarmant et sa musique soul-folk. Ce n'est pas rien pour une jeune femme de 22 ans qui vient à peine de lancer son premier album.

Paru mardi dernier au Canada, Is Your Love Big Enough? est un opus très personnel pour l'auteure-compositrice-interprète qui nous dévoile ses histoires d'amour sous la forme de chansons à la fois rythmées (Forget) et plus calmes (Gone), parfois même presque a capella (Don't wake me up).

Le Huffington Post Québec a rencontré Lianne La Havas alors qu'elle était de passage à Montréal afin de faire la promotion de son album. Entretien.

Huffington Post Québec (HPQ) :Vous vous dévoilez de façon très intime sur ce premier opus. Le titre "Is Your Love Big Enough?", est-ce une question que vous posez à un amoureux ou à vous-même? Avez-vous fini par trouver une réponse?

Lianne La Havas (LLH): Ha! C'est une question que je m'adressais. Je me devais de me répondre à moi-même. Je voulais simplement représenter en paroles comment je me sentais, c'est-à-dire submergée de bonheur, après avoir pris le temps de reconnecter avec moi-même et de passer du temps seule à New York, en juillet 2011. Je devais écrire des chansons, car je venais de signer un contrat de disques, mais je n'avais pas de nouveau matériel. Cette période m'a aidée à me concentrer. Je pensais à mes émotions et à quel point j'étais heureuse lorsque j'ai retrouvé mon rythme d'écriture.

HPQ: Vous écrivez, jouez des instruments de musique et vous chantez. Quel talent avez-vous développé en premier?

LLH: Mon père m'a acheté mon premier clavier lorsque j'ai eu 7 ans. J'ai adoré, donc je me suis pratiquée, puis j'ai commencé à chanter et ça me plaisait. Mon père jouait de la musique, il touchait à tous les instruments qui lui tombaient sous la main. Il jouait du jazz et de la musique grecque. Ma mère est jamaïcaine. Lorsque j'étais jeune, elle écoutait beaucoup de soul et de r&b, comme Jill Scott et Mary J Blige.

HPQ: L'émotion ressentie dans votre vidéo Empty (Tour Bus Session) me fait beaucoup penser à Lauryn Hill sur son album Unplugged. C'est une influence importante pour vous?

LLH: J'adore la voix de Lauryn. Son âme, ses paroles. Ce n'est qu'avec Unpluggged que j'ai su qu'elle jouait aussi de la guitare. Je l'adorais aussi dans les Fugees et c'est d'ailleurs en regardant le film Sister Act 2 que j'ai su que je voulais vraiment chanter.

HPQ: Is Your Love Big Enough? a été réalisé par Matt Hayes, mieux connu sous le nom d'Aqualung. Pouvez-vous nous parler de votre collaboration et du processus créatif? Je crois d'ailleurs que vous êtes des amis de longue date?

LLH: Matt est un de mes meilleurs amis. Je suis devenue très proche de lui ainsi que de sa famille pendant la réalisation de l'album. Je ne sens jamais que je travaille avec lui. Il est mon complice, je sens qu'on complète nos phrases musicales. J'écris sur la guitare et lui sur le piano, donc parfois j'écris un couplet et il m'aide à définir comment on pourrait mettre le tout ensemble, avec le refrain. Parfois il a une idée au piano, et j'ajoute la guitare. C'est différent à chaque fois, mais c'est toujours collaboratif et créatif.

HPQ: L'album a été enregistré entre New York et Los Angeles. Après avoir passé du temps dans les deux villes, croyez-vous que vous êtes plutôt une fille de la côte Est ou Ouest?

LLH: Quand je suis allée à Los Angeles la première fois, je me suis dit: «Wow! Je peux définitivement vivre ici!». À chaque fois que j'y retourne, je me sens à la maison. Mais New York est un endroit tellement unique. En plus, je n'ai pas besoin de voiture là-bas, contrairement à Los Angeles, et c'est tant mieux, car je ne sais pas conduire! Je n'ai pas encore eu le temps d'apprendre... mon copain m'a montré comment démarrer la voiture il y a deux semaines et j'ai conduit autour de la rue. J'aimerais beaucoup apprendre, mais mon horaire est super chargé, donc chaque chose en son temps!

HPQ: Le promoteur Evenko a récemment annoncé sur Twitter que vous serez en spectacle à Montréal le 13 septembre prochain. Y'a-t-il un(e) artiste que vous admirez sur scène?

LLH: Oui, définitivement! J'admire particulièrement Erykah Badu. C'est une de mes chanteuses et artistes préférées. Je l'ai vu en concert à New York et elle m'inspire énormément. Sa présence sur scène, sa livraison, son sens de l'humour, du théâtre. Elle est vraiment complète. Elle démontre tout son talent d'écriture, ses textes si personnels, son émotion, mais elle a aussi cet élément de spectacle et les visuels ainsi que le son sont époustouflants, même si l'expérience est intime.

HPQ: Vous faites le buzz autour du monde pour vos talents musicaux, mais vous êtes également une fashionista aguerrie. On le voit particulièrement dans votre vidéo Forget. Êtes-vous plutôt du genre vêtements de seconde main ou designer?

LLH: J'adore le vintage! Cela dit, si j'ai la chance d'emprunter du designer, je vais le faire sans hésiter (rires). Je développe d'ailleurs plusieurs relations avec des créateurs. À la Semaine de la Mode de Londres, j'étais invitée par Moschino afin de faire la musique pendant que les mannequins défilaient. J'aime beaucoup le défi d'habiller le corps d'une femme afin qu'elle se sente magnifique, peu importe sa forme. C'est d'ailleurs pourquoi que je suis si attirée par le vintage. J'adore les coupes. À cette époque, les vêtements étaient faits pour des femmes avec des courbes. C'est temps ci, je porte beaucoup de morceaux taille-haute et des tops courts.

HPQ: Quelles sont vos icônes de mode?

LLH: J'adore le film Annie Hall et le style de Diane Keaton. Toutes les années 70. Encore, c'est ce mélange de féminité avec un look tomboy. On peut avoir l'air vraiment désirable sans toujours se dénuder. Du même coup, j'adore aussi le style de Rihanna et Beyonce. Il y a également toute la mode que l'on retrouve dans les rues des villes cosmopolites. J'adore la mode de Brooklyn dans le quartier de Williamsburg. Ça regorge de boutiques vintage et le résultat est des looks assez éclatés. À Los Angeles, comme les gens ont beaucoup de tatouages, ils trouvent toujours des façons très créatives pour les montrer.

HPQ: Finalement, quel est l'ultime rêve au sommet de la liste de Lianne La Havas?

LLH: Je me sens super honorée de pouvoir vivre de ma passion. J'essaie de vraiment profiter de chaque moment. Mais si vous voulez me souhaiter quelque chose, j'aimerais beaucoup gagner un Grammy.

Avec ce premier opus, acclamé tant par la critique que le public, on ne pourrait s'en étonner. Is Your Love Big Enough? est disponible sur iTunes.