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François Coulombe-Fortier perd en quarts de finale et est éliminé

11/08/2012 08:29 EDT | Actualisé 11/10/2012 05:12 EDT

LONDRES - La journée de travail de François Coulombe-Fortier aux Jeux de Londres a peut-être duré seulement le temps de deux combats, samedi, mais l'athlète de Québec a savouré chaque instant.

«Chacun des moments, chacune des minutes, a-t-il lancé. J'espère ne pas avoir oublié aucune des secondes. C'était stressant! Mais je les ai vécues à fond. Il n'était pas question que je me laisse enlever le moindre moment à cause du stress.»

Malgré son élimination dès les quarts de finale de la compétition de taekwondo disputée chez les hommes de plus de 80 kg, Coulombe-Fortier n'a pas perdu de vue qu'il a également goûté à fond à l'olympiade qui a précédé. Et ce, en remontant même jusqu'au JO de Pékin en 2008, quand il avait servi de partenaire d'entraînement à Sébastien Michaud.

«Ça va prendre un peu de temps à digérér la défaite qui, en fait, n'est pas juste une défaite puisque c'est la fin de mon parcours olympique. Ç'a été plein d'émotions», a souligné Coulombe-Fortier, après s'être incliné 11-6 en quarts contre Daba Modibo Keita, un athlète de 31 ans du Mali qui a remporté le championnat du monde des plus de 84 kg en 2007.

Keita a mis fin aux espoirs du Québécois de 27 ans de poursuivre par le biais du repêchage quand il a subi la défaite à son combat suivant, en demi-finale.

«Ç'a été un très beau parcours qui a duré quatre ans, notamment jusqu'à ce que j'atteigne mon but en obtenant ma place aux Jeux olympiques au moyen des qualifications. Il y a eu des petites victoires à chacune des quatre années», a souligné celui qui a remporté son premier combat de la journée de samedi au compte de 7-3 contre le Russe Gadzhi Umarov.

«Évidemment, j'avais de grandes ambitions et je voulais aller chercher la première place ici, comme dans n'importe quelle compétition. Je suis satisfait de mes combats. Je me suis battu jusqu'au bout.»

Coulombe-Fortier, un athlète de six pieds trois pouces, a résisté tant bien que mal devant Keita, un géant de six pieds huit pouces. Il a même pris une avance de 5-4 au deuxième round, quand il a réussi un coup à la tête en passant sous la jambe déjà tendue de son adversaire. La plupart du temps, Keita a dû se contenter de récolter un point à la fois, seulement six de ses 11 points étant survenus à la suite de coups à la tête. Ceux-ci valent trois points, comparé à un point pour les coups portés à la poitrine.

«Le match se déroulait vraiment bien jusqu'à ce qu'il prenne les devants 8-5, a analysé Coulombe-Fortier. J'ai réussi de bons coups mais ce qui a fait la différence, c'est sa portée. J'ai l'habitude d'être le plus grand dans mes compétitions. Je me bats seulement une fois aux quatre ans chez les plus de 80 kg, donc avec des plus grands que moi. En temps normal, il y a huit catégories de poids et moi, je suis chez les moins de 87 kg.»

Coulombe-Fortier n'a jamais tiré de l'arrière contre Umarov.

Au moment où il menait 2-0, son entraîneur Alain Bernier a réussi à faire annuler trois points accordés provisoirement au Russe, dans la dernière seconde du premier round, en demandant l'étude de la reprise vidéo. Celle-ci a montré que Coulombe-Fortier avait évité avec succès le coup à la tête. Ce dernier a ensuite pris les devants 5-0 au deuxiême round et il n'a pas eu de mal à protéger son avance par la suite.

«François était dedans, il était bon, il était heureux. À voir ce qu'il dégageait par son attitude, c'était clair qu'il était content d'être là, a dit Bernier de son protégé. François méritait un meilleur sort, mais c'est le sport.»

Au fil des prochains mois et des prochaines années, Coulombe-Fortier va se souvenir de l'ampleur des Jeux, et de ce que ceux-ci représentent pour les athlètes qui y participent.

«C'est l'accomplissement d'un rêve. C'est gigantesque. Et ça, je veux le partager avec mes proches, avec tous ceux qui se sont entraînés pendant des années pour essayer d'atteindre le même but», a affirmé celui qui a l'intention d'y aller une année à la fois à partir de maintenant, sans écarter la possibilité de se rendre jusqu'aux JO de Rio de Janeiro en 2016.

D'ici là, Coulombe-Fortier va viser un premier podium en carrière à des championnats du monde.

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