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Fournel et Cochrane sont déçus d'avoir terminé septièmes en finale du sprint

11/08/2012 08:57 EDT | Actualisé 11/10/2012 05:12 EDT

WINDSOR, Royaume-Uni - Le kayakiste Hughes Fournel n'a pas ruminé très longtemps la déception que son coéquipier Ryan Cochrane et lui ont ressentie d'avoir fini septièmes de l'épreuve de sprint en K-2, samedi, aux Jeux olympiques de Londres.

Très ému, Fournel avait hâte de célébrer la conquête de la médaille de bronze de son «meilleur ami et coloc» Mark de Jonge, acquise peu de temps avant la finale en K-2.

«J'ai de la misère à être déçu parce que je suis tellement content pour mon meilleur ami, mon coloc avec lequel j'ai passé une année complète, 24 heures sur 24, qui a gagné une médaille», a lancé Fournel.

L'athlète natif de Dorval, qui s'entraîne au Lac-Beauport avec de Jonge et Cochrane, a assisté à la course de son ami dans un kayak sur le plan d'eau d'Eton Dorney. Il a suivi la cérémonie des médailles à la télé sous la tente.

«De gros frissons m'ont parcouru le corps et je ne suis pas gêné de dire que j'ai eu les yeux pleins d'eau, a-t-il confié. Honnêtement pour moi, c'est comme si un membre de la famille avait gagné une médaille. C'est un exploit incroyable. Mon meilleur ami est maintenant devenu mon héros. C'est fou!»

De Jonge, natif de Calgary, a procuré au Canada sa 18e médaille des Jeux de Londres, en terminant troisième du K-1 200 mètres messieurs.

De Jonge a réalisé un chrono de 36,657 secondes, n'étant devancé que par le Britannique Ed McKeever (36,246) et l'Espagnol Saul Craviotto (36,540).

«C'était très positif à voir avant notre course. J'étais encore plus motivé. Il nous avait dit qu'il nous montrerait la voie, et il l'a fait.»

Fournel et Cochrane n'ont toutefois pas été en mesure de ramer dans son sillon. Le duo a terminé à 1,889 seconde des champions olympiques, les Russes Yuri Postrigay et Alexander Dyachenko, auteurs d'un temps de 33,507 secondes. Les Bélarusses et Britanniques ont suivi, dans l'ordre.

«Nous sommes déçus parce que nous voulions offrir notre meilleure des performances, et pour nous c'était de monter sur le podium, pas de finir septièmes, a affirmé Fournel. Nous voulions une médaille, mais ce ne sera pas pour cette année. Les gars étaient plus forts que nous aujourd'hui.»

Les Canadiens ont dû composer avec un «gros vent de face» qui les a désavantagés parce qu'ils étaient un des duos les plus légers à la ligne de départ.

«Nous sommes de purs sprinters et le départ est notre principal atout, a dit Fournel. Ce n'est pas une excuse. C'était un coup de dé, la chance ne nous a pas favorisés. Je suis quand même fier. Je vais quitter Londres avec un bagage d'expérience que peu de gens peuvent dire qu'ils possèdent.

«Comme dirait mon coéquipier Adam van Koeverden, il y a sept milliards d'humains sur la planète et nous sommes septièmes au monde.»

Fournel et Cochrane, originaire de la Nouvelle-Écosse, croyaient réellement en leur capacité de créer la surprise, après avoir signé de bonnes performances en compétition de la Coupe du monde cette saison (troisièmes en Pologne et cinquièmes en Allemagne).

«Ça ne s'est pas passé comme nous le souhaitions, a repris Cochrane. C'est difficile à expliquer. Je suis animé de sentiments ambivalents. Une septième position, c'est respectable. Mais tout le monde veut être sur le podium, n'est-ce pas?»

Leur entraîneur Frédéric Jobin n'a également pas caché sa déception, en affirmant qu'ils sont meilleurs que ce qu'ils ont montré samedi.

«Qu'on dise qu'ils en étaient à leurs premiers Jeux olympiques, moi je n'embarque pas là-dedans. Quand tu t'alignes avec les autres au départ d'une finale, tu compétitionnes contre les mêmes gars qui sont aux Championnats du monde. Ce n'est pas du tout une excuse», a commenté Jobin, en minimisant aussi le facteur vent.

«Ils ont été meilleurs en finale, mais on voyait dès la demi-finale qu'ils n'étaient pas au sommet de leur forme, comme en Coupe du monde. C'est désolant, mais c'est comme ça.»

Jobin a laissé entendre qu'ils ont peut-être sapé de l'énergie, en prenant part à l'épreuve de 1000 mètres. Ils ont dû livrer trois courses, même si leur spécialité est le sprint.

Fournel, âgé de 23 ans, Cochrane, 29 ans, évoquaient déjà leur retour ensemble aux Jeux de Rio, en 2016.

«Ce n'est pas fini, je ne veux pas juste prouver à tout le monde que nous sommes capables, mais me prouver à moi-même que je peux être champion du monde ou champion olympique», a avancé Fournel.

Jobin était par ailleurs très heureux d'avoir vu Mark de Jonge lui procurer une deuxième médaille olympique comme entraîneur, après celle de bronze de Caroline Brunet en 2004.

«Cette médaille-là a une saveur particulière parce que Mark c'était un projet, a-t-il mentionné. Dans le cas de Caroline, elle était déjà au sommet de son art quand j'ai commencé à être son entraîneur.»

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