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Environnement: Legault modère la portée de ses engagements pour un 1er mandat

11/08/2012 11:20 EDT | Actualisé 11/10/2012 05:12 EDT

LAVAL, Qc - François Legault a dû rectifier le tir, samedi, en campagne électorale. Après avoir d'abord dit qu'il voulait rapatrier du fédéral «l'ensemble des compétences en matière d'environnement», il a fini par modérer ses ambitions et proposer de rapatrier du fédéral seulement les évaluations environnementales, dans un premier mandat.

L'objectif de rapatrier l'ensemble des pouvoirs en matière d'environnement demeure, dit-il, mais il s'agit d'un «idéal», qui vise le plus long terme.

Le communiqué de la Coalition avenir Québec, remis aux médias samedi matin, était pourtant clair et n'évoquait que la création d'un guichet unique au Québec pour l'évaluation environnementale des projets de développement.

Mais en conférence de presse en matinée, M. Legault était allé beaucoup plus loin. «On parle de l'ensemble des compétences en matière d'environnement. On va demander au gouvernement fédéral aussi de transférer les budgets qui vont avec, mais je pense que c'est pensable d'avoir un gouvernement au lieu de deux qui, donc, suivent l'environnement.»

Plus tard dans la journée, M. Legault a atténué la portée de ses ambitions pour un premier mandat, prônant seulement le rapatriement des évaluations environnementales, avec le personnel et le budget inhérent, de même que la création ainsi d'un guichet unique.

Le budget de l'Agence canadienne d'évaluation environnementale est de 36,8 millions $ pour tout le Canada. lI s'agirait donc d'en négocier la partie québécoise, de même que pour les 240 employés, a précisé son entourage.

M. Legault mise sur le fait que le gouvernement Harper semble peu intéressé par les questions environnementales et serait donc vraisemblablement prêt, selon lui, à rapatrier au Québec ces pouvoirs d'examen environnemental.

Gaz schiste

En cette onzième journée de campagne électorale, vouée aux engagements en matière d'environnement, le chef de la Coalition avenir Québec a aussi proposé de resserrer encore le moratoire sur l'exploitation des gaz de schiste.

À ses yeux, le moratoire actuel interdit l'exploitation, mais permet encore trop d'exploration par les entreprises.

Un éventuel gouvernement de la CAQ interdirait également l'exploration sauf pour des projets pilotes, très suivis par le gouvernement, a précisé M. Legault.

«Il y a 18 puits qui sont en exploration. Nous, on voudrait mettre un moratoire sur ces 18 puits-là, entre autres, peut-être laisser, si on a une entente très claire, un ou deux projets pilotes, mais, quand même, arrêter de dire qu'on a un moratoire et, dans les faits, continuer à avoir 18 puits qui sont en exploration», a illustré M. Legault.

Et ce moratoire tiendrait jusqu'à ce que les connaissances scientifiques démontrent que l'exploitation peut être faite de façon sécuritaire, propose M. Legault.

Amiante

De plus, après avoir dit vendredi qu'il respecterait la signature du gouvernement du Québec concernant un prêt de 58 millions $ pour la relance de la mine Jeffrey, à Asbestos, il a affirmé samedi qu'il interdirait l'exportation de cet amiante.

Il avoue qu'il lui faudra donc négocier avec les gens d'affaires qui ont proposé de relancer cette mine d'amiante, puisque l'amiante exploité là est justement destiné à l'exportation en Asie.

«Effectivement, ça risque de créer un problème à l'entreprise. On va trouver une manière de le gérer, a répondu M. Legault. Ça veut dire qu'effectivement, l'entreprise va se trouver dans une difficulté. Puis on a un prêt qui est à risque.».

Continuer d'exploiter ici l'amiante pour l'exporter dans des pays où les normes environnementales sont moins strictes qu'ici «est moralement et scientifiquement indéfendable», estime le chef caquiste.

Quant à la région d'Asbestos, «il faut trouver une façon de faire une conversion industrielle», a-t-il plaidé.

La journée «environnementale» de M. Legault a donné lieu à une coïncidence cocasse en après-midi, alors qu'il donnait sa seconde conférence de presse à l'extérieur, près d'une station du métro de Laval et qu'une longue rame de train est passée juste derrière lui, transportant des pièces d'éoliennes. Il a même dû interrompre momentanément son discours.

Clients sympathiques

M. Legault a osé un bain de foule au Marché 440, samedi midi à Laval. Il y a été fort bien reçu, des gens de tous âges allant même parfois au-devant de lui. Les sondages démontrent d'ailleurs que la CAQ fait bien dans la région de Laval et de la Couronne Nord.

«Vous n'allez pas nous faire chier avec des référendums?», lui a demandé un homme. «Non», a répondu M. Legault. «Bon, bien, je vote pour vous», lui a lancé l'homme.

Plusieurs ont dit à M. Legault qu'ils étaient prêts à lui «donner une chance», mais qu'il «était mieux de faire pour vrai» ce qu'il a dit qu'il ferait.

Un seul homme l'a chahuté, Jean-Pierre Vailles, qui s'est dit indépendantiste, et qui n'a pas apprécié que M. Legault dise qu'il voterait non, s'il y avait un référendum, parce qu'il veut mettre ses énergies ailleurs. M. Vailles a rappelé que M. Legault a déjà fait partie d'un gouvernement souverainiste et le trouve «opportuniste» de dire aujourd'hui qu'il voterait non.

M. Legault est fort à l'aise dans ce genre d'événement où il est près des gens, ce qui exige beaucoup de spontanéité. Vendredi soir, il s'est longuement amusé au Festival western de Saint-Robert, blaguant, taquinant un homme qui parlait la bouche pleine, mettant un chapeau de cowboy et refusant une demande de chanter au microphone sur un plancher de danse.

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