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Combats à Alep et Damas, Hillary Clinton en Turquie

11/08/2012 04:05 EDT | Actualisé 10/10/2012 05:12 EDT

La bataille pour le contrôle de la ville stratégique syrienne d'Alep continuait à faire rage samedi entre soldats et rebelles, non loin de la frontière avec la Turquie où la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton se trouvait pour évoquer le conflit en Syrie.

Outre les combats à Alep, de violents accrochages ont en outre repris entre soldats et rebelles dans un quartier de Damas, alors que l'armée bombardait à l'artillerie des localités proches de la capitale syrienne, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) et des militants.

A Alep, deuxième ville du pays située à 355 km au nord de Damas, les combats se poursuivent sans relâche depuis le lancement le 8 août par les troupes du régime de Bachar al-Assad d'une offensive terrestre contre le principal bastion rebelle de Salaheddine.

L'armée affirme avoir repris le contrôle de Salaheddine et les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL) ont dit avoir opéré un "repli tactique", mais des combats se déroulent encore dans certains secteurs du quartier.

"L'ASL a réussi à reprendre quelques positions stratégiques à Salaheddine", a déclaré Abdel Qader Saleh, un commandant de l'ASL, formée de déserteurs et de civils ayant pris les armes.

"Les combats sont violents et ne se sont pas arrêtés depuis 24 heures. Plusieurs secteurs d'Alep sont soumis à un pilonnage", a ajouté ce chef des opérations du bataillon "Tawhid" dans la région d'Alep.

Selon l'OSDH, le quartier al-Sukkari (sud), proche de Salaheddine, était la cible d'un violent pilonnage de l'armée qui semble se préparer à lancer une opération d'envergure pour reprendre ce bastion rebelle.

La bataille d'Alep, poumon économique du pays, a été présentée comme cruciale par le régime syrien qui reste déterminé à étouffer le mouvement de contestation lancé en mars 2011.

La Croix-Rouge internationale s'est alarmée de la situation humanitaire à Alep où "des milliers de personnes ont quitté leur domicile et commencent à se réfugier dans des bâtiments publics", et où plus de 80 écoles accueillaient des déplacés.

A Damas, les combats se déroulaient à Tadamoun (sud), quartier dont l'armée avait annoncé la reprise il y a une semaine, a précisé l'OSDH et les Comités locaux de coordination (LCC), un réseau de militants sur le terrain.

Des tirs et des explosions étaient en outre entendus dans le quartier Al-Qaboun et des roquettes sont tombées dans le quartier de Joubeïr (est).

L'armée syrienne a annoncé le 4 août avoir repris le contrôle entier de la capitale après de violents combats avec l'ASL.

En outre l'armée a bombardé plusieurs localités de la province de Damas, d'où les habitants ont commencé à fuir, selon l'OSDH.

Ces violences interviennent au lendemain d'une nouvelle journée sanglante en Syrie durant laquelle au moins 187 personnes ont été tuées, en majorité des civils, selon un bilan fourni par cette ONG syrienne basée en Grande-Bretagne.

On restait par ailleurs sans nouvelles de trois journalistes syriens travaillant pour une chaîne d'Etat syrienne qui ont été capturés par les rebelles alors qu'ils accompagnaient l'armée dans une opération près de Damas selon l'OSDH.

A une cinquantaine de km d'Alep, dans la Turquie voisine, Hillary Clinton devait s'entretenir avec le président Abdullah Gül et le chef du gouvernement Recep Tayyip Erdogan du soutien à l'opposition syrienne, de l'aide humanitaire et du scénario d'une transition politique.

Aussi bien les Etats-Unis que la Turquie appuient l'opposition syrienne et réclament un départ de M. Assad.

Mme Clinton doit aussi rencontrer à Istanbul des membres de l'opposition syrienne et des représentants de dizaines de milliers de réfugiés syriens en Turquie.

Les Etats-Unis avaient accusé vendredi le parti chiite libanais Hezbollah, un allié du régime syrien, de jouer un "rôle central" dans la répression en Syrie et annoncé de nouvelles sanctions contre la Syrie.

Alors que sa nomination comme médiateur dans le conflit syrien est attendue lundi ou mardi, l'ancien chef de la diplomatie algérienne Lakhdar Brahimi, 78 ans, a appelé "le Conseil de sécurité de l'ONU et les Etats de la région à s'unir pour permettre une transition politique dès que possible" en Syrie.

M. Brahimi, un diplomate algérien, est pressenti pour remplacer Kofi Annan comme émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, qui a jeté l'éponge la semaine dernière en raison des divergences persistantes sur ce dossier au sein du Conseil de sécurité divisé entre Russes et Occidentaux.

Près de 17 mois après le début de la révolte, les violences ont fait plus de 21.000 morts en Syrie, selon l'OSDH.

bur-tp/sb

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