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Ambiance de fête pour le retour au Gabon du principal opposant Mba Obame

11/08/2012 12:43 EDT | Actualisé 11/10/2012 05:12 EDT

Plusieurs centaines de sympathisants attendaient samedi dans une ambiance de fête à l'aéroport de Libreville le retour du principal opposant gabonais, André Mba Obame, après une absence de quatorze mois.

Les militants dansaient et chantaient dans et autour de l'aéroport alors que les forces de l'ordre s'étaient faites discrètes. Des proches de l'opposant avaient craint une intervention policière.

Ancien baron du régime passé dans l'opposition à la mort d'Omar Bongo en 2009, M. Mba Obame, dit "AMO", avait contesté la victoire à la présidentielle d'Ali Bongo, le fils de l'ancien président, la même année. Il s'était autoproclamé président de la République en 2011, avant de se réfugier plus d'un mois dans une agence onusienne de Libreville.

Il était attendu à 17H30 (locale et GMT) au Gabon en provenance de France après plus d'un an d'absence en raison d'une opération du dos.

Un important dispositif policier et militaire est visible depuis plusieurs jours dans la capitale alors que le parti de l'opposant, l'Union nationale (UN), dissous par les autorités, est interdit de manifestation.

Vendredi, la présidence a qualifié l'arrivée d'AMO de "non-événement" et assuré que cette présence des forces de l'ordre n'avait rien à voir avec son retour, tout en lançant un avertissement aux manifestants.

"Vous ne pouvez pas à la fois reprocher aux pouvoirs publics de ne pas préserver la sécurité des Gabonais et vous plaindre qu'au carrefour il y a la police. La police est au carrefour depuis des mois et des mois. Nous n'attendons pas M. Mba Obame pour cela", a déclaré le porte-parole de la présidence Alain-Claude Bilie-By-Nze.

"Un parti dissous, donc non autorisé, ne sera pas autorisé à engager des manifestations. Ceux qui vont s'y engager s'exposent naturellement à ce qu'il y ait réprimande et qu'il y ait mise en oeuvre du dispositif prévu à cet effet", a prévenu M. Bilie-By-Nze.

Incertitude sur l'accueil par les autorités gabonaises

L'UN, dissoute par les autorités en 2011 après l'autoproclamation de Mba Obame, a mobilisé ses militants pour faire du retour un événement marquant à quelques jours de la fête de l'indépendance le 17 août.

"Nous sommes là pour attendre notre président et faire connaître notre choix du 30 août 2009" (élection présidentielle), a affirmé Diane Mengue, du Mouvement Génération André Mba Obame.

Des partisans de M. Mba Obame distribuaient des tracts "AMO, le grand retour", des affiches ont été apposées sur les murs. Des dizaines de mini-bus transportant des sympathisants sont arrivés depuis le Woleu-Ntem (nord), le pays "fang" d'où est originaire M. Mba Obame.

L'incertitude entourait l'accueil que réserveront les autorités à M. Mba Obame lui-même. Ses proches ont affirmé à l'AFP qu'il devrait gagner son domicile à son arrivée.

Des poursuites avaient été engagées contre "AMO" pour "trouble à l'ordre public" après son autoproclamation.

Il avait vu son immunité parlementaire levée et risque "de deux mois à un an de prison" s'il est reconnu coupable, selon son avocat.

M. Bilie-By-Nze a précisé vendredi: "La justice gabonaise estimera si elle met en oeuvre les procédures suspendues. M. Mba Obame lui-même a annoncé qu'il était en état de reprendre ses activités. Il est donc en état de répondre à la convocation de la justice".

M. Mba Obame ainsi qu'une partie de l'opposition et de la société civile dans sa mouvance réclament la tenue d'une conférence nationale, une nouvelle Constitution" avec des "élections générales (présidentielle, législatives, locales et sénatoriales)".

La présidence gabonaise a rejeté la proposition: "Le Gabon n'est pas un pays en crise, le Gabon ne connaît aucune crise sociale, aucune crise politique, aucune crise institutionnelle. Une conférence nationale ne se justifie pas".

M. Mba Obame entend jouer à fond son rôle d'opposant.

"Après mon départ du Gabon, d'où je suis parti en chaise roulante, je rentrerai très prochainement sur mes deux jambes. Que ceux qui m'ont annoncé comme mort se préparent à lutter contre mon fantôme!", a-t-il lancé le mois dernier.

pgf/sd

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