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Alain Bernier voit l'avenir du taekwondo canadien et mondial avec optimisme

11/08/2012 04:38 EDT | Actualisé 11/10/2012 05:12 EDT

LONDRES - Après avoir vu ses protégés Karine Sergerie, Sébastien Michaud et François Coulombe-Fortier disputer un grand total de cinq combats à eux trois et ne jamais vraiment aspirer à un podium olympique cette semaine dans les épreuves de taekwondo des Jeux de Londres, l'entraîneur Alain Bernier dressait un bilan malgré tout optimiste.

«C'est sûr que ça ne s'est pas passé comme on voulait. Je suis déçu des résultats, a commenté Bernier, samedi, après l'élimination de Coulombe-Fortier. J'aurais espéré que les choses tournent mieux. Parfois, il y a un petit coup de chance qui fait que les choses virent de bord... C'est ça le sport. Ici, ça n'a pas été le cas. Il faut l'accepter.

«C'est parfois une question de circonstances, par exemple certains arbitres affectionnent certaines techniques, et tu dois composer avec ça. Ce n'est rien d'illégal, ce n'est pas un mauvais jugement, c'est juste une concordance d'événements qui fait que ça arrive, et ç'a été le cas pour nous.

«Je serais enchanté d'aligner une aussi bonne équipe que celle-là dans quatre ans.»

Par ailleurs, après avoir vu le déroulement des compétitions de taekwondo en général, Bernier se disait optimiste quant à l'avenir de son sport aux JO.

«Si on regarde l'ensemble de la compétition et les gens qui ont gagné... Des athlètes établis et des champions en titre se sont fait sortir, a-t-il noté. Ça veut dire qu'on a un sport en pleine mutation, que le sport se renouvelle et que maintenant, tout le monde peut gagner. C'est un sport qui s'est démocratisé.»

Ce phénomène est en partie attribuable aux nouvelles règles, selon lui.

«Depuis Pékin, il y a eu énormément de changements. Le plastron électronique a changé, trois ou même quatre points sont accordés pour les coups à la tête. Maintenant, il suffit d'une légère touche pour marquer, alors qu'avant ce n'était pas assez, ça prenait un bon impact. Les athlètes doivent modifier leur façon de travailler et c'est sûr que ça amène de nouveaux gagnants.»

C'est d'ailleurs pourquoi, dans ce contexte de changements aux conséquences inattendues, Bernier ne pouvait en vouloir à ses trois élèves pour leurs contre-performances à Londres.

«Je suis tellement fier de mes athlètes. Je ne peux en blâmer aucun, a-t-il affirmé. Si tout ça se stabilise, le prochain cycle va être intéressant parce que les gens vont pouvoir s'entraîner à partir de ce qui est établi.»

Certains observateurs évoquent la possibilité que le taekwondo soit éliminé du programme olympique aux JO de 2020, mais Bernier espère que non. Pas après avoir observé les compétitions des derniers jours à Londres.

«Ce qu'ils ont fait à ces Jeux-ci, ça montre qu'on s'en va probablement dans la bonne direction. Il fallait s'assurer que les gens constatent que le sport est 'fair-play', qu'il est honnête. Avec les reprises vidéo que tout le monde pouvait voir, les gens pouvaient dire, 'ah, on comprend ce qui se passe, on comprend qu'il y a un point parce qu'on l'a vu'. Ce n'est pas parfait comme système, comme ce n'est parfait dans aucun sport quand une question de jugement entre en ligne de compte.

«Le plastron électronique fait que la compétition est encore plus équitable, ce qui était également un enjeu majeur. L'autre élément important, c'était l'intérêt du public. Je pense que les gens ont aimé le spectacle. Je pense que c'est un bon 'show' maintenant. S'ils continuent dans cette direction-là, avec encore quelques petits ajustements, c'est un sport qui devrait demeurer.»

Parmi ces ajustements à faire, Bernier suggère de réduire l'écart de points qu'on accorde pour un coup à la tête et un coup au corps.

«Je trouve que trois points à la tête pour une frappe légère, alors qu'au corps il faut travailler comme un fou, ce n'est pas tout à fait parfait, a-t-il avancé. Moi, je ramènerais ça à deux points à la tête et un point au corps. Ce serait plus équitable et ça laisserait plus de place à différentes stratégies de combat. Il pourrait y avoir les bons travailleurs au corps, comme (Michaud), et ceux comme François, qui travaillent bien à la tête. Tout le monde y gagnerait.»

Bernier s'est par ailleurs dit d'avis qu'il serait temps d'ajouter aux JO des divisions de poids, comme on le fait dans les compétitions non-olympiques. Cela permettrait d'éviter que les athlètes affrontent des opposants beaucoup plus grands et forts qu'eux.

«Je pense que le sport a maintenant cette maturité-là», a-t-il déclaré.

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