NOUVELLES

Washington met en garde contre la menace du Hezbollah en Syrie et en Europe

10/08/2012 02:12 EDT | Actualisé 10/10/2012 05:12 EDT

Les Etats-Unis ont lancé vendredi une offensive diplomatique contre le Hezbollah libanais, qu'ils accusent d'être prêt à frapper "à tout moment" en Europe et d'aider le président Bachar al-Assad à réprimer la révolte en Syrie.

"Nous pensons que le Hezbollah pourrait mener des attaques en Europe ou ailleurs à tout moment et (...) sans aucune forme d'avertissement", a déclaré Daniel Benjamin, responsable de la lutte anti-terroriste au département d'Etat américain.

Etroitement lié à l'Iran, le mouvement chiite, qui constitue la principale force au sein du gouvernement libanais, est engagé dans une "intensification de sa campagne terroriste" à travers le monde, a affirmé M. Benjamin lors d'une conférence téléphonique.

Selon ce responsable, le Hezbollah serait aussi "intéressé" par le fait de mener des attaques terroristes en Thaïlande où une précédente tentative aurait échoué début 2012.

Il a en revanche assuré ne pas disposer d'informations sur des opérations planifiées sur le sol américain.

Les Etats-Unis ont également mis en cause vendredi le "rôle central" que le Hezbollah, dirigé par le cheikh Hassan Nasrallah, jouerait en Syrie dans la répression de la révolte qui secoue le pays depuis mars 2011.

Selon le Trésor américain, le Hezbollah a "facilité" la formation des forces gouvernementales syriennes par les Gardiens de la révolution iraniens et a également joué un "rôle substantiel" dans l'expulsion d'opposants syriens hors de ce certaines zones du pays.

Le Hezbollah "paie sa dette" à la Syrie qui a longtemps été un allié proche, a déclaré David Cohen, sous-secrétaire au Trésor chargé du renseignement financier et de la lutte contre le terrorisme.

Dans un communiqué, le Trésor a indiqué qu'il plaçait le Hezbollah, déjà classé comme organisation terroriste par Washington, sur la liste noire des organisations liées au régime de Damas.

Toute transaction commerciale étant déjà interdite avec le mouvement chiite, les conséquences pratiques de cette décision seront limitées, a reconnu M. Cohen.

"Il ne s'agit pas simplement de focaliser sur l'impact financier mais d'exposer au grand jour l'activité du groupe", a-t-il développé.

"Nous appelons d'autres gouvernements à suivre l'action prise par les Etats-Unis aujourd'hui en prenant des mesures similaires pour envoyer un message fort" au Hezbollah, a ajouté M. Benjamin.

Le Hezbollah figure sur la liste des organisations terroristes établie par Israël et Washington mais pas sur celle de l'Union européenne.

Le département d'Etat a par ailleurs annoncé vendredi avoir pris des sanctions contre Sytrol, une compagnie pétrolière détenue par l'Etat syrien et soupçonnée d'entretenir des relations commerciales avec l'Iran.

"Ce genre de relations commerciales permet à l'Iran de continuer à développer son programme nucléaire et fournit au gouvernement syrien des ressources pour opprimer son propre peuple", a déclaré un porte-parole du département d'Etat, Patrick Ventrell, dans un communiqué.

Mi-juillet, les Etats-Unis avaient déjà renforcé leurs sanctions contre le régime de Bachar al-Assad en allongeant le nombre de personnes physiques et morales syriennes figurant sur leurs listes noires.

Vingt-huit ministres et le président de la banque centrale, ainsi que six entreprises, sont depuis visés par Washington.

Près de 17 mois après le début du soulèvement contre le régime de Bachar al-Assad, les violences en Syrie ont fait plus de 21.000 morts à travers le pays, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une organisation basée en Grande-Bretagne.

bur-jt/mdm

PLUS:afp