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Tunisie: manifestation de proches des victimes de la révolution à Kasserine

10/08/2012 09:18 EDT | Actualisé 10/10/2012 05:12 EDT

Des dizaines de personnes réclamant l'indemnisation des victimes de la révolution de 2011 en Tunisie manifestaient vendredi au siège du gouvernorat (préfecture) de Kasserine, dans le centre-ouest du pays, a constaté un correspondant de l'AFP.

Les protestataires ont réussi à atteindre la cour du bâtiment et ont crié des slogans anti-gouvernementaux, une action qu'ils ont baptisé "le vendredi de l'invasion".

Ils se sont dispersés dans le calme à la demande de la police, qui n'a pas recouru au gaz lacrymogène ou aux tirs de sommation contrairement aux forces de l'ordre de la ville voisine de Sidi Bouzid où des affrontements entre policiers et manifestants ont eu lieu jeudi matin et dans la nuit suivante.

Les manifestants, essentiellement des proches de victimes de la révolution, se sont ensuite regroupés dans le centre ville et certains ont mis le feu à des pneus sur les voies reliant le centre aux cités alentours, des quartiers pauvres ayant payé un lourd tribut lors de la révolution.

Une marche pacifique était également prévue après la prière du vendredi dans le centre de Kasserine, qui avait été la deuxième ville à entrer dans la révolte qui a fait chuter le président Zine El Abidine Ben Ali en janvier 2011.

L'indemnistation des martyrs et des blessés de la révolution de 2011 (environ 300 morts et 2.000 blessés), un sujet très sensible en Tunisie, a pris un grand retard en raison de la complexité du dossier.

Le gouvernement, dominé par les islamistes du parti Ennahda, s'est attiré les foudres des proches des victimes qui n'ont pas reçu de réparations satisfaisantes en annonçant vouloir indemniser les prisonniers politiques de l'ancien régime, des militants islamistes pour la plupart.

La société civile, les syndicats et l'opposition multiplient les critiques contre le gouvernement, l'accusant de dérive autoritaire, de tentatives d'islamisation de l'Etat et d'avoir failli sur le plan économique.

La répression des manifestations à Sidi Bouzid est à ce titre symbolique, cette ville très pauvre du centre du pays ayant été le point de départ de la révolution.

str-Bsh/alf/sbh

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