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Taekwondo: Karine Sergerie a le sentiment de s'être battue elle-même aux JO

10/08/2012 08:05 EDT | Actualisé 10/10/2012 05:12 EDT

LONDRES - Défaite à son deuxième combat, la taekwondoïste Karine Sergerie a le sentiment de s'être battue elle-même, vendredi, aux Jeux de Londres.

Prête et sereine pour connaître une grande journée, comme celle à Pékin en 2008 qui l'avait couronnée médaillée d'argent, Sergerie a expliqué avoir perdu tous ses moyens, tout juste avant son premier match. C'est comme si l'anxiété lui avait scié les jambes.

Elle n'a jamais pu exorciser ses démons, ceux-là même qu'elle doit continuellement combattre comme athlète.

«Je pétais pourtant le feu avant d'entrer dans la salle, a-t-elle relaté. Puis, face à mon entraîneur avant de monter sur le tapis, j'ai tout perdu. J'étais tellement nerveuse que j'en avais mal. Je me suis dit 'qu'est-ce qui se passe?' Ce n'était pas la première fois que ça m'arrivait, il fallait que je fasse avec. Je suis restée calme. J'ai connu un lent début de combat, mais je l'ai bien fini.»

Sergerie, âgée de 27 ans, n'a guère été impressionnante en ouverture de tournoi chez les 67 kilos et moins, en signant une courte victoire de 1-0 contre l'Azerbaidjanaise Farida Azizova, championne mondiale junior en titre.

La situation n'est pas rentrée dans l'ordre contre la Slovène Franka Anic. Après un premier round serré (0-0), Sergerie a vu Anic l'atteindre de deux frappes de trois points chacune à la tête au deuxième round. Elle s'est finalement inclinée 10-4.

«Habituellement, c'est moi qui suis énergique, qui bouge beaucoup, c'est ma stratégie, a-t-elle mentionné. J'essaie de déstabiliser mes rivales, de les faire douter d'elles. Mais là c'est moi qui 'rushait'. Elle en a profité pour marquer des points avec des coups à la tête. J'ai été incapable de répliquer et ça s'est mal terminé.»

Problèmes de santé

Très émotive, l'athlète de Sainte-Catherine, sur la rive-sud de Montréal, n'a pas attendu de voir si la Slovène accéderait à la finale avant de venir faire part de son énorme déception devant la presse.

«Je suis super déçue de ne pas avoir géré les matchs comme je le voulais. Je suis déçue de ne pas monter sur le podium, c'est clair. Je n'ai pas été à la hauteur. C'est comme ça.»

Sergerie a évoqué les problèmes de santé qu'elle a dû surmonter au cours des deux dernières années. Elle a refusé d'élaborer sur le sujet ou de dire s'il y avait un lien à faire entre ces problèmes et la «bataille intérieure» qu'elle a dû livrer en compétition, vendredi.

«Je ne veux pas parler de ça aujourd'hui. Un jour je le ferai, mais ce n'est pas le moment.»

Tout ce qu'elle a assuré, c'est que ses problèmes sont choses du passé et qu'elle avait tout mis en oeuvre afin d'être prête physiquement et psychologiquement.

«J'étais super bien préparée. Mon psychologue sportif est ici avec moi. Mon entraînement a été affecté, mais nous avions tout fait ce qu'il fallait à compter du moment où je me suis sentie mieux. Je n'ai aucun regret quant à ma préparation.»

Sergerie, qui devra possiblement être opérée à une hanche après les JO, a fait part de son désir de continuer dans le sport, tout en précisant qu'elle va aborder les années une à la fois.

L'entraîneur de l'équipe canadienne, Alain Bernier, s'est porté à sa défense, en louangeant le style tout en fluidité de la Slovène.

«Nous étions venus ici pour gagner la médaille d'or, a-t-il dit. Karine était en forme et en santé. Ça faisait un bout de temps même. Nous ne cachons rien dans son cas. Elle avait eu des problèmes, mais tout ça était derrière elle. On croyait que les Jeux tombaient pile.

«Mais nous sommes aux Jeux olympiques, la favorite chez les femmes a été sortie du tournoi et il y a eu des surprises chez les hommes. Nous aussi devons composer avec un nouveau système de pointage.»

Bernier a parlé d'un manque de confiance qui a peut-être contribué à lui faire ramollir les jambes.

«Quand on est une des favorites pour l'emporter et qu'on a déjà gagné une médaille olympique, il y a beaucoup de stress. Mais elle n'était pas en désarroi. Elle avait déjà composé avec ça auparavant. Mais un athlète a la confiance fragile quand il n'a pas eu l'occasion de participer à autant de tournois qu'il aurait voulu. Dès que ça ne tourne pas rondement, c'est à ce moment que le château de cartes peut s'écrouler.»

Michaud bousculé

Chez les 80 kilos et moins messieurs, Sébastien Michaud a été éliminé à la suite du revers de son tombeur de premier tour, l'Arménien Arman Yeremyan, en demi-finale.

Comme Sergerie, Michaud était peu confiant de poursuivre au repêchage, au terme de la défaite de 8-4 qu'il avait encaissée, et il s'est adressé aux journalistes comme si sa journée de travail était terminée.

Le Québécois qui en est à ses deuxièmes JO avait pourtant bien amorcé le combat, qu'il menait 2-0 à l'issue de la première reprise.

Au début de la deuxième, Yeremyan l'a ébranlé d'un solide coup de pied à la tête pour prendre les devants. Il a plus tard obtenu une autre frappe de trois points à la tête.

«La première fois, j'ai mal calculé la distance qui nous séparait et il m'a atteint du bout de l'orteil. Je dois d'ailleurs avoir une marque», a dit Michaud, qui arborait une coupure près de l'oeil droit.

Samedi, le troisième membre de l'équipe, le poids lourd François Coulombe-Fortier, sera en action au Centre ExCel.

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