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Syrie: les Etats-Unis ciblent le Hezbollah et une compagnie pétrolière

10/08/2012 12:14 EDT | Actualisé 10/10/2012 05:12 EDT

Les Etats-Unis ont annoncé vendredi des sanctions contre une compagnie pétrolière syrienne et le Hezbollah libanais afin d'accentuer la pression sur le régime du président syrien Bachar al-Assad mais également sur l'Iran.

Cette offensive diplomatique, déflorée par un responsable du département d'Etat au Ghana où Hillary Clinton est en déplacement, s'est jouée en deux temps.

Premier à dégainer, le ministère du Trésor américain a dans un communiqué mis en cause le Hezbollah libanais, très proche de l'Iran et déjà classé comme organisation terroriste aux Etats-Unis, pour son "rôle central" dans la répression menée par les autorités en Syrie.

Les Etats-Unis veulent "mettre en lumière les activités du Hezbollah en Syrie et son rôle central dans les violences continues que le régime d'Assad inflige au peuple syrien", indique ce communiqué qui se contente d'inscrire le mouvement chiite sur la liste des organisations liées au régime de Damas.

Selon le Trésor, le mouvement chiite dirigé par le cheikh Hassan Nasrallah a "facilité" la formation des forces gouvernementales syriennes par les Gardiens de la révolution iraniens et a également joué un "rôle substantiel" dans l'expulsion d'opposants syriens.

"Le soutien appuyé du Hezbollah au gouvernement syrien (...) illustre la vraie nature de cette organisation terroriste et son rôle déstabilisateur dans la région", a commenté David Cohen, sous-secrétaire au Trésor chargé du renseignement financier et de la lutte contre le terrorisme, cité dans le communiqué.

Deuxième étape de l'offensive, le département d'Etat a annoncé dans un communiqué distinct des sanctions contre la compagnie pétrolière Sytrol, détenue par l'Etat syrien.

Washington soupçonne cette société d'entretenir des relations commerciales avec l'Iran, pointé du doigt par Washington pour son programme nucléaire controversé.

"Les Etats-Unis restent profondément inquiets des liens étroits partagés par les régimes syrien et iranien (...) Ce genre de relations commerciales permet à l'Iran de continuer à développer son programme nucléaire et fournit au gouvernement syrien des ressources pour opprimer son propre peuple", a déclaré un porte-parole du département d'Etat, Patrick Ventrell, dans un communiqué.

Mi-juillet, les Etats-Unis avaient déjà renforcé leurs sanctions contre le régime de Bachar al-Assad en allongeant le nombre de personnes physiques et morales syriennes figurant sur leurs listes noires.

Vingt-huit ministres et le président de la banque centrale, ainsi que six entreprises, sont depuis visés par Washington.

Le 23 juillet, l'Union européenne avait de son côté décidé de renforcer ses sanctions contre le pouvoir en Syrie et les contrôles de l'embargo sur les armes qu'elle a décrété en mai 2011.

Sur le terrain en Syrie, les insurgés se sont retirés jeudi du principal quartier qu'ils contrôlaient à Alep, deuxième ville du pays, à l'issue d'une âpre bataille avec les forces gouvernementales.

Près de 17 mois après le début du soulèvement contre le régime de Bachar al-Assad, les violences en Syrie ont fait plus de 21.000 morts à travers le pays, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une organisation basée en Grande-Bretagne.

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