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Syrie: le Conseil de sécurité de l'ONU doit s'unir (Brahimi)

10/08/2012 09:56 EDT | Actualisé 10/10/2012 05:12 EDT

Lakhdar Brahimi, pressenti pour succéder à Kofi Annan comme médiateur international en Syrie, a appelé vendredi le Conseil de sécurité des Nations unies à s'unir.

"Le Conseil de sécurité de l'ONU et les Etats de la région doivent s'unir pour permettre une transition politique dès que possible", a indiqué l'ancien ministre des Affaires étrangères algérien dans un communiqué commun du groupe des "Elders" (anciens), qui réunit des personnalités oeuvrant au règlement des conflits dans le monde.

"Des millions de Syriens réclament la paix à grands cris. Les grandes puissances ne peuvent plus rester divisées et ignorer ainsi cette demande pressante", a-t-il ajouté.

"Les Syriens doivent s'unir en tant que nation pour trouver une solution. C'est la seule manière de garantir que tous les Syriens pourront vivre ensemble en paix, dans une société fondée non pas sur la peur des représailles mais sur la tolérance", écrit encore M. Brahimi dans cette tribune des "Elders".

La déclaration ne fait pas mention de ses chances d'être nommé envoyé spécial de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie en remplacement de Kofi Annan, qui quittera son poste fin août.

Selon des diplomates à l'ONU, M. Brahimi, 78 ans, est pressenti pour succéder à M. Annan et sa nomination pourrait être annoncée en début de semaine prochaine. Un porte-parole de l'ONU a refusé de commenter cette éventualité, indiquant que le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon poursuivait ses consultations à ce sujet.

M. Annan, nommé en février, a démissionné jeudi dernier en déplorant précisément le manque de soutien des grandes puissances à sa mission en raison de leur désunion. Son plan de paix en six points est resté lettre morte.

Depuis le début de la crise syrienne il y a 17 mois, la Russie et la Chine ont mis à trois reprises leur veto au Conseil de sécurité à des résolutions occidentales visant à faire pression sur le gouvernement syrien, paralysant ainsi l'action du Conseil.

Le communiqué des "Elders" inclut aussi un commentaire de l'ancien président finlandais et Nobel de la paix Martti Ahtisaari. "La communauté internationale doit assumer ses responsabilités, aller au-delà des intérêts particuliers et des alliances régionales et trouver un véritable compromis dans l'intérêt supérieur du peuple syrien", affirme M. Ahtisaari, dont le nom avait circulé comme successeur de Kofi Annan.

Parmi les successeurs possibles, des diplomates avaient aussi mentionné l'ancien ministre espagnol des affaires étrangères Miguel Angel Moratinos et l'Espagnol Javier Solana, ancien haut représentant pour la politique étrangère de l'Union européenne.

Dans cette tribune, l'ancien président américain Jimmy Carter et l'archevêque sud-africain Desmond Tutu, également membres des Elders, se disent "scandalisés" par l'impuissance de la communauté internationale en Syrie.

Les autres membres des Elders s'expriment pour réclamer un accès humanitaire à la population syrienne ou des enquêtes sur les crimes de guerre commis au cours du conflit. Il s'agit de Ela Bhatt, militante indienne des droits de l'homme, Gro Harlem Brundtland (ex-premier ministre de Norvège), Mary Robinson (ancienne présidente irlandaise), Graça Machel, ex-ministre de l'éducation du Mozambique et épouse de Nelson Mandela, et Fernando Henrique Cardoso (ancien président brésilien).

Kofi Annan faisait partie des Elders mais a suspendu sa participation au groupe quand il a été nommé médiateur en Syrie. Nelson Mandela, qui avait fondé les Elders en 2007, en est membre honoraire.

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