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Pauline Marois attaque Legault et flirte avec les anglophones

10/08/2012 12:00 EDT | Actualisé 10/10/2012 05:12 EDT

QUÉBEC - Préoccupée par les plus récents sondages qui suggèrent une lutte à trois, la chef péquiste Pauline Marois cherche à faire feu de tout bois: après les «fédéralistes fatigués», elle flirte avec les anglophones et les allophones et s'acharne sur son plus proche rival, le caquiste François Legault.

Dans une conférence de presse à Québec, vendredi matin, elle n'a pas voulu commenter directement les sondages, mais s'est attardée à demander des comptes au chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui la chaufferait dans les intentions de vote particulièrement chez les francophones, dans les couronnes de Montréal.

Mme Marois demande à M. Legault s'il a «trouvé un arbre où pousse l'argent». Elle veut savoir comment il financera ce qui équivaut selon elle à environ 4,3 milliards $ d'engagements déjà pris après à peine neuf jours de campagne, des mesures au poids «démesuré» sur les finances publiques, à ses yeux. Le libéral Jean Charest estime plutôt leur coût à 5 milliards $, tandis que le chef caquiste lui-même les évalue à 3 milliards $.

«Ses promesses ne sont pas réalisables, c'est broche à foin!, a lancé Mme Marois en conférence de presse, devant l'immeuble de l'Agence du revenu du Québec, dans le secteur Sainte-Foy, en matinée. Les promesses en l'air, je laisse ça aux autres. Tous nos engagements sont réalisables, c'est du sérieux.»

L'attaque a piqué M. Legault. «Que Mme Marois dise que c'est broche à foin, c'est le comble. Mme Marois ne fera jamais le ménage. Mme Marois a 17 candidats qui sont des syndicalistes; oubliez ça faire le ménage (...) Mme Marois a les deux mains attachées, ne fera jamais de ménage et ne sera jamais capable de libérer les marges de manoeuvre pour être capable de baisser les impôts des Québécois», a fait valoir le chef de la CAQ.

Vendredi, la chef du PQ a réitéré son engagement à abolir l'impôt santé annuel de 200 $ exigé de chaque contribuable par le gouvernement libéral depuis 2010. Cette réduction d'impôt de 1 milliard $ sera compensée par l'imposition accrue des revenus de plus de 130 000 $ et la réduction du crédit d'impôt sur les dividendes. La mesure serait donc à coût nul, plaide le PQ.

La chef péquiste a dû se défendre de présenter du «réchauffé» aux électeurs en répliquant qu'elle ne veut pas «inventer de nouvelles mesures juste pour être 'glamour'». Elle se présente comme une pédagogue: «La répétition, c'est nécessaire quand on veut qu'un message soit clairement entendu, soit compris.»

Par ailleurs, Pauline Marois répond aux anglophones qui, dans les sondages, avouent ne pas avoir d'autre choix que de voter pour le Parti libéral. Elle se dit «intéressée» par le vote de cette communauté très fédéraliste, qui a toujours été sourde au message péquiste en raison de sa finalité indépendantiste.

Elle invite tous les Québécois, anglophones, allophones et néo-Québécois qui veulent «se débarrasser d'un gouvernement usé et fini» à voter pour le PQ, qui a été selon elle «exemplaire» à l'égard de la communauté anglophone. Elle prend pour exemple l'amendement constitutionnel qu'elle a obtenu, à titre de ministre dans les années 1990, pour changer le statut des commissions scolaires de religieuses à linguistiques.

«Beaucoup de Québécois anglophones sont des gens progressistes qui croient aux politiques sociales. Je les connais suffisamment, je les ai côtoyés et je les rencontre encore assez régulièrement pour savoir qu'ils ont une véritable solution de rechange en votant pour le PQ.»

Comme avec les électeurs fédéralistes réticents, elle se montre rassurante, tout en ne pouvant apporter de garanties claires. Elle leur rappelle que le vote du 4 septembre est une élection générale et non un référendum sur l'avenir du Québec. Ils auront loisir, a-t-elle ajouté de se prononcer sur cette question dans un éventuel référendum, mais elle refuse d'écarter la tenue d'un référendum dans son premier mandat.

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