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Nouvelles manifestations de protestation en Tunisie

10/08/2012 02:57 EDT | Actualisé 10/10/2012 05:12 EDT

De nouvelles manifestations de protestation ont eu lieu vendredi en Tunisie, entraînant dans un cas l'intervention de la police, au lendemain de violences à Sidi Bouzid, berceau de la révolution de 2011.

La police a dispersé à l'aide de gaz lacrymogène des manifestants qui protestaient contre le manque d'eau potable dans la localité de Thyna, près de Sfax (300 km de Tunis), selon la radio Jawhara FM.

Les manifestants avaient bloqué la route reliant les villes de Sfax et Gabès en brûlant des pneus avant d'encercler un poste de la garde nationale. La police les a alors dispersés à l'aide de gaz lacrymogène.

Les manifestations contre la politique du gouvernement, le manque d'eau potable, les arriérés de salaires ou encore la hausse des prix se sont multipliées ces dernières semaines au pays.

A Kasserine (centre-ouest), des dizaines de manifestants réclamant eux des indemnités pour les victimes de la révolution de 2011 ont réussi à pénétrer dans la cour du gouvernorat (préfecture) en criant des slogans contre le gouvernement.

Ils ont quitté dans le calme l'enceinte de ce bâtiment public pour reprendre leur mouvement de contestation dans le centre-ville en brûlant des pneus.

Les indemnisations prévues pour les victimes de la révolution qui a renversé le président Zine El Abidine Ben Ali ont pris un grand retard en raison de la complexité du dossier, selon les autorités.

Et le gouvernement --dominé par les islamistes du parti Ennahda-- s'est attiré les foudres des familles de victimes en annonçant vouloir indemniser les prisonniers politiques de l'ancien régime, en majorité des islamistes.

A Sidi Bouzid, berceau de cette révolution, le calme semblait revenu après que la police a dispersé jeudi matin puis dans la nuit deux manifestations d'opposition à l'aide de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogène.

Au moins cinq personnes avaient été légèrement blessées et cinq autres interpellées, selon les opposants.

Les syndicats et des représentants de la société civile ont déclaré qu'ils envisageaient lancer un appel à la grève dans la ville le 14 août.

Signe d'un mécontentement croissant, le week-end dernier, des manifestants protestant contre des coupures d'eau avaient déjà été dispersés sans ménagement dans le centre du pays, et des militants d'opposition frappés à coups de matraque à Tunis.

Fin juillet, des protestataires à Sidi Bouzid avaient aussi fait face à des tirs de sommation.

"Nous dénonçons une campagne d'arrestations dans la région" de Sidi Bouzid, a déclaré Ali Zarii, un responsable de l'UGTT, la centrale syndicale locale.

Cette ville est située dans une région particulièrement pauvre et marginalisée sous l'ancien régime. Or, selon des analystes, la situation économique et sociale ne s'y est guère améliorée depuis la révolution.

Cette ville a une importance hautement symbolique, en tant que berceau de la révolution dont le point de départ avait été la mort le 17 décembre 2010 de Mohamed Bouazizi. Ce vendeur ambulant de 26 ans s'était immolé par le feu pour protester contre la saisie de sa marchandise par la police.

La misère, le chômage, en particulier des jeunes, et la corruption étaient au coeur des raisons de ce soulèvement contre le régime de Ben Ali.

Les manifestations de ces dernières semaines interviennent alors que les critiques se font plus nombreuses contre les islamistes.

Leurs détracteurs dénoncent une série de projets de loi remettant en cause, selon eux, la liberté d'expression, les droits de la femme et l'indépendance de la justice, des accusations rejetées en bloc par Ennahda.

bur-alf/Bsh/sb

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