Le Canada termine au bas du podium en nage synchro, malgré leur programme libre

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LONDRES - La formation canadienne de nage synchronisée a monté d'une coche dans l'estime des juges, vendredi, lors du programme libre de l'épreuve par équipes des Jeux olympiques de Londres. Mais il aurait fallu atteindre une deuxième ou même une troisième coche, si bien que les nageuses de l'entraîneuse Julie Sauvé ont dû se contenter de la quatrième place, derrière les Russes, les Chinoises et les Espagnoles, respectivement.

Comme l'avait fait le Canada aux JO de Pékin, en 2008.

Tout ça pour ça, diront les amateurs de nage synchro qui connaissent bien l'histoire récente de l'équipe canadienne. Sauvé, ses adjointes et les nageuses canadiennes ont fait des pieds et des mains pour créer un nouveau programme innovateur, en faisant le pari qu'en étant à l'avant-garde elles se sortiraient de l'ornière dans laquelle les juges semblent les confiner, soit la quatrième place mondiale.

Peine perdue. Mais pas de regrets, ont dit Sauvé, Marie-Pier Boudreau-Gagnon, Élise Marcotte et compagnie, vendredi, après que les juges leur eurent attribué 95,230 points. C'était là une bien maigre récolte pour un programme libre qui comporte plusieurs éléments n'ayant été jamais exécutés jusqu'ici, qui a un niveau de difficulté très élevé et qui expose les nageuses à la possibilité de commettre des erreurs désastreuses.

«Je trouve (les juges) sévères pour le Canada, a commenté Sauvé. On a un programme qui ne ressemble à aucun autre, avec une recherche de mouvements et une créativité énormes. Ça fait 35 ans que je suis dans la synchro et d'habitude ça se résume toujours à un pays qui copie un élément d'un autre pays, et ainsi de suite. Moi, j'avais dit aux filles qu'on va créer une routine où chaque mouvement est unique. On ne pourra pas dire qu'on a emprunté tel mouvement à tel pays.»

Malgré la frustration de cette autre quatrième place, les nageuses canadiennes estiment qu'il a valu la peine de remuer ciel et terre, ces derniers mois, pour tenter de secouer l'ordre établi. Et ce, même si ç'a donné un résultat identique à il y a quatre ans, et un seul petit point de plus au tableau en guise de consolation.

«Oui, c'est décevant parce qu'on venait ici dans l'optique d'avoir une médaille, on ne le cachera pas, a reconnu Boudreau-Gagnon, qui a terminé au quatrième rang de l'épreuve en duo avec Marcotte, plus tôt cette semaine. Mais on venait aussi dans l'optique de très bien exécuter nos quatre programmes. Et ça, je pense qu'on repart avec cette fierté-là. Nos quatre années de travail, ce n'est pas juste la médaille, c'est la performance. À ce niveau, on n'aurait pas pu demander mieux.»

La note de 95,230 s'avérait toutefois bien insuffisante pour un podium dans le contexte où le Canada tirait de l'arrière par 1,8 point sur la troisième place après le programme technique de jeudi. Les Canadiennes ont obtenu un total de 189,630 points, bien loin des 193,120 points des Espagnoles, gagnantes de la médaille de bronze.

Les Russes ont remporté un deuxième titre olympique d'affilée par équipes. Elles ont obtenu l'or grâce à une récolte totale de 197,030 points, après avoir mérité 98,930 points lors du programme libre. Les Chinoises ont reçu la médaille d'argent grâce à un total de 194,010 points.

«J'ai dit aux filles que je leur aurais donné un 10, a lancé Sauvé en parlant de l'exécution du programme libre de vendredi, intitulé Le Cirque et comportant des éléments conçus avec l'aide du Cirque du Soleil et d'un spécialiste du ski acrobatique. J'étais bouche bée. Ce n'était pas évident de faire fonctionner chaque 'lift' à la perfection. Tout 'sortait' comme si elles ne ressentaient aucune fatigue.»

«C'est nous qui avons les portées acrobatiques les plus difficiles au monde présentement, alors il y avait beaucoup de risque dans cette routine-là, a ajouté Boudreau-Gagnon. Je pense qu'on a démontré qu'on était capable de relever ce défi-là.»

«Notre score a monté, a de son côté souligné Marcotte. Ça prouve que les juges ont apprécié notre programme et vu la différence. C'est sûr que l'écart (avec les autres pays) est encore là, mais au moins il y a la satisfaction d'avoir bien nagé. On peut quitter les Jeux la tête très haute.»

D'autant plus que les spectateurs, qui applaudissent habituellement une ou deux fois pendant chaque routine, ont manifesté leur admiration à au moins sept ou huit reprises pendant le programme des Canadiennes. Une ovation plus longue que la normale a suivi à la fin. Cette réaction a touché les nageuses de Sauvé droit au coeur.

«La foule était debout à la fin de notre performance et ça, c'est le plus bel honneur qu'on peut recevoir», a noté Marcotte.

«On avait prévu quitter la piscine de manière protocolaire, en deux lignes et en synchro, et ç'a pas été ça du tout, a révélé Boudreau-Gagnon en riant. La réaction de la foule nous a surpris, ç'a fait du bien de sentir ça.»

Outre Boudreau-Gagnon et Marcotte, l'équipe canadienne était composée de Stéphanie Durocher, Jo-Annie Fortin, Chloé Isaac, Stéphanie Leclair, Tracy Little et Valérie Welsh. Karine Thomas agissait comme réserviste après avoir pris part au programme technique de jeudi.

Le Canada présentera un nouveau programme aux Jeux de Rio, en 2016, qui se fera notamment sans Boudreau-Gagnon, Marcotte et Welsh puisque celles-ci s'arrêteront toutes d'ici là.

C'est d'ailleurs la perspective de devoir quitter leurs coéquipières qui les a menées aux larmes, vendredi, beaucoup plus que l'intransigeance des juges.

«C'est le fait de quitter la gang qui va être vraiment dur, a dit Welsh, en échappant quelques sanglots. Mais partir la tête haute, c'est vraiment cool.»

«Avec ou sans médaille, on a eu de beaux moments et on a fait partie de la Dream Team au cours des quatre dernières années», a affirmé Marcotte, tout aussi émotive.

«Si les filles ramènent une médaille de Rio, ce serait le plus beau cadeau qu'elles pourraient me faire, a lancé Boudreau-Gagnon. On a vraiment fait une belle remontée ces dernières années. Ce qu'on a fait depuis 2009, c'est vraiment extraordinaire. Si elles réussissent à nager au même niveau dans quatre ans, je suis sûre qu'elles vont l'avoir, la maudite médaille!»

Le Canada n'a pas accédé à un podium olympique en nage synchro depuis 2000, à Sydney. L'équipe canadienne avait alors récolté le bronze.

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