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Manchester United fait une entrée au NYSE sans panache

10/08/2012 06:08 EDT | Actualisé 10/10/2012 05:12 EDT

Le mythique club de football anglais Manchester United a fait une entrée sans panache à la Bourse de New York vendredi, même s'il est devenu au terme de l'opération l'équipe de sports la plus chère au monde.

En introduisant en Bourse 16,7 millions de titres, avec une option de surallocation de 2,5 millions supplémentaires, le club, coté sous le symbole "ManU", a levé 233 millions de dollars.

Cette opération le valorise à quelque 2,3 milliards de dollars, ce qui en fait "le club de sport le plus cher du monde", note le cabinet spécialiste des introductions boursières Renaissance Capital.

"NYSE Euronext a accueilli le club de sport pour son premier jour de cotation (...). La communauté de traders du NYSE a marqué le coup en portant les maillots de l'équipe", a commenté la plateforme boursière dans un communiqué.

Les investisseurs ont été cependant peu enthousiastes, et l'action a fini sa première séance parfaitement stable à 14 dollars, son prix de lancement. Elle reculait même ensuite lors des échanges électroniques suivant la clôture (-0,43% à 13,94 dollars).

Le club et ses banquiers conseil avaient pourtant revu à la baisse la fourchette de prix de l'action, qu'ils avaient initialement placée entre 16 et 20 dollars, ce qui aurait permis de lever autour de 300 millions de dollars.

Manchester United, où évoluent l'Anglais Wayne Rooney et le Français Patrice Evra, a indiqué qu'il entendait utiliser les revenus de cette offre pour réduire son endettement, qui s'élevait à la fin du premier trimestre à 423,3 millions de livres (664 millions de dollars).

David Gill, directeur général du club, a souligné que l'entrée en Bourse était aussi une occasion pour la famille de l'Américain Malcolm Glazer, propriétaire depuis 2005, de "réaliser une partie de son capital", et de dégager des fonds pour investir dans l'équipe.

 

Le nouveau Facebook?

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"Le niveau de notre dette depuis l'arrivée (de la famille Glazer) au club n'a eu aucune conséquence sur (ses) résultats sportifs", a souligné M. Gill. "Nous avons gagné quatre fois le championnat, participé à trois finales de Ligue des champions et avons eu un niveau de succès constant sur le terrain".

Malcolm Glazer, qui détient aussi des intérêts dans des clubs de football américain, a racheté "ManU" à la suite d'une opération qui a lourdement augmenté la dette du groupe. Le titre avait alors été retiré de la Bourse de Londres.

Le club a dégagé un bénéfice de 12,6 millions de livres (19,7 millions de dollars) en 2011 pour un chiffre d'affaires de 331 millions de livres (518,5 millions de dollars).

"La question c'est de savoir si Manchester United est le prochain Facebook. Il a 600 millions de fans, il est sous contrôle serré de la famille Glazer et il est très à la mode", s'interrogeait le site d'analystes 247wallst.com.

"ManU" partage avec Facebook une structure du capital en deux classes d'actions, les actions ordinaires de classe A et les actions de classe B assorties de droits de vote dix fois supérieurs et verrouillant le contrôle aux mains de l'équipe dirigeante.

Or, l'entrée en Bourse de Facebook en mai, la plus attendue de l'année, s'est traduite par un fiasco en raison de problèmes techniques le premier jour, et à la suite de résultats sans éclat.

247wallst.Com note aussi qu'"il y a des inquiétudes sur le fait que le chiffre d'affaires est peut-être en train de reculer".

M. Gill, lui, assure que le club, qui vient de conclure un contrat publicitaire à 560 millions de dollars avec Chevrolet, raconte "tout à fait une histoire de croissance, et dans le climat actuel c'est très positif".

Il a aussi noté que l'intérêt pour le football ne cessait de grandir aux Etats-Unis, rendant hommage à la ligne nationale MLS et à la victoire jeudi de l'équipe féminine américaine aux jeux Olympiques.

ved-chr/mdm

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