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Mali: l'ONU appelle l'armée à ne pas s'ingérer dans la transition politique

10/08/2012 06:48 EDT | Actualisé 10/10/2012 05:12 EDT

Les membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont invité vendredi les militaires maliens "à retourner dans leurs casernes et à s'abstenir de toute ingérence dans les affaires politiques" du pays.

Dans une déclaration, les 15 pays membres prennent aussi note des préparatifs pour le déploiement par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) d'une force panafricaine au Mali mais disent attendre des clarifications, notamment de la part du gouvernement malien.

Ils "réaffirment que le Conseil National pour le Redressement de la Démocratie et la Restauration de l'Etat (CNRDRE) doit être dissout" et appellent les autorités de transition à exercer "un contrôle effectif du pouvoir civil sur les forces armées".

Le Conseil répète par ailleurs son inquiétude devant la "menace terroriste accrue et les atteintes aux droits de l'homme" dans le nord du Mali, contrôlé par des groupes islamistes.

En ce qui concerne la demande de la Cédéao d'obtenir un mandat de l'ONU pour le déploiement d'une force panafricaine, la déclaration se contente de "prendre note" de la planification militaire en cours. Les membres du Conseil disent attendre "des options détaillées concernant les objectifs, les moyens et les modalités du déploiement envisagé".

Ils invitent aussi la Cédéao "à faire en sorte que le gouvernement malien clarifie sa position" à propos de ce déploiement, auquel Bamako doit donner son accord formel.

La Cédéao se tient prête à envoyer une force régionale de 3.300 hommes pour aider l'armée malienne à reconquérir le nord du pays aux mains des islamistes, mais attend un mandat de l'ONU et une aide extérieure, notamment logistique, ainsi qu'une demande formelle de Bamako.

Le Conseil de sécurité s'est abstenu jusqu'à présent de donner un mandat à une telle force, attendant plus de précisions sur ses contours et sa mission.

Une conférence de planification doit se tenir du 9 au 13 août 2012 à Bamako avec la participation de la Cédéao, de l'Union africaine, de l'ONU et de l'Union européenne.

L'ambassadeur français Gérard Araud, qui préside en août le Conseil, a souligné qu'outre les détails opérationnels, l'ONU souhaitait avoir des éclaircissements sur le financement de cette force. "Dans le concept stratégique que nous avons reçu, rien n'est précisé sur le financement, ce sera une question" à discuter quand la demande formelle et détaillée de la Cédéao sera présentée au Conseil, a-t-il ajouté.

Le Conseil de sécurité avait débattu mercredi de la situation au Mali en présence de responsables de la Cédéao et de l'Union africaine.

avz/mdm

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