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Les rebelles syriens réclament des armes à la communauté internationale

10/08/2012 07:12 EDT | Actualisé 10/10/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Les rebelles syriens commençaient à manquer d'armes et de munitions vendredi, alors que les forces gouvernementales tentaient de consolider leur contrôle sur Alep, la plus grande ville du pays qui est le théâtre de violents combats depuis plus de deux semaines.

Le conflit en Syrie, qui dure depuis 17 mois, a résisté à toutes les tentatives internationales de médiation. Des rebelles et des militants ont affirmé vendredi qu'ils en avaient assez de la diplomatie et ont demandé à la communauté internationale d'envoyer des armes.

L'agence officielle syrienne SANA avait affirmé mercredi que les forces gouvernementales avaient repris aux insurgés le quartier Salaheddine à Alep. Mais selon des militants de l'opposition, les rebelles tentaient toujours vendredi de repousser l'offensive terrestre de l'armée syrienne, malgré le manque de munitions.

«L'aviation de combat et les hélicoptères nous tuent, ils sont dans le ciel 15 heures par jour», a rapporté Mohammad al-Hassan, un militant présent dans le quartier Salaheddine, le principal bastion des rebelles à Alep.

«Ce sont des avions de chasse contre des Kalachnikovs, des blindés contre des fusils. Je ne sais pas combien de temps cette situation peut durer», a-t-il ajouté.

Un autre militant de l'opposition, Abou Issa, a déclaré que les forces syriennes pilonnaient des secteurs d'Alep encore tenus par l'insurrection, dans le sud-ouest et le nord-est de la ville.

Quant aux banlieues d'Alep, elles sont «à la merci» du mitraillage de l'aviation syrienne, a-t-il ajouté. «Bientôt, il n'y aura plus rien à détruire à Alep», a ajouté le militant, en soulignant que le régime employait des armes aériennes sans retenue.

Alors que les soldats syriens bombardaient les positions des rebelles à Alep, des diplomates ont affirmé que Lakhdar Brahimi, ancien chef de la diplomatie algérienne et haut responsable des Nations unies, était pressenti pour remplacer Kofi Annan en tant qu'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie.

Les États-Unis ont par ailleurs annoncé vendredi des sanctions contre le Hezbollah libanais pour son soutien au régime de Bachar el-Assad. Il s'agit d'un geste symbolique, puisque Washington considère déjà le groupe chiite comme une organisation terroriste.

Le gouvernement américain prépare aussi de nouvelles sanctions contre le régime syrien, ont déclaré vendredi de hauts responsables accompagnant la secrétaire d'État Hillary Clinton dans sa tournée en Afrique.

Après la grande prière du vendredi, des manifestants se sont rassemblés dans plusieurs localités de la Syrie pour réclamer des armes pour les rebelles. «Donnez-nous des canons antiaériens. Où est votre conscience?», demandait notamment un manifestant à Kfar Zeita, dans la province de Hama.

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait fournir une aide supplémentaire de cinq millions de livres (7,77 millions $ CAN) à l'insurrection syrienne, a annoncé vendredi le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague.

Londres n'enverra pas d'armes, mais des équipements de communication, des groupes électrogènes et des équipements médicaux, a précisé M. Hague. Les contacts diplomatiques avec la branche politique de l'Armée syrienne libre vont par ailleurs être intensifiés, a ajouté le chef de la diplomatie britannique.

«Il ne s'agit pas de prendre parti dans une guerre civile», a-t-il expliqué. Mais «le risque de chaos et de vide total du pouvoir est si important que nous devons maintenant établir des relations avec ceux qui pourraient gouverner la Syrie à l'avenir», a-t-il fait valoir. «La population syrienne ne peut pas attendre que la roue de la diplomatie tourne. Beaucoup d'autres personnes mourront sans aide urgente.»

Les Syriens continuent de fuir le pays par milliers chaque jour, selon le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Les autorités turques ont affirmé que plus de 1550 Syriens avaient traversé la frontière au cours des dernières 24 heures.

Les bureaux du HCR en Turquie, au Liban, en Jordanie et en Irak ont tous constaté cette semaine une forte augmentation du nombre de personnes enregistrées comme réfugiés, ou en voie de l'être, a expliqué un porte-parole du HCR, Adrian Edwards.

«Nous savons qu'il y a des populations importantes de réfugiés qui n'ont pas été recensées», a-t-il ajouté devant la presse à Genève.

D'après les derniers chiffres en date, il y a 50 227 réfugiés syriens en Turquie, dont plus de 6000 arrivés au cours de la semaine. On dénombre par ailleurs 45 869 réfugiés syriens en Jordanie, 36 841 au Liban et 13 587 en Irak.

D'après les estimations du HCR, jusqu'à 1,5 million de personnes pourraient être déplacées à l'intérieur de la Syrie, avec peu ou pas d'accès à une aide humanitaire.

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