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Le bronze au soccer, un parcours qui a commencé il y a un an au Mexique

10/08/2012 04:24 EDT | Actualisé 10/10/2012 05:12 EDT

LONDRES - Aux yeux de bien des gens, les Jeux olympiques sont les seuls grands jeux multisports qui comptent. Les Jeux panaméricains, par exemple, ne sont qu'une lointaine préoccupation, à moins d'un coup d'éclat qui se démarque clairement des exploits sportifs habituels. Les joueuses de l'équipe canadienne de soccer féminin, elles, ne voient pas du tout les choses comme ça.

Car aux yeux de Christine Sinclair et des autres vétérans de la sélection nationale, c'est là que tout a commencé. Le fabuleux parcours jusqu'à la médaille de bronze à ces Jeux de Londres, il a pris naissance dans la médaille d'or remportée par le Canada, l'automne dernier, à l'occasion des Jeux panam de Guadalajara.

John Herdman venait alors d'arriver à la barre de l'équipe, après que le Canada se soit effondré sous l'impulsion autodestructrice de l'Italienne Carolina Morace à la Coupe du monde de 2011. La sélection canadienne avait terminé au tout dernier rang en Allemagne. L'entraîneur anglais, qui avait eu du succès à la barre de la sélection féminine de la Nouvelle-Zélande, en était à son premier véritable test à son arrivée au Mexique.

L'équipe a alors commencé lentement mais a terminé sur une erre d'aller qui lui a permis de ravir la médaille d'or aux Brésiliennes en finale, à la suite de tirs au but. Un but de fin de match de Christine Sinclair avait permis de créer l'égalité de manière dramatique — là aussi un prélude aux exploits des deux dernières semaines en Angleterre.

«Elles ont franchi une étape ce soir-là, a dit Herdman de ces Jeux panam, vendredi, lors d'un point de presse tenu à Londres au lendemain de la conquête du bronze par ses joueuses. Elles n'avaient pas remporté de médaille dans un tournoi d'envergure — outre la CONCACAF — depuis très longtemps, et ç'a été une des expériences qui leur ont permis de commencer à effacer les douleurs du passé. Ç'a aussi créé une fondation pour ce que nous venons de vivre.»

«Ça nous a donné confiance en ce que John avait entrepris de faire, et que c'était la bonne chose à faire, a commenté la défenseure de Baie-d'Urfé Rhian Wilkinson. John n'était pas avec nous depuis longtemps à ce moment-là, mais il a réussi à nous faire comprendre que les liens qu'il y avait entre les joueuses, en dehors du terrain, il fallait chercher à les transposer sur le terrain. Dans ce tournoi-là, nous avons aussi constaté que les plans de match de John fonctionnaient très bien.»

Une qualification et un tournoi olympique plus tard, les Canadiennes ont connu un parcours digne d'une équipe-cendrillon en sol anglais. Elles en ressortent avec la première médaille de l'histoire récoltée par une sélection nationale canadienne à des JO. C'est une équipe locale d'Ontario, le Galt FC, qui avait décroché l'or aux Jeux olympiques de St. Louis en 1904.

«Les joueuses ont retrouvé leur passion pour le soccer, a dit la Trifluvienne Marie-Ève Nault en expliquant le passage de l'ombre à la lumière emprunté par l'équipe canadienne depuis le Mondial féminin. Et ça se reflétait sur le terrain comme en dehors. On avait hâte d'aller aux réunions pour voir quelle stratégie on allait employer pour essayer de battre ou de surprendre l'adversaire. Et ça, ç'a paru à tous les matchs qu'on a disputés aux Jeux olympiques.»

«Après la déception de la Coupe du monde, les joueuses d'expérience ont toutes pris du recul et commencé à réévaluer leur situation. Certaines ont vraiment envisagé la possibilité de mettre fin à leur carrière, a ajouté Wilkinson. John est arrivé et il a su reconnaître que nous en étions au point le plus bas de nos carrières. Il a pris les moyens pour que les joueuses se rappellent des raisons qui leur ont fait aimer ce sport, et qui leur ont fait aimer cette équipe.

«Quand la chimie a commencé à se faire, nous avons ressenti quelque chose que nous n'avions jamais vu. Nous avons vraiment évolué en tant qu'équipe — d'entraînement en entraînement, et de match en match — et ça, c'est quelque chose de très excitant pour des athlètes. Quand tu commences à obtenir des résultats, tu te mets à y croire de plus en plus.

«Quand John est arrivé, il avait la photo d'une médaille olympique sur le bureau de son ordinateur, a par ailleurs raconté Wilkinson. Au début, les joueuses regardaient ça en se disant que c'était tout un défi à relever. Mais avec le temps, nous avons commencé à réaliser que nous avions semé ce qu'il fallait pour espérer récolter quelque chose.»

Sinclair, elle, espère que la récolte ne fait que commencer. Selon elle, le bronze des JO n'est pas l'aboutissement de quelque chose, mais le début d'une aventure qui s'avérera plus belle encore.

«Le travail n'est pas fini, a-t-elle noté, vendredi. Le Canada sera l'hôte de la Coupe du monde de soccer féminin en 2015, et les attentes seront encore plus élevées.

«Finir troisième ici, je l'espère, est signe de belles choses à venir pour le soccer canadien.»

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