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La CIBC prédit une hausse de 4 pour cent du coût des aliments en 2013

10/08/2012 01:49 EDT | Actualisé 10/10/2012 05:12 EDT

OTTAWA - La Banque CIBC (TSX:CM) prédit que le coût des aliments augmentera de 4 pour cent l'an prochain, en raison de récoltes décevantes cette année.

L'économiste principal de la banque, Avery Shenfeld, explique que la sécheresse qui sévit aux États-Unis a frappé les récoltes de maïs et de soja, ce qui se traduira par une hausse globale du coût des aliments en 2013.

M. Shenfeld précise toutefois que la hausse ne sera pas aussi brutale qu'en 2008, entre autres parce que le blé cultivé dans plusieurs des régions touchées avait été récolté avant le début de la sécheresse.

Malgré tout, dit-il, les consommateurs canadiens et américains risquent d'être confrontés à une hausse des coûts de 4 pour cent en 2013, soit environ le double de l'inflation alimentaire actuellement calculée par Statistique Canada.

En 2008, l'inflation alimentaire avait bondi de 7,9 pour cent au Canada en raison de problèmes avec les récoltes dans plusieurs coins du monde.

«En 2008, plusieurs régions géographiques et plusieurs récoltes avaient été touchées», dont le riz, un bien essentiel dans plusieurs région du monde, a dit M. Shenfeld. «Aujourd'hui, l'offre de riz demeure relativement solide.»

Il a ajouté que les répercussions ne seront pas entièrement négatives. Les fermiers canadiens pourraient en tirer profit, par exemple, puisqu'ils n'ont pas été touchés aussi durement par la sécheresse et qu'ils pourront donc profiter de prix mondiaux plus élevés.

L'impact général sera toutefois essentiellement négatif, puisque la situation viendra freiner le pouvoir de dépenser des ménages et rajoutera probablement quelques dixièmes de point de pourcentage au taux d'inflation. Compte tenu des conditions difficiles qui prévalent, une hausse du coût des aliments aura un impact sur d'autres secteurs de l'économie, a dit M. Shenfeld.

«Quand il y a amplement de jeu dans l'économie, les salaires ne peuvent suivre ces hausses sectorielles des prix, donc le recul du pouvoir d'achat abaisse les prix ailleurs dans l'économie, a-t-il expliqué. Si les salaires canadiens témoignent d'un certain dynamisme au cours des derniers mois, nous nous attendons à voir ce phénomène se dissiper en présence de faibles créations d'emplois.»

Pour sa part, l'économiste en chef de la Banque TD, Craig Alexander, a fait remarquer que même si les salaires sont en hausse du Canada, les gains réalisés par les Canadiens les moins bien rémunérés ont été plus modestes.

«Une hausse de 4 pour cent du coût des aliments sera un problème important pour les Canadiens à faible revenu parce que leurs hausses salariales ne s'approcheront même pas de 4 pour cent», a-t-il indiqué.

Mais règle générale, il a dit croire que l'impact sur l'économie canadienne sera plutôt modeste. M. Shenfeld est d'accord, soulignant que le coût des aliments s'est apprécié d'un peu plus de 4 pour cent en 2011 sans avoir d'impact marqué sur le taux d'inflation.

Aux États-Unis, le département de l'Agriculture a revu à la baisse vendredi ses prédictions de récoltes de maïs et de soja, et ce pour le deuxième mois consécutif. Le pays pourrait maintenant connaître ses pires récoltes de maïs en 15 ans, alors qu'il est frappé par la pire sécheresse des dernières décennies.

Les autorités américaines anticipent dorénavant une production de 10,8 milliards de boisseaux de maïs, soit 17 pour cent de moins que ce qui était prédit le mois dernier et 13 pour cent de moins que l'an dernier. Il s'agirait aussi de la pire récolte depuis 2006.

La production de soja devrait se chiffrer à 2,69 milliards de boisseaux, en baisse de 12 pour cent depuis un an et nettement moins que les 3,05 milliards de boisseaux anticipés par le département le mois dernier.

Le professeur d'économie agricole Rick Whitacre a prévenu les consommateurs d'attendre une hausse modeste du coût des aliments l'an prochain, puisque le maïs se retrouve dans une multitude de produits. La hausse la plus importante, de 4 à 6 pour cent, devrait être constatée dans le porc et le boeuf, puisque plusieurs éleveurs ont été contraints de vendre leurs bêtes quand les pâturages se sont asséchés et que le coût des aliments pour animaux a augmenté.

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