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La caisse du RPC a généré un rendement de 0,5 pour cent au premier trimestre

10/08/2012 09:36 EDT | Actualisé 10/10/2012 05:12 EDT

TORONTO - Au moment où les politiciens québécois débattent de la pertinence d'utiliser la Caisse de dépôt et de placement du Québec pour défendre les entreprises locales, le dirigeant de son homologue fédérale affirme que d'intervenir dans la politique publique met en péril sa mission première — générer un rendement d'investissement maximum pour des millions de Canadiens.

Le président et chef de la direction de l'Office d'investissement du RPC, Mark Wiseman, a déclaré vendredi que son indépendance face aux gouvernements fédéral et provinciaux est une de ses principales forces.

M. Wiseman estime qu'une intervention dans la politique publique risque de «confondre le mandat» des régimes de retraite.

«Ce serait beaucoup plus compliqué si nous étions à la fois un organisme de politique publique et un organisme d'investissement, a-t-il dit en entrevue. Notre mission est très claire: nous laissons la politique publique au gouvernement et il nous laisse les investissements, et nous n'avons jamais été incités à réaliser des investissements à des fins politiques.»

La Coalition avenir Québec de François Legault a promis d'imposer à la Caisse d'investir dans de grandes entreprises québécoises pour les protéger contre une prise de contrôle étrangère. Pour sa part, la chef péquiste Pauline Marois a proposé cette semaine de piger 10 milliards $ dans les fonds de la Caisse pour empêcher de telles prises de contrôle.

Ils ont pris ces engagements au moment où Rona (TSX:RON) est dans la mire du géant américain Lowe's, qui a présenté une offre d'achat hostile de 1,76 milliard $ quelques jours seulement avant le déclenchement de l'élection provinciale par le premier ministre Jean Charest, dont le gouvernement libéral s'oppose lui aussi à la transaction.

En comparaison, a dit M. Wiseman, l'indépendance est «imbriquée dans la structure complète et dans la direction» de l'Office d'investissement du RPC, qui investit — pour le compte de 18 millions de cotisants et de bénéficiaires canadiens — les fonds dont le Régime de pensions du Canada n'a pas besoin pour verser les prestations de retraite courantes.

«Nous ne sommes pas une prolongation de la politique publique, nous avons l'avantage d'avoir une mission très claire, à savoir de maximiser le rendement à long terme de nos bénéficiaires», a-t-il dit.

La caisse du RPC a indiqué vendredi avoir clôturé le premier trimestre de l'exercice 2013 avec un actif net de 165,8 milliards $, comparativement à 161,6 milliards $ à la clôture du trimestre précédent le 31 mars 2012.

Cette hausse de 4,2 milliards $ de l'actif net, déduction faite des charges d'exploitation, est attribuée à un revenu de placement de 800 millions $ et à des cotisations nettes au RPC de 3,5 milliards $.

Le portefeuille a généré un rendement de 0,5 pour cent pour le trimestre.

Au 30 juin, le fonds comprenait 84,4 milliards $ en actions de sociétés ouvertes et fermées, 54,3 milliards $ en placements à revenu fixe et 27,2 milliards $ en actifs réels, incluant des biens immobiliers et des infrastructures.

«Alors que tous les principaux indices boursiers ont affiché des baisses au cours du trimestre, les apports positifs de nos programmes de gestion active diversifiés nous ont assuré une stabilité dans l'ensemble. Bien que les résultats trimestriels doivent être pris en compte, l'Office continue de mettre l'accent sur les rendements à long terme», a déclaré Mark Wiseman.

Jeudi, l'Office a annoncé un investissement dans un partenariat de 890 millions $ US pour effectuer des placements dans des biens logistiques et industriels aux États-Unis, soit son premier investissement direct dans ce secteur.

Un gestionnaire immobilier, le groupe Goodman, investira 490 millions $ US pour une participation de 55 pour cent dans le projet Goodman North America Partnership, contre 400 millions $ pour l'Office, ce qui lui vaudra une participation de 45 pour cent. Le fonds et Goodman s'étaient déjà associés lors de projets en Australie, à Hong Kong et en Chine.

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